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HUET Pierre Daniel. Érudit français

HUET Pierre Daniel. Érudit français. Né à Caen le 8 février 1630, mort à Paris le 27 janvier 1721. Bien que son nom soit tombé dans l'oubli (on le connaît surtout comme destinataire de la fameuse Epître à Huet - v. Fables de La Fontaine), cet érudit évêque d'Avranches a joué, en son temps, un rôle important, celui d'un mentor des lettres à qui l'ampleur de ses connaissances donnait une solide autorité. Non seulement La Fontaine, mais Mme de La Fayette recourut à sa censure en lui présentant Zaïde. Il devait fonder à Rouen en 1662 une Académie des Sciences. Sa jeunesse se partage entre les voyages et les travaux d'érudition où il excella de bonne heure. Sa renommée va jusqu'à la cour; en 1670, il est nommé sous-précepteur du Dauphin et comme tel adjoint à Bossuet qu'il suivra à l'Académie Française en 1674, puis dans la carrière ecclésiastique. Ordonné prêtre en 1676, Huet reçut en 1678 l'abbaye d'Aulnay, près de Caen, où il résidera et qu'il ne quittera qu'en 1691 pour le siège épiscopal d'Avranches. Alors qu'il s'occupait de l'éducation du fils de Louis XIV, Huet, sur l'initiative du duc de Montpensier, gouverneur du Dauphin, commença la collection de classiques anciens « ad usum Delphini » et en dirigea la publication jusqu'à son achèvement. Après avoir donné, en tête de l'édition de Zaïde (1670), son Traité sur l'origine des romans où il fait une place importante aux littératures étrangères et en particulier à l'espagnole, Huet revint à ses études sur les Anciens, à ses travaux d'exégèse sur l'Écriture et s'engagea dans la polémique philosophique. D'abord partisan enthousiaste de Descartes, il en devint un des adversaires les plus farouches en publiant en latin la Censura philosophiae cartesianae qu'il compléta par ses Mémoires pour servir à l'histoire du cartésianisme (1692). Ses écrits philosophiques, la Demonstratio evangelica (1679) surtout, connurent un certain succès, toutefois les contemporains remarquaient que ce que Huet avait démontré, c'était surtout sa science. En 1699, Huet se démit de son évêché et se retira dans la maison professe des jésuites à Paris (l'actuel lycée Charlemagne), afin de s'y consacrer entièrement à ses études. C'est sans doute dans les oeuvres de la fin de sa vie — les Commentarii de rebus ad eum pertinentibus (traduits par Nisard, sous le titre de Mémoires de D. Huet, où l'on trouve maint détail intéressant sur l'époque), et le Traité philosophique de la faiblesse de l'esprit humain, publié à titre posthume et sans nom d'auteur en 1723, qui le fit ranger au nombre des sceptiques, — qu'il faut chercher la véritable personnalité de cet homme fin, patient et influent. On possède également de lui un volume de Poemata (1700) en grec et en latin, ainsi qu'une volumineuse Correspondance. Ses oeuvres complètes ont été publiées en 1858-1860 par son petit-neveu, Huet de Guerville.