HOUPHOUËT-BOIGNY Félix (1905-1993)
Homme politique ivoirien, chef de l’État de 1960 à 1993.
L’un des fondateurs du Rassemblement démocratique africain (RDA), Félix Houphouët-Boigny s’oppose au lobby colonial. Après l’indépendance, en 1960, il s’engage dans une coopération avec la France qui ne s’est jamais démentie. Fils d’un chef de canton baoulé, membre de l’Assemblée constituante française en 1946, il fait supprimer le travail forcé et fonde le Syndicat agricole africain. À l’indépendance, il prend la tête de la fraction modérée des leaders francophones d’Afrique occidentale, face à son voisin guinéen Sékou Touré qui a rompu avec la France. Il poursuit une politique économique libérale (le « miracle ivoirien ») qui laisse cependant une place essentielle à l’intervention de l’État avec la création d’une Caisse de compensation pour amortir les aléas des cours du café et du cacao. Chef incontesté d’un parti unique, le Parti démocratique de Côte-d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) qui, à l’image de ceux de ses voisins, se veut le creuset des tendances nationales, il veille à brider l’émergence de dauphins potentiels. À sa mort, Henri Konan Bédié lui succède.
Houphouët-Boigny, Félix (Yamassoukro, 1905 -id. 1993) ; homme politique africain, fondateur et premier président de la Côte d’ivoire.
Originaire d’une famille de chefs Baoulé, Houphouët Dia est élève de l’école primaire supérieure de Bingerville ; converti au catholicisme en 1915, il est baptisé sous le nom de Félix. A l’issue de ses études à l’école normale William-Ponty de Gorée (Sénégal), il devient médecin auxiliaire et exerce à l’hôpital d’Abidjan de 1925 à 1940. Héritier de la chefferie et de la plantation familiales en 1938, il participe activement au processus de démocratisation de l’Afrique occidentale française (AOF) après qu’elle a rejoint le gaullisme en 1943 : il mène campagne contre le travail forcé, dirige le Syndicat agricole africain (SAA, 1944) et fonde successivement le Parti démocratique de la Côte d’ivoire (PDCI, 1945) et le Rassemblement démocratique africain (RDA, 1946) ; il prend alors le nom de « Boigny » (le Bélier). Homme clé de la décolonisation française, il est membre des deux Assemblées constituantes françaises de 1945 et 1946, puis député de la Côte d’ivoire au Parlement français de 1946 à 1959. Il est membre de tous les gouvernements français de 1956 à 1959. Maire d’Abidjan de 1956 à 1960, il est élu président de l’Assemblée territoriale puis constituante (1957-1959) et négocie l’indépendance de la Côte d’ivoire dans le cadre de la Communauté française, tout en faisant échouer l’idée d’une grande fédération défendue par L.S. Senghor. L’indépendance de la Côte d’ivoire est proclamée le 7 août 1960 ; il est élu président de la République le 27 novembre 1960. Constamment réélu à la tête de la République ivoirienne qu’il gouverne jusqu’à sa mort, il impulse au pays un développement rapide fondé sur le cacao et le café, l’industrialisation et l’urbanisation (port et raffineries d’Abidjan) ; le « miracle ivoirien » se ralentit cependant dans les années 1980. Sur le plan international, il conduit une politique prooccidentale, soutient la sécession du Biafra (1967) et se rapproche de l’Afrique du Sud (1971); il demeure constamment fidèle à l’alliance et à la coopération avec la France. Sa position politique se détériore à partir des années 1990 : la construction de la cathédrale de Yamoussoukro (réplique de Saint-Pierre de Rome dans son village natal, que vient inaugurer le pape Jean-Paul II) est vivement critiquée ; et « le Vieux » doit accepter la fin du système du parti unique (PDCI) : cette même année 1990, il est cependant réélu pour la septième fois avec 81 % des voix contre L. Gagbo. Il meurt à Yamassoukroz le 7 décembre 1993, dernier des chefs d’Etat africains de la génération de l’indépendance, sans avoir préparé sa succession. Le président de l’Assemblée nationale, Henri Konian Bédié, lui succède et s’impose à ses rivaux.
HOUPHOUËT-BOIGNY, Félix (Yamoussoukro, 1905- id., 1993). Homme politique ivoirien. Chef de l'Etat depuis son indépendance en 1960, surnommé le « vieux sage », il fut le bâtisseur de la Côte-d'Ivoire moderne. Médecin, converti au catholicisme, il fonda en 1945 le Parti démocratique de la Côte-d'Ivoire (PDCI). Élu à l'Assemblée constituante française en 1945, puis en 1946, il se heurta à l'administration française pour son hostilité à l'assimilation et surtout pour ses liens avec le Parti communiste français. Cependant, après les incidents sanglants de 1950, il changea d'orientation à l'égard de la métropole et décida de coopérer avec le gouvernement. Député de Côte-d'Ivoire au Parlement français (1946-1949), plusieurs fois ministre sous la Quatrième République, ministre d'État du général de Gaulle sous la Cinquième République, il fit accéder son pays à l'autonomie au sein de la Communauté française, s'opposant violemment à Sékou Touré, partisan de l'indépendance immédiate. Président de l'Assemblée constituante de Côte-d'Ivoire (1958), puis Premier ministre en 1959, il fut élu président (novembre 1960), et après l'indépendance (1960) régulièrement réélu jusqu'au dernier scrutin de 1990. Son « immobilisme social », son opposition à la voie socialiste et l'ouverture de la Côte-d'Ivoire aux capitaux étrangers l'opposèrent à Sékou Touré qui accusa la bourgeoisie ivoirienne d'être le « chien de garde de l'impérialisme ». Entretenant à l'extérieur une coopération étroite avec la France et partisan du libéralisme économique, il s'attacha à mettre en valeur toutes les richesses du pays. Malgré la crise qui toucha la Côte-d'Ivoire à partir de 1970, crise due surtout à la baisse des cours du café et du cacao, le président accentua les dépenses somptuaires symbolisées en particulier par la construction, en pleine savane à Yamoussoukro, de la basilique Notre-Dame, réplique de Saint-Pierre de Rome. Critiqué pour son autoritarisme, malade et fréquemment absent du pays, sa mort en 1993 raviva la lutte pour le pouvoir en Côte-d'Ivoire. Cependant, et conformément à la Constitution, le président de l'Assemblée nationale Henri Konan Bédié lui succéda à la tête de l'Etat.
Liens utiles
- Côte-d'Ivoire - 1993-1994: La succession d'Houphouët-Boigny
- Félix Houphouët-Boigny par Ibrahima KakéProfesseur agrégé de l'Université, Paris Le libérateur de l'homme africain, le rêveur réaliste, le Vieux (entendez leSage), l'agent de l'impérialisme.
- René Pleven (1901-1993) Industriel, il rejoint de Gaulle en 1940, rallie avec Félix Eboué le Tchad à la France libre.
- Félix Valloton1865-1925Peintre et graveur sur bois, né à Lausanne, mort à Paris où il était venu vers 1885 ; àl'Académie Julian, il s'était lié avec Vuillard, Roussel, Bonnard qui l'influencèrentfortement ; naturalisé français en 1905.
- Comment Houphouët-Boigny étendit-il l'influence dela Côte-d'Ivoire en Afrique:A.