Databac

Hotman, François (Paris 1524-Bâle 1590)

Hotman, François (Paris 1524-Bâle 1590) Jurisconsulte et polémiste protestant. Issu d'une famille de la bourgeoisie parisienne, d'origine vraisemblablement silé-sienne, H. semble destiné, par son appartenance sociale, à faire carrière dans les offices de judicature. Son père, conseiller au Parlement de Paris, l'envoie suivre les cours de droit de l'université d'Orléans. Licencié, il s'inscrit comme avocat au barreau de Paris. Puis il abandonne la pratique judiciaire, et décide de se consacrer à la fois à l'étude de l'Antiquité et à celle du droit romain. En 1541 il ouvre, avec Baldvin, un cours public de droit pour les étudiants parisiens. Peu après intervient la seconde rupture, celle-là décisive, avec l'univers de sa famille et de son milieu : conquis par l'évangélisme réformé, il doit se retirer à Lyon, maudit et déshérité par les siens. Pendant treize ans (1547-1560) il vit hors de France : d'abord à Lausanne, dont l'Académie lui offre, en 1547, une chaire de belles-lettres, puis à Strasbourg (1555-1556) où il ne tarde pas, dans sa chaire de droit civil, à exercer une très grande influence sur les réfugiés venus d'Allemagne et surtout de France. La mort d'Henri II (1559) est pour lui l'occasion d'intervenir dans les troubles religieux et politiques qui déchirent la France. Il encourage, de Strasbourg, la conjuration d'Amboise. Il publie, après son échec, un violent pamphlet contre le cardinal de Lorraine : L'Épître envoyée au Tigre de France. Pendant la première guerre civile (1562-1563), il réside en France, d'abord près de Condé, à Orléans, puis dans des missions diverses. Revenu à Strasbourg après la paix d'Amboise (mars 1563), il est rappelé en France par l'évêque Jean de Monluc qui lui offre une chaire à l'université de Valence. En 1567 il remplace Cujas à l'université de Bourges. Mais les guerres civiles qui reprennent en septembre 1567 l'obligent à se réfugier d'abord à Orléans, puis à Sancerre. Après la paix de Saint-Germain (août 1570), il peut espérer reprendre dans le calme sa carrière universitaire à Bourges. La Saint-Barthélemy (août 1572) le coupe à jamais de son pays natal. Réfugié à Genève, il y publie en latin, en 1573, un célèbre pamphlet, le Francogal-lia, qui, se fondant sur l'histoire et le droit, prétend combattre l'absolutisme au nom d'une conception aristocratique et libérale du gouvernement. À Genève ou à Bâle, il termine son existence en multipliant les écrits de circonstance (contre la bulle pontificale privant Henri de Navarre de ses droits à la couronne de France, pour prouver que le Navar-rais est l'héritier légitime, etc.). Il meurt à Bâle en 1590.

Liens utiles