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HORA Josef. Poète et prosateur tchèque

HORA Josef. Poète et prosateur tchèque (promu « artiste national » in memoriam). Né le 8 juillet 1891 à Dobrin près de Roud-nice, mort le 21 juin 1945 à Prague. Fils de fermier, il entreprend des études de droit à Prague, les abandonne et gagne sa vie comme journaliste dans la presse sociale-démocrate, puis communiste et finalement libérale. Un certain nombre de romans et d'écrits politico-esthétiques accompagnent son engagement : les romans L'Espérance socialiste [1922], L'Année de faim [1926], l'essai La Culture et la conscience de classe [1922], l'étude Littérature et politique [1929], qui marque sa rupture avec le parti « bolche-visé » sans altérer son sentiment social, le roman L'Haleine sur la vitre [1938]; une conférence, Le Poète et la langue maternelle [1938], indique son attachement à toute la communauté nationale tragiquement menacée. Son itinéraire poétique est bien plus complexe : dans une première phase, sur l'arrière-fond de la guerre et de la Libération, il passe rapidement de l'impressionnisme et du symbolisme à l'ivresse de la vie, de la civilisation moderne, de l'amour : Poèmes [1915], L'Arbre en fleur [1920]. Sa période de poésie « prolétarienne » se fait sous le signe d'une révolution avant tout morale, humaniste (différente de la vision de Jiri Wolker et de Seifert) : Journée de travail [ 1920], Le Coeur et le tumulte du monde [1922], Le Printemps d'orages [1923]. Le reflux vers l'intimisme vient vite, à l'occasion d'un voyage qui lui fait découvrir l'enchantement méditerranéen : Italie (1925), où il abandonne le vers libre et se rapproche momentanément du « poétisme » naissant. De là, l'intériorité ne fait que s'amplifier alors que la vision du poète s'élargit parallèlement à la méditation cosmique et à celle du temps, toute bergsonienne : Les Cordes dans le vent [1927], Dix Ans [ 1929], Ta voix [1930], Les Ombres qui se noient [1933], Deux minutes de silence [ 1934], Le Message de silence [ 1936], Variations sur Mâcha [1936]. Cette méditation est brutalement interrompue par les malheurs qui s'abattent sur son pays (Munich, l'Occupa-tion) qui ne brisent cependant point sa foi dans l'avenir, sensible dans ses chants d'amour et d'espérance : La Patrie [1938], Jean le violoniste [1939], poème symbolique du retour du virtuose international à son peuple humilié, Le Jardin de Cendrillon [1940]. Le temps de guerre qui coïncide avec sa longue maladie lui arrache ses dernières réflexions poétiques sur la souffrance, l'angoisse, l'espérance, la mort, sur l'univers et le temps, sur la lutte et la libération nationales, avec les recueils : Notes de maladie [1945] et Torrent [Proud, 1946], les poèmes : La Vie et l'oeuvre du poète Aneli [1945], Tentation [posth. 1946]. Hora est également un exceptionnel traducteur du russe (Essenine, Pasternak, Lermontov, Blok, Gorki), de l'allemand (Goethe, Schiller, Nietzsche) et du serbo-croate. Passablement négligée par le régime instauré en 1948, son oeuvre ne s'en inscrit pas moins dans la lignée de Mâcha, Vrchlicky, Sova, Brezina; et on peut dire que Hora compte parmi les meilleurs poètes tchèques de ce siècle, aux côtés de Halas, Palivec, Holan, Zahradnicek.

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