HONECKER Erich (1912-1994)
HONECKER Erich (1912-1994)
Homme politique allemand, chef de l’État est-allemand (1971-1989).Né le 25 août 1912 à Neunkirchen, Erich Honecker est apprenti couvreur lorsqu’il adhère à dix-sept ans au Parti communiste allemand (KPD). Arrêté en 1935, il reste emprisonné jusqu’à la fin de la guerre. Président de la Jeunesse libre allemande (FDJ) de 1946 à 1955, il devient membre du Bureau politique, puis secrétaire du Comité central du tout-puissant SED (Parti socialiste unifié, communiste), avant de succéder à Walter Ulbricht au poste de premier secrétaire du Comité central (1971). Devenu le nouvel homme fort de la RDA, E. Honecker entend pratiquer un strict alignement sur la politique soviétique (il signe le 7 octobre 1975 un traité d’amitié et d’assistance avec Leonid Brejnev), mais aussi, ramener les objectifs de production à des niveaux jugés plus raisonnables. La RDA connaît alors sous sa férule une indéniable période de stabilité, due autant à l’amélioration des conditions de vie qu’au bon voisinage avec la RFA, inauguré avec la signature du Traité fondamental de décembre 1972. Même si la répression se fait moins brutale, le régime d’E. Honecker se caractérise toutefois jusqu’au bout par un refus du compromis, condamnant en 1978 le dissident Rudolf Bahro, expulsant en 1976 le chanteur Wolf Biermann ou réprimant au début des années 1980 les manifestations pacifistes. L’avènement de la perestroïka à partir de 1985 devait finalement emporter ce dirigeant incapable d’ouverture. Remplacé par Egon Krenz à la tête du Comité central le 18 octobre 1989, il s’exile au Chili, après la chute du Mur de Berlin, en novembre, pour y mourir le 29 mai 1994.
Honecker, Erich (Nennkirchen 1912-Santiago, Chili, 1994) ; homme politique allemand.
Né en Sarre, H. est initié par son père, un mineur passé de la social-démocratie au parti communiste, à l’histoire du mouvement ouvrier allemand. Sa jeunesse est marquée par les violentes luttes sociales et politiques qui secouent la République de Weimar. Après une formation comme couvreur, il entre à dix-sept ans au parti communiste (KPD) dont il devient très vite un permanent. En 1930, il complète sa formation idéologique en fréquentant l’École des jeunesses internationales de Moscou. En 1931, il devient secrétaire des Jeunesses communistes de la Sarre. Dans les années 1930, il est un activiste qui sillonne l’Europe pour mobiliser les forces antifascistes. En 1935, il est arrêté par la Gestapo et condamné à dix ans de prison. Il est libéré en 1945 par l’Armée rouge. Il intègre aussitôt l’équipe dirigée par Walter Ulbricht, qui est chargée de refondre le parti communiste et d’assurer à celui-ci une place dominante dans la nouvelle Allemagne. H. connaît une ascension fulgurante au sein de l’appareil communiste : dès 1946, il devient membre du comité central du SED, en même temps qu’il préside aux destinées du mouvement des jeunes du Parti (1946-1955). Après avoir été élu à la Chambre du peuple, il intègre en 1950 le bureau politique du SED. En 1953, il épouse la sténographe Margot Feist, responsable des Jeunes Pionniers et futur ministre de l’instruction publique (1963-1989). Il passe ensuite une année à l’université du Parti à Moscou. À son retour, il prend en charge les questions de sécurité au sein du comité central. C’est à ce titre qu’il passe pour le véritable organisateur de la construction du mur de Berlin. En 1971, il succède à Walter Ulbricht à la tête du SED et en 1976, il devient également le chef de l’État est-allemand, dont il s’efforce d’obtenir la reconnaissance à l’extérieur et la stabilité à l’intérieur. Représentant du dogmatisme le plus obstiné, H. refuse toute libéralisation du régime et s’oppose vigoureusement au réformisme de Gorbatchev. En moins de deux ans, il connaît un renversement total de destin. En septembre 1987, son heure de gloire sonne quand il effectue sa première visite officielle en RFA. En octobre 1989, son chant du cygne correspond au 40e anniversaire de la RDA. Sous la pression des manifestations de rue, H. démissionne de ses fonctions le 18 octobre 1989. Pendant trois ans, son errance oblitère les relations germano-russes. D’avril 1990 à mars 1991, les Soviétiques l’hébergent dans un hôpital militaire de l’ex-RDA, avant de le ramener à Moscou. Jusqu’en juillet 1992, il se réfugie à l’ambassade du Chili à Moscou. À cette date, les autorités russes finissent par le livrer à la justice de l’Allemagne réunifiée. Il est interné à la prison berlinoise qu’il avait connue cinquante-sept ans plus tôt. Il passe en jugement sous l’accusation, d’avoir ordonné de tirer sur les fugitifs est-allemands, mais il n’existe pas de preuve écrite de sa culpabilité. Son procès dure deux mois, sans aboutir, car il est jugé selon le droit de la RDA. Pour raisons de santé, il est relâché en janvier 1993 ; il s’exile avec sa femme au Chili où il meurt.
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