HÔ CHI MINH, « Celui qui éclaire » ; il abandonna son vrai nom, Nguyên Tat Thanh, pour un nom plus militant : Nguyên Ai Quoc (« Nguyên le patriote ») (* Kim-lien, prov. de Nghe-An, 19.V.1890, Hanoi, 3.IX.1969)
Homme politique vietnamien. À son arrivée en Europe, en 1911, Hô Chi Minh trouva dans les idéaux socialistes un cadre pour son anticolonialisme militant. Il assista au congrès de Tours (1920), y suivit la tendance communiste et acheva sa formation politique à Moscou de 1923 à 1925. Agent du Komintern, il fut envoyé en Chine puis rappelé à Moscou en 1927, à la suite de la rupture du front uni entre le parti communiste et le parti nationaliste. En 1930, il fonda le parti communiste indochinois et, en 1941, la Ligue révolutionnaire pour l'indépendance du Viêt-nam (Viêt-minh), qui se présentait avant tout comme une organisation de résistance antijaponaise.
En sept. 1945, profitant de l'effondrement de l'administration française causé par le coup de force japonais du 9 mars 1945, Hô Chi Minh proclama, à Hanoi, la République démocratique du Viêt-nam, à laquelle la France reconnut le statut d'État libre au sein de l'Union française (mars 1946), tout en s'assurant que les troupes françaises pourraient y stationner. Cependant, cet accord fut rendu caduc par la politique du haut-commissaire Thierry d'Argenlieu (v.), qui s'efforça de séparer la Cochinchine du Viêt-nam. L'échec de la conférence franco-vietnamienne de Fontainebleau (sept. 1946) et l'insurrection de Hanoi (19 déc. 1946) marquèrent le début de la guerre d'Indochine (v. VIÊT-NAM). Les accords de Genève du 20 juill. 1954 ayant reconnu l'indépendance du Nord-Viêt-nam, Hô Chi Minh renforça l'assise du nouveau régime communiste par une réforme agraire, tout en soutenant militairement les communistes et les nationalistes du Sud contre l'intervention nord-américaine en faveur des autorités prooccidentales de Saigon. Cette politique fut poursuivie après sa mort, en 1969, et permit la réunification du pays.
HÔ Chi Minh (Kiem-Lien 1890-Hanoi 1969) ; président de la République démocratique du Vietnam [1945-1969].
Nguyên Tat Thahn de son nom est le fils d’un haut mandarin révoqué pour faute grave. Déchiré entre la culture traditionnelle et la française, il est influencé par le nationalisme des amis de son père. A partir de 1910, il sert sur des paquebots, séjournant dans différentes escales maritimes, puis en France de 1917 à 1923. Il vit de petits métiers, se forme en autodidacte et milite activement pour l’indépendance (conférence de la Paix de 1919, congrès de Tours en 1920). Il séjourne ensuite à Moscou et sillonne l’Asie comme agent du Komintern. Dirigeant le parti communiste indochinois en 1930, il est condamné à mort par la France. Il prépare clandestinement l’indépendance, qu’il proclame en 1945. Des négociations à Paris en 1946 ayant échoué, H. dirige la guerre. Sa victoire est consacrée par le traité de Genève de 1954 qui entérine la partition du Vietnam. Chef du Parti et de l’Etat du Nord, « l’oncle Hô » anime la révolution socialiste. Mais l’intervention directe américaine en 1965 transforme la libération du Sud en objectif prioritaire. Commence alors la seconde guerre de H. qui en fixe les objectifs. A sa mort, il est devenu le mythe unificateur et la référence de l’ex-Tonkin.
Bibliographie : Hô Chi Minh, De l’Indochine au Vietnam, 1990 ; id., Écrits publiés par les Éditions en langues étrangères (Hanoi) ; Collectif, Hô Chi Minh, l’homme et son héritage, 1990.
HÔ CHI MINH, Nguyên Ai Quôc, dit (Nghê Tinh, 1890-Hanoi, 1969). Homme politique vietnamien. Fondateur du Parti communiste indochinois, il mena la guerre d'indépendance contre la France puis les États-Unis. Fils d'un lettré de province, il suivit des études au lycée de Huê mais dut s'expatrier pour vivre et s'embarqua pour l'Europe. Il travailla d'abord à Londres puis s'installa en 1917 à Paris où il anima des groupes de travailleurs vietnamiens. En 1918, il devint membre de la SFIO et se rangea, lors du congrès de Tours ( 1920), aux côtés des pro-Soviétiques qui créèrent le Parti communiste français. En 1922, il avait déjà écrit dans plusieurs journaux d'extrême gauche et publié une petite feuille anticolonialiste Le Paria. Il arriva à Moscou aux lendemains de la mort de Lénine (1924), participa aux travaux du Ko-mintem ; en 1925, il partit pour la Chine comme adjoint de Borodine et sillonna l'Asie du Sud-Est comme agent du Komintern. Rentré à Moscou en 1927, après la rupture entre les communistes chinois et le Guomindang, il s'installa ensuite au Siam (Thaïlande) où il créa le Parti communiste indochinois (1930). Expulsé du Siam, il séjourna à Hong Kong ( 1930-1931) puis successivement à Shanghai, Berlin, Moscou et revint en Chine où il reçut l'appui du Guomindang contre la domination française en Indochine. En 1941, installé à la frontière sino-japonaise, Hô Chi Minh fonda le Viêt-minh ou Front pour l'indépendance du Viêt-nam, destiné d'abord à lutter contre l'occupation japonaise. C'est à cette époque qu'il remplaça son premier nom de militant (« Nguyên le patriote ») par celui d'Hô Chi Minh (« Celui qui éclaire »). Installé dans la haute région du Tonkin, il prépara le soulèvement contre la France. Profitant de l'anéantissement de la puissance coloniale française par le Japon (mars 1945) et de la confusion qui s'ensuivit, Hô Chi Minh rompit avec Bao Dai, l'empereur d'Annam et les nationalistes modérés. Au moment de l'effondrement japonais, il se rendit à Hanoi, proclama l'indépendance et fonda la République démocratique du Viêt-nam. Le gouvernement du général de Gaulle décida d'envoyer au Viêt-nam un corps expéditionnaire commandé par le général Leclerc sous l'autorité politique du haut commissaire Thierry D'Argenlieu. Hô Chi Minh signa les accords du 6 mars 1946 avec Jean Sainteny - représentant de la France à Hanoi - qui reconnaissaient le Viêt-nam comme un « État libre dans l'Union française » où l'armée française aurait le droit de stationner. Ces accords furent rendus caducs par la politique de D'Argenlieu qui s'attacha à séparer la Cochinchine du Viêt-nam. La conférence de Fontainebleau (septembre 1946) à laquelle assista Hô Chi Minh et qui devait transformer les accords en un traité définitif fut un échec. Au Viêt-nam, de graves incidents se multiplièrent, notamment à Haiphong en novembre 1946 (6 000 morts vietnamiens). L'insurrection d'Hanoi contre les forces françaises (décembre 1946) marqua le début de la guerre d'Indochine au cours de laquelle Hô Chi Minh devint la grande figure de la résistance populaire. L'armée du Front militaire du Viêt-nam, dirigée par le général Giap et équipée en artillerie par les Chinois et les Soviétiques, écrasa la garnison française de Diên Biên Phu (7 mai 1954). La conférence internationale de Genève (avril-juillet 1954) imposa aux vainqueurs la division du Viêt-nam entre un Nord - limité par le 17e parallèle (Tonkin et An-nam) abandonné à Hô Chi Minh - et un Sud remis au régime pro-américain de Ngô Dinh Diêm. Tout en poursuivant l'édification du socialisme, Hô Chi Minh continua à lutter pour l'unification du Viêt-nam. À partir de 1959, les troupes nord-vietnamiennes intervinrent au sud aux côtés des nationalistes du Sud, provoquant, à partir de 1965, l'intervention de l'aviation américaine au nord. Après la grande offensive du Têt déclenchée par le Viêt-cong et les Nord-Vietnamiens (janvier 1968), Hô Chi Minh accepta l'engagement de pourparlers avec Washington. Il symbolisa, après sa mort en 1969, la lutte des pays sous-développés contre le colonialisme.
Liens utiles
- Hô Chi Minh (Nguyên That Thanh, dit)
- JEAN XXII, de son vrai nom Jacques Duèse(vers 1244-4 décembre 1334)Pape (élu le 7 août 1316)Après des études à Cahors, à Montpellier, à Orléans et à la faculté dethéologie de Paris, ce fils de notable, destiné au clergé, enseigne,semble-t-il, à Toulouse.
- Pol Potné en 1928De son vrai nom Saloth Sar, il est né à Kompong Tom, dans une famille de paysans et a étéélevé dans un monastère bouddhiste.
- Hô Chi Minh par Ton That ThienProfesseur à l'Université du Québec
- Hô Chí Minh Hô Chí Minh (Nguyên Ai Quôc) naquit dans une province pauvre duViêt-nam, au sein d'une famille de lettrés patriotes.