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HIROHITO

Empereur du Japon (1926/1989). Fils et successeur de Yoshihito, il monta sur le trône le 25 déc. 1926. L'ère correspondant à son règne fut nommée Showa ; elle se divisa en deux phases : une phase militariste, et une phase plus pacifique au cours de laquelle le Japon se consacra au développement économique. Prince moderne, il voyagea dans sa jeunesse à travers l'Asie et l'Europe. Bien qu'il eût couvert de son prestige l'hégémonie du parti militaire qui entraîna le Japon dans la guerre contre la Chine puis contre les États-Unis, les Américains n'osèrent pas le renverser en 1945 ; ils se contentèrent d'exiger sa renonciation au culte impérial et son adhésion à un système parlementaire. Son fils Akihito (v.) lui succéda.

Hirohito (Tokyo 1901 -id. 1989); 124^ empereur du Japon [régent sous son nom personnel de 1921 à 1926, puis régnant sous le titre de Show a Tennô]. L’image de H. est multiple et ambiguë. Prince éclairé qui ne cache pas son admiration pour l’Europe qu’il a visitée jeune ou bien adversaire résolu de l’Occident pendant la guerre ; empereur fantoche passionné de biologie ou Machiavel jouant des factions militaires pour manipuler les grands capitaines qui croient le tenir en otage ; ses responsabilités dans la guerre n’ont jamais été éclaircies, à l’initiative de Mac Arthur, qui estimait nécessaire de préserver intacte l’image de l’empereur pour gouverner le Japon d’après-guerre. En fait l’image reste si fidèle à la tradition que la longue agonie de H., en 1988 et 1989, sert de prétexte à des manifestations de nationalisme vigoureuses, tant de la part de certaines sommités de l’État que de celle de la droite traditionnelle. Pourtant, après la déclaration de Potsdam en 1945, H. avait publiquement abdiqué certaines prérogatives essentielles, parmi lesquelles le caractère divin de la fonction. Il n’en demeure pas moins que le règne de H. est sans conteste l’un des plus prestigieux du Japon, peut-être en raison de son exceptionnelle longévité, sûrement parce que cet empereur fut le symbole de certains des plus grands bouleversements qu’a connus ce pays dans son histoire.

Bibliographie : É. Seizelet, Monarchie et démocratie dans le Japon d’après-guerre, 1990.

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