HIONG-NOU, Xiongnu en pinyin
Nom donné par les historiens chinois à un peuple de pasteurs nomades de la Haute-Asie, peut-être identique aux Huns, et contre lequel la dynastie des Han mena de longues luttes victorieuses. Apparus dans l'histoire chinoise à la fin du IIe millénaire av. J.-C., les Hiong-nou ravagèrent la capitale de la dynastie des Tcheou en 822. Au IVe s. av. J.-C., ils étaient aux prises avec la principauté de Tchao (au N. de l'actuelle province chinoise du Chen-si). La supériorité militaire de ces nomades tenait essentiellement à l'extrême mobilité de leur cavalerie d'archers, particularité que les historiens européens des IVe/Ve s. de notre ère signalèrent également chez les Huns. Vers la même époque où Ts'in Che Houang-ti fondait l'Empire chinois (221/210 av. J.-C.), les Hiong-nou furent confédérés sous l'autorité d'un chan-yu et devinrent encore plus redoutables. Ils dominaient à peu près toute la Haute-Asie, depuis la Mandchourie jusqu'à la Sibérie occidentale, et avaient réduit les autres peuples en vassalité. C'est pour les tenir en respect que la Chine entreprit, à la fin du IIIe s. av. J.-C., la construction de la Grande Muraille. La lutte contre les Hiong-nou occupa toute la politique extérieure de la dynastie des Han. Une première série de campagnes fut menée sous le règne de l'empereur Wou-ti (140/87 av. J.-C.), et les troupes chinoises du général Wei Ts'ing pénétrèrent jusqu'au cur de l'Empire hiong-nou, de l'autre côté du Gobi (128 av. J.-C.). Quelques années plus tard, les Hiong-nou furent chassés du Kan-sou. Mais les troubles qui accompagnèrent l'usurpation de Wang Mang (9/22 apr. J.-C.) firent perdre à la Chine toutes ses conquêtes en Asie centrale : celle-ci fut reconquise, vers 70/90, par de grands coloniaux chinois tels que le général Pan Tch'ao. La puissance des Hiong-nou fut, cette fois, définitivement brisée. Une partie des Hiong-nou restèrent aux abords de la Grande Muraille et se sinisèrent rapidement ; d'autres se retirèrent au cur de l'Asie centrale, et ce dernier groupe se fractionna à son tour. Certains repartirent, au VIIe s., à l'assaut de la Chine, mêlés aux T'ou-kiue, tandis que d'autres s'installèrent dans la steppe des Kirghizes, entre l'Irtych et la mer d'Aral. Peut-être est-ce de ce dernier groupe que sortirent les Huns apparus dans le sud-est de l'Europe vers 370. Cependant, l'identification des Hiong-nou et des Huns, communément admise depuis le XVIIIe s., est aujourd'hui mise en doute par certains historiens.