Databac

hindouisme

hindouisme. Cette religion actuelle de la plupart des habitants de l’Inde est le résultat de l’évolution du brahmanisme, à la suite de nombreuses spéculations philosophiques et aussi de la lente intégration des cultes aborigènes. Cette adaptation est sensible déjà aux environs de l’ère chrétienne. Issu du védisme, dont il conserve les livres sacrés, les Veda et leurs compléments les Brâhmana et les Upani-shad, l’hindouisme considère tout cet héritage ancien comme une révélation (çrutî) faite à des rishi (sages, «voyants»). Il ajoute à ce fonds de très nombreux ouvrages appartenant à la smriti, ou tradition mémorisée : ce sont les sutra et les çastra, qui donnent le sens religieux et les règles précises de tout ce qui touche à la société indienne les castes sont définitivement établies ainsi que les devoirs et les droits de chacun (Manu). L’hindouisme, résultat d’une longue maturation d’idées, s’est élaboré à travers une abondante littérature qui s’étale sur plusieurs siècles : les épopées (Mahabharata, Ramayana) nous font apparaître des aspects très différents de ceux du védisme, dus à des apports non aryens; une mythologie, vishnuiste par la notion d’avatar, ainsi que les différents noms et personnalités de Çiva et de ses fils donneront une grande variété aux formes religieuses de l’hindouisme. Les sectes se diversifient et se multiplient; les Puràna, ouvrages religieux traitant de mythologie, de théogonie, de cosmologie, d’histoire, d’hymnes, etc. (du IIIe au XIIe s.), complètent sa physionomie si complexe. On distingue : les traités vishnuistes, Samhitâ (recueils), et çivaïtes, Agama (traditions). Toute la littérature classique de l’Inde a une texture religieuse : ouvrages poétiques, théâtre et surtout philosophie. Les systèmes, ou Darçana, sont au nombre de six, et ils ont tous pour objet la «délivrance». Le plus ancien est la mimânsâ (réflexion sur le védisme), puis viennent dans l’ordre le vedântâ, ou fin du Veda le sâmkhya, le yoga, le nyâya (logique), le vaiçeshika (discrimination). La mythologie reste comme un fonds légendaire; elle reconnaît un polythéisme luxuriant et un panthéisme s’étendant même à la matière. Mais l’hindouisme a désormais deux formes bien nettes : celles des savants, qui tend au monothéisme dans sa doctrine du brahman, l’immuable éternel, et celle d’une religion populaire. Les grands dieux sont surtout Vishnu et Çiva, qui ont émergé de la Trimurti initiale. Mais on trouve aussi opposée au monde patriarcal du brahmanisme, et rappelant sans doute un très ancien matriarcat aryen, la Mère, qu’elle soit la Devi, aux noms si variés, ou la çakti; il y a des divinités de villages ou les sept mères. C'est le culte de l’éternel féminin qui a pu faire dire que l’Inde était une «Mâtrie» (Mother India confondue avec la Mère universelle, un des grands symboles du nationalisme indien). L’hindouisme vénère aussi une foule de divinités inférieures; nâga, yaksha, gandharva, apsara, etc. Le culte des animaux, en particulier celui de la vache, est aussi une des grandes caractéristiques de ce complexe religieux. Cependant, à travers cette multiplicité, chacun peut trouver l’unité et la voie qu’il recherche. S’il n’y a pas vraiment une orthodoxie (pour certains, c’est celle du vedanta), il y a une forme religieuse hindoue faite d’un ensemble de règles de castes, de rites mêlés à la vie quotidienne, de coutumes, de croyances, de fêtes aux mille aspects divers, mais cependant enfermés dans le cadre d’une société unique en son genre pour qui le profane n’existe pas.




HINDOUISME. Nom donné à la religion pratiquée par la plupart des habitants de l'Inde et une partie des pays de l'Asie du Sud-Est. On compte aujourd'hui environ 732 millions d'hindouistes dans le monde. L'hindouisme est une religion sans fondateur, sans dogmes et sans église organisée. Il est issu de croyances apportées par les envahisseurs aryens mêlées à celles des peuples qu'ils ont dominés. On connaît cette religion à travers des textes sacrés (les Veda, les Upanishad) et de longs poèmes épiques (le Mahabharata et le Ramayana). Selon certaines traditions, il y aurait 33 millions de dieux mais la religion en privilégie trois : Brahma, Civa et Vishnu, parfois présentés comme trois apparences d'un dieu unique. Pour les hindous, le monde n'a ni début ni fin et la vie d'un homme s'insère dans une longue chaîne d'existences successives. L'âme après la mort se réincarne dans un nouveau corps humain ou animal, voire dans une plante. La somme des actes de la vie (le Karma) détermine la forme de telle ou telle renaissance, c'est pourquoi la façon la plus sûre de se réincarner dans un être supérieur est d'accomplir son devoir. Il faut se préserver de la souillure et donc se purifier constamment par l'eau (depuis les simples ablutions jusqu'au bain dans le Gange à Bénarès) et par le feu (incinération des corps après la mort). Pour s'assurer de la protection des divinités vénérées dans de nombreux temples, il faut leur offrir des sacrifices, des prières et des offrandes. Chez certains hindous, la croyance en la réincarnation, entraînant le respect envers toute forme de vie humaine et animale, peut mener à la non-violence et à des pratiques alimentaires végétariennes. Le but suprême de l'hindou est de s'affranchir du cycle des réincarnations (le Samsara) et la pratique du yoga constitue un moyen d'y parvenir. Voir Bouddhisme.

Liens utiles