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HIMMLER Heinrich

Homme politique allemand. D'une famille catholique, fils de l'ancien précepteur du prince héritier de Bavière, il servit comme cadet dans un régiment bavarois à la fin de la Première Guerre mondiale, fit sans doute partie d'un corps franc anticommuniste durant les troubles de 1919/20. Il participa au putsch nationaliste de nov. 1923 à Munich, puis devint secrétaire d'un des chefs de la tendance nationale-socialiste « de gauche », Gregor Strasser (1924). Entré peu après dans les SS, qui n'étaient encore qu'un petit groupe, ce petit bourgeois calme et méthodique se  fit remarquer par ses talents d'organisateur. Le 6 janv. 1929, il fut nommé par Hitler chef suprême (Reichsführer) des SS. Il travailla dès lors à faire des SS le corps d'élite de la révolution nationale-socialiste, sur la base d'une stricte sélection raciale et de la fidélité inconditionnelle au Führer. Au lendemain de l'accession de Hitler au pouvoir, Himmler devint chef de la police en Bavière (janv. 1933) et, devançant les ambitions de Goering, s'assura en une année le contrôle de toutes les polices des États allemands, avant de devenir le chef de la police secrète politique, la Gestapo (10 avr. 1934). Dans cette charge, il joua un rôle décisif lors de la liquidation de Röhm et de ses complices (30 juin 1934). Devenu chef de toutes les polices allemandes en juin 1936, il organisa contre les adversaires du régime un système de répression inexorable et développa les camps de concentration fondés par les SA dès 1933. Himmler s'employa à partir de 1934 à transformer les SS en une force militaire dont l'importance ne cessa de grandir au cours de la Seconde Guerre mondiale. Devenu ministre de l'Intérieur en nov. 1943, Himmler se trouva alors à la tête d'une gigantesque organisation policière et concentrationnaire qui étendait ses filets sur toute l'Europe occupée ; il fut le principal responsable de la mise en application de la « solution finale du problème juif », c'est-à-dire l'extermination des Juifs européens. Par ailleurs, il s'employait à transformer les Waffen SS en une armée européenne, largement ouverte aux volontaires étrangers. Administrateur ponctuel de la terreur, Himmler incarnait le système totalitaire ; l'extermination de millions d'hommes était à ses yeux une tâche d'État comme une autre, qu'il accomplissait sans enthousiasme particulier, mais implacablement. Nommé commandant du groupe d'armées du Rhin (déc. 1944), puis du groupe d'armées de la Vistule (janv. 1945), il fit la preuve de son incompétence militaire. Se rendant compte que la partie était désormais perdue, il essaya d'entrer en relation avec les Alliés. Dénoncé par Bormann, son ennemi personnel, il fut révoqué par Hitler. Lors de la débâcle allemande, Himmler gagna le Schleswig mais fut arrêté par les Anglais et se suicida.

Himmler, Heinrich (Munich 1900-Lüneburg 1945) ; organisateur et Reichführer de la SS.

« Nous sommes des soldats et les soldats savent bien que l’ennemi n’est neutralisé que lorsqu’il est mort ou anéanti », déclare H. à ses hommes de la SS en été 1933. Son père a été précepteur auprès d’un prince à Munich avant de devenir directeur de lycée. Il transmet à son fils son enthousiasme pour les héros des légendes germaniques. Le jeune homme un peu chétif s’engage dans l’armée en 1917 mais il n’est pas assez robuste pour être envoyé au front. Il estime pourtant être devenu soldat. Durant ses études, il entre en contact avec les « Arta-mans », un groupe nationaliste féru de romantisme pastoral. Le jeune homme devient ingénieur agronome et doit tout d’abord se contenter d’un emploi de représentant en engrais. Avide d’action, il se dépêche de rejoindre Munich lorsqu’y éclatent les troubles de l’automne 1923. Porte-drapeau des corps francs, il participe au putsch qu’Hitler essaie d’utiliser à ses propres fins. Dans la période de chômage qui suit, il se rallie à Gregor Strasser puis rejoint finalement Hitler. Celui-ci fait d’abord du jeune homme docile le directeur adjoint à la propagande, puis lui donne en 1929 le commandement des 280 hommes de sa garde du corps, la Schutzstaffel. H. a l’habileté d’en faire le point de départ de son pouvoir futur. La SS doit devenir l’élite de l’Allemagne. Avec son ami Darré, futur chef des paysans du Reich, il crée un « Service de la race et du peuplement », qui décide de l’admission dans la SS. À partir de 1931, Heydrich constitue pour la SS un propre réseau d’espionnage, le Service de sûreté et de renseignements, qui renforce le pouvoir de H. dans les intrigues internes du parti comme face à ses adversaires des autres camps. Lors de la prise du pouvoir par Hitler, 52 000 hommes servent déjà sous l’emblème de la tête de mort. En 1933, H. profite de sa fonction de chef de la police de Munich pour constituer la police politique de Bavière. A la fin de l’année, il se fait nommer « commandeur de la police politique » dans le reste de l’Allemagne. Le 20 avril 1934, Goering lui remet également la police secrète prussienne. H. et Goering mènent la même lutte secrète contre Röhm, chef de la SA, et se débarrassent ensemble des hommes de la SA le 30 juin 1934. H. en tire profit : la SS devient indépendante de la SA, prend la direction des camps de concentration, et H. entreprend la constitution d’une propre armée, la future Waffen-SS. Il devient chef de l’ensemble de la police allemande le 17 juin 1936 et l’englobe en grande partie dans la SS. A côté de la persécution de tous les opposants, H. s’est donné pour tâche de développer la « race des seigneurs » et de germaniser l’espace vital destiné au peuple allemand. A partir de 1937, la centrale du Peuple allemand coordonne, sous la direction de la SS, l’implantation de populations allemandes dans les territoires de l’Est. Commissaire du Reich pour la défense et le renforcement de la race allemande, H. prend en main la politique d’expulsion et de colonisation dans les territoires conquis à l’Est. Selon ses projets, 30 millions de « sous-hommes » de la race alpine doivent être expulsés ou exterminés. Il met ensuite la SS au service de l’extermination des juifs d’Europe. Il nourrit un intérêt pervers pour les questions médicales et utilise comme cobayes les hommes et les femmes livrés à ses services. Après les premiers revers sur le front, H. devient ministre de l’intérieur le 24 août 1943. C’est à ce moment d’ailleurs que le « fidèle Heinrich » commence à s’écarter du Führer, en tolérant que Schellenberg, chef du contre-espionnage, prenne des contacts avec l’étranger. Le 20 juillet 1944, il est chargé de poursuivre les « traîtres » et reçoit également le commandement de toutes les forces armées de l’intérieur. Il crée les « Divisions de grenadiers du peuple » et organise en dernier lieu la levée du Volkssturm. Pour cause d’incompétence, on lui retire cependant rapidement la direction de l’état-major du groupe d’armées de la Vistule. Dans l’incertitude, H. cherche parallèlement à assurer ses arrières. Il négocie avec des représentants du Congrès juif mondial et avec le comte Bernadotte. Lorsque Hitler l’apprend, la veille de son suicide, il l’exclut du parti. Déguisé en adjudant, H. est arrêté par des sentinelles britanniques avant de se donner la mort.




HIMMLER, Heinrich (Munich, 1900-Lüneburg, 1945). Homme politique allemand. Chef de la Gestapo, il organisa la répression des antinazis et les camps de concentration et d'extermination. Issu d'une famille catholique très pratiquante, fils de professeur, Himmler s'engagea en 1917 dans l'infanterie en Bavière puis fut démobilisé. Après avoir peut-être appartenu à un corps franc anticommuniste lors des troubles de 1919-1920, il obtint en 1922 son diplôme d'ingénieur agricole. Fortement impressionné par sa rencontre avec le capitaine Rôhm, il adhéra au NSDAP (Parti national-socialiste allemand des travailleurs) de Hitler et participa au putsch manqué de Munich (novembre 1923). En 1925, Himmler collabora avec Gregor Strasser - en même temps que Goebbels -, représentant l'aile gauche du parti national-socialiste, et entra dans les SS. Remarqué par Hitler pour ses talents d'organisateur, il fut nommé Reichsführer (commandant) des SS et s'at tacha à en faire un corps d'élite sur la base d'une stricte sélection raciale et une obéissance absolue au Führer. Après l'accession de Hitler au pouvoir (1933), Himmler devint chef de la police en Bavière puis contrôla bientôt toutes les polices des Etats allemands avant de devenir le dirigeant de la police secrète politique, la Gestapo (avril 1934). C'est dans cette fonction qu'il joua un rôle décisif dans l'élimination de Rôhm (Nuit des longs couteaux, juin 1934). Chef de toutes les polices allemandes en 1936, il organisa avec le SD, redoutable service de renseignement, la répression systématique des opposants au régime et développa les camps de concentration. Personnalité insaisissable, confident des projets les plus secrets de Hitler qui l'appelait « Henri le Fidèle », sans toutefois appartenir au cercle de ses intimes, Himmler devint ministre de l'intérieur en novembre 1943. Exécutant sans faille les ordres du Führer, il fut le pourvoyeur inlassable des camps de la mort et fit régner la terreur en Allemagne et dans l'Europe occupée. Après la répression de l'attentat manqué contre Hitler en juillet 1944, il reçut le commandement de toutes les forces armées de l'intérieur. En 1945, Hitler, ayant appris qu'il tentait de négocier la capitulation de l'Allemagne avec le comte Bernadotte à Lübeck, le démit de ses fonctions. Arrêté par les Anglais dans le Schleswig où il s'était réfugié, il se suicida en avalant une ampoule de cyanure. Voir Heydrich (Reinhard).

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