HERZL Theodor
Écrivain juif. D'une famille de riches négociants israélites hongrois, il fit ses études de droit à l'université de Vienne puis entra dans le journalisme et, de 1891 à 1896, fut correspondant à Paris de la Neue Freie Presse. Dans la capitale française, il assista au déchaînement des passions antisémites durant l'affaire Dreyfus (v.). Il en fut si frappé qu'il se convainquit que l'antisémitisme n'était pas un sentiment passager, mais, au contraire, une haine indéracinable qui empêcherait l'assimilation des Juifs dans les nations européennes. Il commença à se sentir solidaire du judaïsme, et aboutit à la conclusion qu'il n'y avait pas d'autre issue pour les Juifs européens que de se regrouper pour fonder un État qui leur serait propre. Il exposa cette thèse en 1896 dans son livre Der Judenstaat (L'État juif ). Cet ouvrage rencontra de vives critiques dans les milieux juifs occidentaux, où l'on reprocha à Herzl d'accepter le point de vue antisémite en faisant des Juifs un peuple à part ; mais il fut accueilli avec enthousiasme par beaucoup de Juifs d'Europe centrale et orientale. Au début, Herzl était indécis sur la localisation du futur État juif ; c'est sous l'influence du groupe des Amis de Sion qu'il opta pour la Palestine. En août 1897, il réunit, avec Max Nordau et Israël Zangwill, le congrès de Bâle, qui marqua le début du mouvement sioniste (v. SIONISME). Il entreprit de nombreuses démarches pour intéresser à sa cause les souverains européens et notamment le sultan ottoman. Au IIe congrès sioniste (1898) fut décidée la création d'une Banque nationale juive, puis, en 1901, d'un Fonds national juif pour l'achat de terres en Palestine. Herzl, qui avait publié en 1902 un roman d'anticipation, Altneuland (Terre ancienne, terre nouvelle), où il évoquait la vie heureuse de la Palestine future, ne put voir la réalisation de ses efforts : il mourut d'une maladie de cur à l'âge de quarante-quatre ans. Ses restes ont été transportés à Jérusalem en 1949.