HERVIEU Paul-Ernest. Ecrivain français
HERVIEU Paul-Ernest. Ecrivain français. Né à Neuilly (Seine) le 2 septembre 1857, mort à Paris le 25 octobre 1915. D'une famille bourgeoise, il fait ses études au lycée Condorcet, passe sa licence en droit en 1877 et débute comme avocat. Mais il ne reste que deux années au barreau et, de 1879 à 180l, sert dans la haute administration, comme attaché à la présidence du Conseil, puis comme secrétaire d'ambassade à Mexico. Ayant donné sa démission, il se consacre dès lors entièrement à la littérature et sa vie s'écoule sans événements extérieurs, sinon sa réception à l'Académie Française en 1900, et la parution de ses livres et de ses pièces de théâtre. Il débute dans le roman, avec Diogène le Chien en 1882 et La Bêtise parisienne en 1884, s'affirme avec L'Inconnu en 1886, suivi de Flirt, de L'Armature c'est-à-dire l'argent, base du monde moderne alors que tout le reste n'est que mots et décor , de Peints par eux-mêmes, roman par lettres où chaque correspondant fait son propre portrait, nous montre ses vices avec une parfaite ingénuité. Paul Hervieu se révélait ici comme le peintre impitoyable des gens du « monde », de leur envie, de leurs intrigues dissimulées sous les conventions des bonnes manières. Bassesses, lâchetés, compromissions, tout cela était évoqué sans le moindre frémissement, dans un style sobre, indifférent, et sans que jamais une figure sympathique vienne éclaircir le tableau. Dès ses premiers livres, Hervieu avait obtenu de beaux succès auprès d'un public de grands bourgeois qui lui restera fidèle au théâtre : en 1892, en effet, il aborde la scène avec Les Paroles restent, dénonciation de la médisance mondaine. En abandonnant le roman, Hervieu reste fidèle à l'inspiration de Peints par eux-mêmes. Son tempérament de moraliste le porte naturellement à prendre la succession de Dumas fils : il mettra en scène des conflits d'idées, comme faisait à la même époque François de Curel, mais Hervieu s'engage avec beaucoup plus de rigueur dans la voie du théâtre à thèse, avec Les Tenailles (1895), qui pose le problème du divorce et dénonce les injustices du Code; avec La Loi de l'homme (1897), où l'on voit un homme et une femme trompés pardonner l'un et l'autre à cause de leur enfant. Après les problèmes sociaux, les problèmes passionnels : l'adultère dans L'Enigme (1901), l'amour des parents et des enfants dans La Course au flambeau (1901), l'importance du premier amour dans la vie d'une femme Dédale (1903), le conflit entre la passion et les liens de la famille et du monde dans Réveil (1905).