Databac

HÉRIAT Philippe (pseud. de Raymond Payelle)

HÉRIAT Philippe (pseud. de Raymond Payelle). Écrivain français. Né et mort à Paris (15 septembre 1898-11 octobre 1971). Fils d'un haut magistrat, premier président de la Cour des Comptes, arrière-petit-fils de Zulma Garraud, qui fut l'amie de Balzac, il appartient à la haute bourgeoisie et fait des études au lycée Lakanal à Sceaux, au lycée Louis-le-Grand à Paris, puis à la Faculté des Lettres. Mais il abandonne les études supérieures pour devenir assistant-metteur en scène dans l'entreprise cinématographique Gaumont au lendemain de la guerre de 1914-1918, et finalement acteur de cinéma et de théâtre. Il joue notamment dans Le Sexe faible d'Édouard Bourdet, qui fut l'un des succès de l'Entre-deux-guerres. Enfin, Philippe Hériat part pour Hollywood en 1937 comme conseiller technique de la fameuse « Métro - Goldwyn - Mayer ». Cet homme, dont les dons et l'éclectisme s'exercèrent dans de nombreux domaines, avait commencé, dès 1931, une carrière littéraire en publiant L'Innocent qui obtint le Prix Renaudot et fut suivi de La Main tendue (1933), L'Araignée du matin (1933), Le Départ du Valdivia (1933), La Foire aux garçons (1934), Miroirs (1936), avant de commencer la grande fresque intitulée Les Boussardel, qui se divise en quatre volumes : Famille Boussardel, Les Enfants gâtés qui obtint le prix Goncourt en 1939, Les Grilles d'or (1957), Le Temps d'aimer (1960). Ces romans sont consacrés à l'histoire, entre les deux siècles, d'une famille de la bourgeoisie dont il analyse, parfois sans complaisance, la grandeur et la décadence. Le Grand Prix du Roman de l'Académie Française lui fut décerné en 1947. Dès lors, fort de son succès et de l'image à la fois historique et sociologique qu'il avait donnée d'une classe sociale qui lui était familière, Philippe Hériat n'écrira plus de romans, mais il se plaira à rédiger un recueil de souvenirs, Retour sur mes pas (1959). Mais il n'abandonna pas pour autant la carrière littéraire et, comme il avait été acteur, heureux de se mettre à la place de l'auteur dramatique, il écrivit plusieurs pièces de théâtre : L Immaculée (1947), Belle de jour (1950), Les Noces de deuil (1953), Les Joies de la famille (1960). Il fut même journaliste, pendant trois années, assumant la critique dramatique dans le journal Bataille (1945-1948). Son sens du visuel qui transparaît dans ses romans et qu'il a nécessairement développé dans son théâtre l'incitera à écrire également des sujets de ballets, comme ce Piège de lumière qui sera créé en 1952 par la troupe des ballets du Marquis de Cuevas et Conte cruel qui sera donné en 1960 à l'Opéra de Paris. Philippe Hériat fut membre de l'Académie Goncourt en 1949, puis du Conseil littéraire de la Principauté de Monaco en 1950. Mais, non content de ses dons d'ubiquité littéraire couronnés de succès, il voulut également s'essayer au genre historique et publia un récit, Le Secret de Mayerling (1949). Toutefois, le meilleur de son oeuvre, popularisé par un feuilleton télévisé, restera sans doute la grande fresque des Boussardel, comparable dans la littérature du XXe siècle à celle des Thibault de Roger Martin du Gard ou de la Chronique des Pasquier de Georges Duhamel ou même des Hommes de bonne volonté de Jules Romains.