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Henri V (Monmouth 1387-Vincennes 1422) ; roi d'Angleterre [1413-1422].

Henri V (Monmouth 1387-Vincennes 1422) ; roi d'Angleterre [1413-1422]. H. est le fils d'Henri IV Lancastre et de Mary de Bohun. Avant son accession au trône en 1413, il s'est particulièrement distingué par ses qualités militaires. Dès 1408, il est largement associé au gouvernement. Au pays de Galles, il a réussi à l'emporter sur Owen Glendower. Mais en 1411, il intervient de sa propre initiative dans le conflit qui oppose, en France, les Armagnacs aux Bourguignons, en prenant parti pour les Bourguignons. Cette intervention entraîne des démêlés politiques avec son père, qui l'exclut du Conseil royal. Devenu roi, H. s'occupe du rétablissement de la paix à l'intérieur et s'efforce de récupérer les possessions françaises. Les comtes Edmond Mortimer et Henry Percy, qui avaient été emprisonnés par Henri IV à cause de leurs prétentions au trône, retrouvent leur titre et leurs possessions. Comme les troubles engendrés par les Lollards représentent un danger sur le plan intérieur, H. ne s'oppose pas aux persécutions dont la secte est l'objet de la part de l'archevêque Thomas Arundel, même si ces persécutions, qui vont dans le sens de ses projets politiques, mettent en danger son ami John Oldcastle. Encouragé par ses succès militaires lors de la campagne de 1411, H. reprend à son profit les prétentions au trône de France de son arrière-grand-père Edouard III ; il saisit ce prétexte pour recommencer la guerre avec la France en s'alliant aux Bourguignons. Auparavant, H. réprime une conspiration ourdie par Richard (1415), comte de Cambridge, fils d'Edmond de Langley, le frère cadet de Jean de Gand, et allié aux maisons Percy et Mortimer. H. découvre le complot, qui devait porter sur le trône le comte de March Edmond Mortimer (1425), petit-fils de Lionel de Clarence et par là arrière-petit-fils d'Édouard III. Le 14 août 1415, H. débarque en Normandie près de Harfleur. Sa chevauchée le mène vers Calais. À la bataille d'Azincourt (25 oct.), les Anglais remportent une victoire écrasante sur une armée supérieure en nombre. Pour H., les résultats politiques sont plus importants que les résultats militaires. Grâce à sa victoire, la considération dont il jouit a tellement grandi que pour le reste de son règne, il n'a plus guère à craindre de troubles en Angleterre. Les troubles civils en France atteignent leur apogée et la flotte anglaise, qui triomphe des Génois alliés de la France, s'assure la maîtrise de la mer dans la Manche. En 1417, une grande armée anglaise débarque en Normandie et s'assure rapidement de la majeure partie de la province ; la flotte française est anéantie au Chef de Caux (29 juin 1417) ; Caen tombe le 4 septembre, Falaise en février 1418 ; après un long siège, Rouen capitule le 19 janvier 1419. Seul le Mont-Saint-Michel résiste. L'assassinat du duc de Bourgogne Jean sans Peur par le dauphin Charles de France (10 sept. 1419) achève de sceller l'alliance entre la Bourgogne et l'Angleterre (2 déc. ; Bedford, frère d'H., épouse Anne, soeur de Philippe de Bourgogne). Le 17 janvier 1420, le roi de France Charles VI déshérite le dauphin ; au traité de Troyes (ratifié le 21 mai 1420), H. reçoit la main de Catherine, fille de Charles VI (le mariage est célébré dès le 2 juin), et est adopté comme fils et héritier du roi de France, assurant la régence en France de son vivant. Mais la fin de la guerre n'est pas encore en vue, et le Parlement anglais n'accorde plus les subsides qu'à contrecoeur. Le siège de Meaux, pendant l'hiver 1421-1422, a épuisé physiquement H. Âgé de trente-cinq ans, il meurt de dysenterie à Vincennes le 31 août 1422, laissant un héritier homonyme de moins de neuf mois, Henri VII.

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