Hellade (Hellas), Hellènes, HELLÉNISTIQUE (Civilisation)
Noms utilisés par les Grecs à l’époque classique pour désigner la Grèce et les Grecs. Homère (qui ne disposait pas d’un nom englobant les Grecs, les appelant Achéens, Argiens, ou Danaens) utilisait ces noms comme s’appliquant à une petite région au sud de la Thessalie et à ses habitants; par «Panhellènes», il semble vouloir désigner les Grecs du Nord, par opposition avec ceux du Sud. Hésiode, néanmoins, utilise le mot Hellas dans le sens général de Grèce, et depuis les environs du VIIe siècle les Grecs se désignèrent eux-mêmes, et leur pays, par ces noms les faisant descendre d’un ancêtre mythique, Hellen. Comment on en arriva là demeure un point obscur, mais peut-être le nom s’est-il répandu à la faveur de migrations de tribus (voir doriens, invasion dorienne). Hérodote (Histoires, I, 57) utilise le terme Hellènes pour décrire les Grecs (immigrants), distincts de l’ancienne population indigène ne parlant pas grec (et d’où étaient nés les Athéniens), qu’il appelle Pélasges. À l’époque classique, le nom d’Hellas, Hellade, engloba toutes les terres habitées par des Hellènes, incluant non seulement la péninsule de Grèce, le Péloponnèse et les îles grecques, mais aussi les colonies et les cités grecques de la côte d’Asie Mineure. C’est ainsi que l’Hellade fut la terre des Hellènes partageant une langue, une religion, des coutumes sociales communes, qui les distinguaient de la terre des barbares. À partir du ive siècle de notre ère, les Grecs de l’empire d’Orient s’appelèrent Rhomaioi («Romains»); à cette époque, le terme d’Hellènes s’appliquait aux païens.
Hellade, nom que porte la Grèce dans la langue des Grecs. Il semblerait que c’est autour du sanctuaire de Dodone —► oracles qu’apparut le nom d’Hellade dès avant l’invasion des Doriens en Grèce. Les serviteurs du sanctuaire étaient appelés Selles ou Helles, et on doit trouver là l’origine du nom d’Hellènes et d’Hellade. Les Hellènes seraient donc une tribu de la famille dorienne. C’est dans cette région aussi qu’apparut le nom de Grecs (Graikoi), qui, de l’Epire, passa en Italie et fit que les Romains ont connu les peuples de l’Hellade sous le nom de « Grecs », terme non usité par les anciens Grecs avant l’occupation romaine. L’épopée homérique situe l’Hellade en Thessalie et nomme les Grecs Achéens ou Argiens. Ce n’est qu’après l’invasion dorienne que le nom d’Hellène désigna les habitants de ces pays situés au sud de la Macédoine et que toute cette partie inférieure de la péninsule prit le nom d’Hellade.
HELLADE. Nom désignant dans l'Antiquité une région de la Grèce (le centre de la Thessalie chez Homère) qui s'est ensuite étendue à la Grèce tout entière (ancienne et moderne).
HELLENE. 1) Nom donné à celui qui habite ou qui est originaire de la Grèce ancienne ou moderne. 2) Qui vient de la Grèce ancienne ou moderne.
HELLÉNISTIQUE. Se dit de la période historique qui va de la mort d'Alexandre le Grand (en 323 av. J.-C.) jusqu'à la conquête définitive de l'Orient par Rome (30 av. J.-C.). Voir Hellénistique (Civilisation).
HELLÉNISTIQUE (Civilisation). Désigne la civilisation qui s'est développée, après les conquêtes d'Alexandre le Grand, sur toutes les rives de la Méditerranée orientale et au Proche-Orient. Elle fut une fusion entre la civilisation grecque et les civilisations orientales. Le grec devint une langue internationale. C'est à Alexandrie, Pergame et Antioche qu'elle connut son plus bel épanouissement.
HELLÉNISTIQUES (Royaumes). Nom donné aux royaumes, créés après 40 ans de luttes, dans l'empire d'Alexandre le Grand. Ils furent au nombre de trois : le royaume de Macédoine (dont dépendait la Grèce) dirigé par les Antigonides, le royaume d'Asie occidentale (qui s'étendait sur la plus grande partie de l'Empire perse des Achéménides) dominé par les Séleucides et le royaume d'Égypte gouverné par les Lagides ou Ptolémées. Plus tard, au IIIe siècle av. J.-C., apparut une quatrième dynastie, les Attalides qui, avec l'aide de Rome, acquirent une grande partie du territoire des Séleucides et gouvernèrent depuis Pergame. Chaque royaume était administré par un souverain au pouvoir absolu auquel on rendait un culte comme à un dieu. Il s'appuyait pour gouverner sur une administration plus ou moins puissante où les fonctions les plus importantes étaient exercées par des Grecs. À partir du IIe siècle av. J.-C., épuisés par des luttes incessantes, ces royaumes ne résistèrent pas à la conquête romaine.
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