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Hammurabi ; roi de Babylone [v. 1792-1750 av. J.-C.].

Hammurabi ; roi de Babylone [v. 1792-1750 av. J.-C.].

À la première vague d'émigration de langue sémitique, qui s'implanta en Mésopotamie, « le pays entre les deux fleuves » au IIIe millénaire avant J.-C., succède vers 2000 une nouvelle vague en provenance du désert syrien. Ces peuplades semi-nomades, appelées Amorrites, mettent fin à l'Empire d'Ur. Vers 1894, un prince amorrite nommé Sumu-abum s'installe dans une petite ville sur la rive gauche de l'Euphrate, Babilim en akkadien, Babylone de son nom grec. De cette première dynastie de Babylone, H. est le sixième roi. A partir des inscriptions, se dégage la personnalité de H. : un homme d'Etat aux talents multiples, de grande envergure, qui unifie une Mésopotamie déchirée depuis près de trois siècles par des luttes sanglantes, tout à la fois guerrier, diplomate retors, législateur, et qui refuse la déification du monarque en sa personne, selon la conception des Akkadiens. Son pouvoir s'étend sur Babylone et l'Assyrie grâce à une armée permanente ; son influence va de la Syrie à l'ouest jusqu'à l'Élam à l'est. À travers les décrets que le roi adressait à ses gouverneurs au nord et au sud de Babylone, se révèlent son énergie et sa prudence. H. augmente la richesse du pays par la construction de canaux d'irrigation tandis que la sienne provient des avantages en nature prélevés sur les impôts. Ses lois - des décisions royales - sont célèbres. Gravées à la fin du règne sur des stèles de basalte, elles étaient érigées dans des temples et copiées sur des tablettes à l'intention des juges. L'une de ces stèles, placée dans le temple de Shamash à Sippar, puis emportée à Suse par les Élamites (actuellement conservée au Louvre), représente à son sommet le roi s'inclinant en signe d'adoration respectueuse devant le trône de Shamash, dieu du Soleil et de la justice. Après un prologue où le monarque exalte ses qualités, se trouve inscrit le « code ». Il comprend dans un ordre déroutant 282 lois de droit pénal, civil et commercial (les esclaves jouissent aussi d'une protection juridique), s'inspire visiblement de coutumes et sentences anciennes et révèle l'intention de fixer un droit par des maximes claires et incontestables. La peine capitale et les mutilations selon la loi du talion restent courantes. Dans ses inscriptions, H. attribue ses victoires à Marduk, dieu de sa capitale, mais il reconnaît la suprématie d'Anu et d'Enlil. De même, dans le « code », Marduk ne figure qu'au troisième rang. Il faudra attendre plusieurs siècles pour voir Marduk concurrencer Enlil. Nos connaissances sur cette époque ont été largement enrichies par la découverte des archives royales, des tablettes en terre cuite, mises au jour par les fouilles françaises entreprises à Mari, sur l'Euphrate, depuis 1933. Cette découverte a permis de dater définitivement le règne de H. Son royaume ne lui a pas survécu. Ses successeurs furent vaincus par les Kassites (v. 1570), après qu'un raid mené par Mursili Ier (1620-1520), roi des Hittites, eut affaibli Babylone (1595). La dynastie kassite régnera jusqu'en 1157 avant J.-C.

Bibliographie : G. Roux, Histoire de la Mésopotamie, 1990.

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