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Gustave III Adolphe (Stockholm 1746-id. 1792) ; roi de Suède [1771-1792].

Gustave III Adolphe (Stockholm 1746-id. 1792) ; roi de Suède [1771-1792]. Fils d'Adolphe-Frédéric et de Louise Ulrique de Hohenzollern, élevé à la française, il correspond avec les philosophes et soutient le parti francophile des « Chapeaux » contre la faction au pouvoir des « Bonnets », favorable à une alliance avec la Russie. Immédiatement après son accès au trône, il parvient en 1772, par un coup d'Etat réalisé sans effusion de sang, à rétablir un pouvoir royal fort. À la suite de cela, il mène à bien une série de réformes intérieures, salutaires pour le pays : abolition de la torture, de la vénalité des grades, liberté de la presse (1774) et tolérance religieuse (1781). Son règne est aussi une époque de grand essor culturel pour la Suède (Linné, Bellman). Le roi, lui-même auteur de pièces dramatiques, encourage le théâtre et l'opéra, et fonde en 1786 l'Académie suédoise. En 1788, il entreprend une guerre contre la Russie qui faillit aboutir à une défaite en raison d'insuccès militaires rencontrés au début et des mouvements indépendantistes de Finlande. C'est la victoire navale de Svensk-sund qui lui permet de sauver la mise à la paix blanche de Varela (1790). Il entreprend en 1789 de renforcer le pouvoir royal par 1' « Acte d'union et de sécurité » qui lui réserve l'initiative des lois, tout en abolissant la plupart des privilèges nobiliaires, ce qui aboutissait à accorder l'égalité juridique à tous ses sujets - mesure qui constitue sans doute sa plus grande réussite politique. Il planifie une croisade contre la Révolution française, mais avant de pouvoir la mettre en œuvre, il est abattu d'un coup de feu, en plein bal masqué, par le chef d'une conjuration nobiliaire. Personnalité controversée, G., « despote éclairé » et habile politicien, parvient néanmoins, bien qu'à l'article de la mort, à assurer à son fils la succession au trône. Bibliographie : C. Nordmann, Gustave III : un démocrate couronné, Lille, 1986.

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