Gustave II Adolphe (Stockholm 1594-Lützen 1632) ; roi de Suède [1611-1632].
Gustave II Adolphe (Stockholm 1594-Lützen 1632) ; roi de Suède [1611-1632].
Fils de Charles IX et de Christine de Holstein-Gottorp, ce roi, le plus grand de l'histoire de la Suède, naît en 1594. Après avoir reçu une éducation soignée sous la direction de son précepteur Johan Skytte, il participe très tôt aux séances du Conseil ; à quinze ans, il commande déjà un détachement militaire et administre un duché. Âgé de dix-sept ans, il monte sur le trône à la mort de Charles IX. Il doit alors céder une grande part de ses prérogatives pour satisfaire aux exigences de la noblesse, mais la forte personnalité du roi et les succès qu'il remporte empêchent celle-ci de dominer trop exclusivement le pouvoir. C'est Axel Oxenstiema qui, à l'âge de vingt-huit ans, devient le chef de l'aristocratie au sein du Riksrâd (conseil gouvernemental). G. hérite de son père trois conflits. Il met fin à la guerre de Kalmar contre le Danemark, l'ennemi juré de la Suède, par la paix de Knäred (1613), qui stipule la mise en gage, contre le versement d'un million de thalers au Danemark jusqu'en 1619, d'Elfsborg, unique accès du royaume de Suède à la côte occidentale et à la mer du Nord. La paix de Stolbova conclue en 1617 avec la Russie lui permet en revanche d'acquérir l'Ingrie et la Carélie occidentale. La Suède obtient ainsi un territoire continu depuis la Finlande jusqu'à l'Estonie, et coupe la Russie de ses débouchés commerciaux sur la mer Baltique. En 1621, G. conduit son armée en Livonie, s'empare de Riga, et reprend la lutte contre la Pologne dont le roi Sigismond III, cousin de G., de confession catholique, revendique la succession au trône de Suède. Cette guerre contre la Pologne est étroitement liée à la lutte menée contre les activités de la Contre-Réforme ; déjà le statut d'Ôrebro de 1617 décrétait l'expulsion de tous les partisans de Sigismond et de tous les catholiques. À partir de 1626, le roi déplace le théâtre des opérations militaires vers le duché de Prusse, alors sous suzeraineté polonaise. Près de Dirschau, il est grièvement blessé au cou. En 1629, grâce à l'intervention de Richelieu, une trêve est conclue avec la Pologne (trêve d'Altmark) : la Livonie, Memel, Pillau et Elbing restent sous occupation suédoise. Parallèlement à l'expansion de la puissance suédoise, dont le territoire s'étend désormais de Kalmar à Könisberg sur la mer Baltique, G. se préoccupe, avec l'aide du chancelier Oxenstiema, du renforcement du pays à l'intérieur. La création d'une Cour supérieure de justice, la promulgation d'une ordonnance sur les attributions de la Diète (Riksdag) y contribuent, tout autant que la réorganisation de l'armée. Grâce à la conscription, il crée une armée nationale composée exclusivement de soldats suédois, dont la stricte discipline est exemplaire pour l'époque (ordonnance militaire de 1621). Il la dote d'un matériel supérieur, donnant la priorité aux armes à feu (mousquet léger, à tir rapide, se chargeant avec des cartouches ; canons mobiles, attelés de deux chevaux et à tir accéléré). Il rénove également la tactique (petites formations, mobilité des troupes). En juin 1630, G. débarque en Poméranie. L'avancée des troupes impériales jusqu'à la mer Baltique, ses propres ambitions expansionnistes dans cette région, et son désir de faire triompher le protestantisme ont fait prendre conscience au roi qu'il ne pouvait se dispenser d'intervenir dans les conflits européens. C'est ainsi qu'il intervient dans la guerre de Trente Ans. Si l'alliance avec le roi Christian IV de Danemark échoue, il obtient le soutien des Provinces-Unies et surtout de la France (traité de Bärwalde de 1631). Tandis que la population allemande salue en lui le « lion du Nord », les États protestants de l'Empire restent sur leur réserve. Ce n'est que sous la contrainte que le faible prince-électeur de Brandebourg s'allie avec lui. Le traité d'alliance avec la Saxe électorale ne peut aboutir qu'après le sac de Magdebourg. G. peut alors aller à la rencontre de Tilly, et à Breitenfeld, en 1631, les Suédois, grâce à leur grande mobilité, et malgré la fuite des troupes saxonnes, battent l'armée du général catholique. Cette victoire, qui signifie la consolidation du protestantisme dans le nord de l'Allemagne, permet à G. de poursuivre la réalisation de ses plans, à savoir l'édification d'une base suédoise en Poméranie, la réalisation de l'union des princes évangéliques sous la conduite de la Suède, et peut-être même celle d'un empire suédois. Après Breitenfeld, G. ne marche pas aussitôt sur Vienne, comme le lui conseille Oxenstiema, mais vers l'ouest. Au printemps de l'année 1632, il fait son apparition dans le sud de l'Allemagne, mais les succès de Wallenstein l'incitent à reculer vers le nord. Après les combats du siège de Nuremberg, dont l'issue reste indécise, c'est, le matin du 6 novembre 1632, en plein brouillard, la bataille de Lützen, au cours de laquelle le roi trouve la mort. L'importance du personnage ne se limite pas seulement à l'accession de la Suède au rang de grande puissance, ou à son activité de meneur de troupes ou de stratège. Il consolide le protestantisme dans de vastes régions d'Allemagne, tout en entraînant une extension de la guerre. G. était un homme politique et un chef d'armée remarquable ; profondément religieux, il a su également faire preuve d'un grand sens politique. Ses succès s'expliquent en dernier ressort par sa personnalité. Il faisait grande impression sur son entourage, tant par sa véhémence, qui pouvait se traduire en actes violents, que par son sens de la persuasion - deux traits également caractéristiques de la famille Vasa. Un officier écossais, qui avait combattu sous ses ordres, écrivait : « Que j'aimerais être à nouveau au service d'un tel homme ! Mais il est bien peu probable que j'en rencontre jamais un autre de cette envergure ! »
GUSTAVE II-ADOLPHE (Stockholm, 1594-Lützen, 1632). Roi de Suède (1611-1632). Il modernisa la Suède et poursuivit l'objectif de ses prédécesseurs : faire de la Baltique un « lac suédois ». Soutenu par son chancelier, Gustave-Adolphe transforma les structures économiques du pays, favorisa l'enseignement et fit de l'armée suédoise l'une des meilleures d'Europe. Calviniste convaincu, il s'engagea, après avoir réglé les conflits avec le Danemark et la Russie, dans la guerre de Trente Ans, aux côtés des protestants contre les impériaux. Allié à la France inquiète de la puissance des Habsbourg, Gustave II écrasa la ligue catholique commandée par Tilly à Breitenfeld (1631) et, poursuivant sa progression vers le sud de l'Allemagne, vainquit brillamment Wallenstein, au service de Ferdinand II de Habsbourg, à Lützen (1632) mais trouva la mort dans la bataille. Voir Calvinisme, Richelieu (Cardinal de).
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