Guillaume le Pieux (mort en 918) ; duc d'Aquitaine.
Guillaume le Pieux (mort en 918) ; duc d'Aquitaine. A sa mort en 886, Bernard Plantevelue, descendant de Thierry, comte d'Autun sous Pépin le Bref, et de l'illustre saint Guillaume de Gellone, marquis d'Espagne et comte de Toulouse sous Charlemagne, laisse à son fils G. une vaste principauté (Auvergne, Velay, Gévaudan, Limousin, Berry, Gothie, Méconnais), constituée en soutenant les rois carolingiens en titre contre les grands révoltés, Bernard de Gothie et Boson de Vienne. G. poursuit d'abord la même politique, et obtient de Charles le Gros la reconnaissance de ses terres. Après la déposition de Charles et l'élection du roi Eudes, il s'efface devant Rannoux II, comte de Poitiers, qui se proclame roi d'Aquitaine mais meurt en 890. Il soutient alors Ebles Manzer, bâtard de Rannoux II, contre Adhémar, nommé comte de Poitiers par Eudes, d'où une campagne d'Eudes en Aquitaine en 892. Eudes prive G. de tous ses honneurs et le remplace par un certain Hugues, mais G. réagit en tuant Hugues au combat. La réconciliation de juillet 893, par laquelle il recouvre ses terres et obtient la dignité d'abbé laïc de Saint-Julien de Brioude, précède de peu le couronnement de Charles le Simple qui reconnaît G. Celui-ci se désintéresse alors du problème dynastique et se consacre au gouvernement de sa principauté, où il n'a de pouvoir incontesté que dans le noyau primitif formé par l'Auvergne. Il cherche à créer son propre réseau de fidélités parmi les membres de la noblesse locale, se heurtant en particulier au refus du comte Géraud d'Aurillac. Il fonde de nombreuses abbayes, ce qui lui vaudra le surnom de Guillaume le Pieux. C'est lui qui en 909 (ou 910), donne le domaine de Cluny, situé dans le Méconnais, à l'abbé Bernon, d'une famille de Bourgogne, pour y construire une abbaye à placer sous la règle de saint Benoît, la mettant sous la sauvegarde directe du Saint-Siège et décidant l'élection libre de ses abbés par les moines : c'est l'origine de la grande congrégation clunisienne. En 898 il prend de sa propre initiative le titre jamais porté de « comte, marquis et duc d'Aquitaine », titre transmis à ses successeurs. À sa mort sans héritier direct en 918, le duché passe à son neveu Guillaume, fils du comte de Carcassonne, et se désagrège rapidement, pour sombrer dans le désordre à la mort du dernier représentant de la famille en 927. Bibliographie : L. Auzias, L'Aquitaine carolingienne (778-987), Toulouse, 1937, p. 388-460 ; C. Lauranson-Rozas, L'Auvergne et ses marges (Velay, Gévaudan) du viiie au XIe siècle, LePuy, 1987, p. 51-78.
Liens utiles
- Victoria Fille unique du duc de Kent et de Marie-Louise de Saxe-Cobourg-Gotha,Victoria accéda au trône en 1837 à la mort de Guillaume IV.
- Louis Ier le Pieux Dernier fils vivant de Charlemagne et de Hildegarde, Louis, roi d'Aquitaine(781), est maître de l'empire en 814, à la mort de son père.
- Guillaume IX le Troubadour1071-1127Très bon poète, ce duc d'Aquitaine n'eut guère de qualités morales et fut excommuniépour les désordres de sa vie privée.
- Aliénor d'Aquitaine Elle est l'héritière de Guillaume X, dernier duc d'Aquitaine.
- Commentaire de texte « Fulbert de Chartres, Lettre à Guillaume V, Duc d’Aquitaine, 1020 »