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Grées

Grées. Dans la mythologie grecque, Pemphrédo, Ényo et Deino, filles de Phorcys et de Céto, et sœurs des Gorgones ; personnifiant la vieillesse, des cheveux gris depuis la naissance, elles n'avaient qu'un œil et qu'une dent pour elles trois. Persée leur vola leur œil et les obligea ainsi à lui dire où trouver les Gorgones. Grenouilles, les (Batrachoi). Comédie grecque d'Aristophane qui reçut le premier prix aux Lénéennes d'Athènes en 405 av. J.-C. et procurèrent à leur auteur une couronne d'olivier sacré, de même que le droit de la faire jouer une seconde fois. Elle donne son expression aux attitudes littéraires de la cité, et aux conditions politiques de l'époque. Les grands poètes tragiques Eschyle, Sophocle et Euripide sont tous morts, les deux derniers récemment ; Athènes, en dépit de sa victoire lors de la bataille navale des Argi-nuses, l'année précédente, est épuisée ; elle a un cruel besoin de bons conseils et s'adresse à ses meilleurs poètes. La pièce s'ouvre sur le dieu Dionysos, patron de la poésie, dépeint sous les traits d'un Athénien typique avec ses défauts caractéristiques : il est faible, orgueilleux, crédule et éprouve une passion pour Euripide — il part pour les Enfers déguisé en Héraclès, afm de ramener Euripide. Le voyage dans la barque de Charon lors de la traversée du lac est accompagné par le coassement d'un (second) chœur de grenouilles, qui donne son nom à la pièce ; le chœur principal est composé d'initiés aux mystères d'Éleusis. Parvenu aux Enfers, Dionysos, qu'on prend pour Héraclès, connaît diverses aventures ; il finit par être reconnu, et on le sollicite pour arbitrer un concours entre Eschyle et Euripide, qui prétendent l'un et l'autre au trône de la tragédie — Sophocle s'étant retiré en faveur d'Eschyle. Ce dernier vante la grandeur et les fins morales supérieures de sa pièce, alors qu'Euripide souligne le réalisme et l'humanité plus profonds de la sienne, chacun développant une critique éloquente de la pièce adverse. S'ils s'accordent tous deux à penser que le devoir du poète consiste à rendre les hommes meilleurs, Eschyle dit y parvenir en offrant le modèle de ses héros à l'imitation, tandis que pour Euripide il s'agit de faire réfléchir son public. Eschyle lui objecte cependant que ses personnages dépravés sont la cause du déclin de la moralité. Les deux poètes soumettent alors à la critique la construction, la langue, le mètre et la musique de leurs pièces respectives. L'épreuve finale, au cours de laquelle chacun des auteurs jette un de ses vers sur le plateau d'une balance, s'achève par une victoire facile d'Eschyle. Dionysos, encore indécis dans son choix, interroge les poètes sur le moyen de sauver la cité; Euripide donnant une réponse énigmatique à sa manière, Dionysos élit Eschyle comme représentant de l'esprit traditionnel athénien.

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