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grâce

grâce (lat. gratia, grâce, faveur), dans la théologique chrétienne, don ou secours surnaturel que Dieu accorde aux hommes pour faire leur salut et qui leur permet de supporter les épreuves rencontrées au cours de leur vie. La grâce est accordée par Dieu gratuitement pour faire participer les fidèles à sa gloire dans l’éternité. Pour les catholiques, les sacrements ont été institués pour faire coopérer les âmes au sacrifice de Jésus-Christ et les faire bénéficier des grâces acquises par ses mérites. La grâce est dite habituelle ou sanctifiante lorsque, à la suite du baptême, le chrétien la possède et s’efforce, en évitant de faire le mal, de la garder et même de la fortifier par la pratique des sacrements. Elle est dite actuelle lorsqu’elle est accordée pour un cas déterminé, secours momentané de Dieu. D’après les théologiens, la grâce n’est jamais refusée à la prière sincère quand il s’agit d’un progrès spirituel, mais elle ne saurait entraver l’action du libre arbitre. Les discussions sur la grâce «efficace» et la grâce «suffisante» ont été grandes entre les thomistes, soutenant la première, et les molinistes, soutenant la seconde. Ces derniers font une plus large place à la liberté humaine. Les rapports de la grâce et du libre arbitre ont donné naissance à de nombreuses controverses, depuis les hérésies des pélagiens et semi-pélagiens jusqu’aux jansénistes. Les Traités sur la grâce de saint Augustin (appelé «le docteur de la grâce») affirmaient la nécessité du don gratuit de Dieu tout en reconnaissant la réalité du libre arbitre. On crut trouver dans ces ouvrages le thème de la prédestination. Saint Thomas d'Aquin et d’autres théologiens catholiques pensent que Dieu accorde sa grâce aux âmes, mais que tout ce qui doit leur arriver est ordonné de toute éternité. Les jansénistes avec l'Augustinus et le Traité de la fréquente communion d’Antoine Arnaud, reprirent, en les accentuant, les théories affirmant la prédestination. Les protestants reconnaissent la grâce, ou bienfait de la Providence, les luthériens admettent la grâce efficace des sacrements, tandis que les calvinistes acceptent, avec la grâce commune pour tous, la prédestination pour certaines âmes, et là est le point central de la doctrine calviniste. En termes liturgiques, les grâces expriment une prière de remerciement à Dieu après les repas, ou un chant d’action de grâces à la gloire de Dieu, en reconnaissance pour des combats victorieux (Te deum).

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