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GOURMONT Remy de. Écrivain français

GOURMONT Remy de. Écrivain français. Né à Bazoches-en-Houlme (Orne) le 4 avril 1858, mort à Paris le 17 septembre 1915. D'une famille de gentilshommes et de maîtres imprimeurs du XVIe siècle, il fit ses études au lycée de Coutances, pour suivre ensuite les cours de la faculté de Caen. Venu se fixer à Paris en 1884, il entra aussitôt à la Bibliothèque Nationale. Il en dut sortir en 1891 pour avoir écrit un article jugé scandaleux sur le « Joujou patriotique » : article qu'il avait fait paraître au Mercure de France , revue dont il était un des fondateurs (1890). Atteint d'un lupus à la face dès sa vingt-sixième année, il fut réduit à se cacher dans son logis jusqu'à la fin de ses jours. C'est dire que sa vie se confond avec ses oeuvres. Homme de goût, curieux de tout et fort enclin à l'érotisme, Gourmont fut d'abord poète, romancier et même dramaturge. Sa production poétique comprend Les Oraisons mauvaises (1900), Simone (1901) et Les Divertissements (1912). Parmi ses romans, il convient de citer Mer-lette (1886), Une nuit au Luxembourg (1906) et Un coeur virginal (1907). bon théâtre comprend : Lilith (1892), Théodat (1893), poèmes dramatiques en prose. Il y faut ajouter ce qu'on peut appeler sa contribution au symbolisme : Les Proses moroses (1894), Histoires magiques (1894), Le Pèlerin du silence (1896) et enfin Le Livre des Masques, Portraits symbolistes, gloses et documents sur les écrivains d'hier et d'aujourd'hui (1896-1898). Mais Gourmont demeure avant tout un admirable essayiste avec : Le Latin mystique (1892), L'Esthétique de la langue française (1899), La Culture des idées (1900), Le Problème du style (1902), Le Chemin de velours, nouvelles dissociations d'idées (1902), La Physique de l'amour (1903), Les Promenades littéraires (1904-1913) etc. Mentionnons enfin Les Lettres d'un satyre (1913), les Lettres à Sixtine (1921) et Les Lettres à l'Amazone . Disciple d'Épicure, de Bayle et de Renan, Gourmont ne croyait guère qu'aux vérités partielles. Son pessimisme, comme d'ailleurs son goût pour l'anarchie, l'incitait toujours à prendre l'idée par le biais le plus singulier. Trop souvent, en route, il laissait son érudition s'égarer dans le détail. On lui doit néanmoins bon nombre de découvertes dans le domaine de la critique comme dans celui de l'esthétique. Fondateur, collaborateur et régent du Mercure de France, il fut le plus grand critique du groupe symboliste.