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Gortchakov, prince Alexandre Mikhaïlovitch (Haspal 1798-Baden-Baden 1883); ministre des Affaires étrangères et chancelier de l'Empire russe.

Gortchakov, prince Alexandre Mikhaïlovitch (Haspal 1798-Baden-Baden 1883); ministre des Affaires étrangères et chancelier de l'Empire russe. Issu de la vieille noblesse russe, camarade d'école de Pouchkine, G. est de 1856 à 1879 ministre des Affaires étrangères d'Alexandre II ; depuis 1870, il porte le titre de « chancelier ». La fin de la guerre de Crimée qui correspond à la date de son entrée en fonctions a été définie par G. lui-même comme le début d'une nouvelle ère politique. Désireuse d'effacer l'humiliation du traité de Paris, la Russie entre dans le cercle des puissances impérialistes européennes. En 1859 s'achève la conquête du Caucase ; la période d'activité de G. correspond également à l'extension de l'Empire russe en Asie centrale, où la frontière est repoussée jusqu'aux limites de l'Afghanistan. La Russie fait d'abord cause commune avec l'Allemagne prussienne, lors de la répression du soulèvement polonais de 1863 et à l'occasion de la guerre franco-allemande de 1870-1871. Grâce à sa neutralité bienveillante, la Russie obtient à la conférence de Londres de 1871 le droit d'établir à nouveau des bases maritimes sur la mer Noire. Les tensions avec l'Allemagne subsistent néanmoins ; elles ne sont surmontées que provisoirement par l'alliance des Trois-Empereurs de 1873. Lors de la crise de 1875, G. accorde son soutien à la France par crainte de l'hégémonie allemande. Il cherche également à renforcer l'influence de la Russie dans les Balkans, cédant ainsi à la pression de milieux panslavistes dont le principal représentant est l'ambassadeur russe à Constantinople. Cela conduit à la guerre entre la Russie et la Turquie (1877-1878), guerre qui menace de s'élargir en conflit international. Un règlement européen est défini pendant l'été 1878 au congrès de Berlin, où G. n'obtient pas la confirmation des victoires russes sur les Turcs et du traité de San Stefano (3 mars 1878). Malgré de substantielles acquisitions territoriales et la création d'États balkaniques autonomes, qui sont sans aucun doute à considérer comme un succès russe, l'opinion publique russe se retourne contre l'Allemagne, car les revendications panslavistes restent non satisfaites, et G. commence à ébaucher secrètement une alliance avec la France. Bibliographie : P. Pascal, Histoire de la Russie, 1946.

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