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Goebbels, Joseph (Rheydt, Rhénanie, 1897-Berlin 1945) ; ministre de l'information et de la Propagande du IIIe Reich.

Goebbels, Joseph (Rheydt, Rhénanie, 1897-Berlin 1945) ; ministre de l'information et de la Propagande du IIIe Reich.

Fils d'un comptable catholique, G. grandit dans le milieu de la petite bourgeoisie puis touche une bourse de la fondation Albertus Magnus pour mener jusqu'au doctorat ses études de langue et de littérature allemande. Sa rencontre avec Hitler lors de ses études à Munich, en 1922, marque un tournant dans sa vie, qu'il considère lui-même comme une révélation et une renaissance. Radicalement débarrassé de toutes les valeurs éthiques traditionnelles, tout en conservant des notions empruntées à la religion, G. devient le propagandiste le plus virulent du national-socialisme et de son Führer. Petit et boiteux, de type plutôt méditerranéen, il ne correspond guère à l'idéal de la « race des seigneurs ». C'est un solitaire, mal aimé dans les rangs du parti, ce qui ne l'empêchera pas de faire une ascension rapide : en 1922, il adhère au NSDAP et dirige la rédaction de différents organes du parti ; en 1926, après avoir quitté le groupe de Gregor Strasser, il est nommé Gauleiter de Berlin (il y publie L'Attaque - Der Angriff - de 1927 à 1933, un hebdomadaire de sa création) ; en 1928, il est député du Reichstag et devient directeur de la propagande du NSDAP ; enfin, après l'arrivée de Hitler au pouvoir, il est promu ministre de l'information et de la Propagande, le 13 mars 1933. Son travail de propagande prend alors toute son ampleur. Comme la presse, la radio, le cinéma, mais aussi toutes les activités de la vie littéraire et artistique dépendent de lui, il parvient peu à peu à mettre au pas la culture (loi du 31 mai 1938 sur la confiscation des produits de l'art dégénéré) en s'attaquant tout particulièrement à ses représentants juifs. Malgré l'opposition de Wilhelm Furtwängler, il écarte des hommes comme Otto Klemperer et Max Reinhardt ; des peintres comme Max Pechstein et Karl Schmidt-Rottluff se voient interdits de peinture ; Paul Hindemith, Thomas Mann, Albert Einstein émigrent. Les pogromes de novembre 1938 contre les juifs, dont il est l'instigateur, illustrent les moyens qu'il met en oeuvre. Il aime à se montrer en famille, entouré de ses enfants, même si ses multiples liaisons amoureuses ont plus d'une fois menacé de briser cette image idyllique. Quand la guerre éclate, il renforce son action. Il maîtrise et utilise avec habileté les effets de propagande, il s'efforce de déchaîner les instincts des masses avec cynisme et sang-froid, comme dans son discours du 18 février 1943 au Palais des Sports de Berlin. Il atteint le sommet de son pouvoir en août 1944, quand la direction de la « guerre totale » lui incombe. Dans ses commentaires hebdomadaires publiés dans la revue Das Reich, il essaie de maintenir l'espoir d'une victoire finale en mélangeant mensonges et vérités. Mais la victoire qu'il avait promise au combat national-socialiste lui échappe. Il tiendra à ce que sa mort et celle de Hitler soient exemplaires pour le peuple, qui ne mérite que de périr faute d'avoir su vaincre. Désigné comme chancelier du Reich dans le testament de Hitler dont il reste l'un des derniers fidèles après l'abandon de Himmler et de Goering, il se donne la mort avec sa femme et ses enfants quelques heures après le Führer.




GOEBBELS, Joseph, Paul

(Rheyt, 1897-Berlin, 1945). Homme politique allemand. Ministre de la Propagande et de l'information sous le IIIe Reich, il servit, en utilisant de façon systématique les moyens de communication modernes, la politique et l'idéologie nazies. Fils d'un contremaître dans une filature, Goebbels, frappé d'une infirmité congénitale qui le faisait boiter, poursuivit des études de philosophie puis devint journaliste, métier où il révéla un incontestable talent de polémiste. Gagné dès 1922 aux idées national-socialistes, il fit d'abord partie de l'aile gauche du parti dirigé par Gregor Strasser dont il fut le secrétaire avant de se rallier définitivement à Hitler en 1925. Nommé en 1926 chef du parti à Berlin, Goebbels réussit à convertir la capitale au national-socialisme et dirigea le périodique Der Angriff- « L'Agression » - (1927-1933). Élu député au Reichstag (1928) et nommé chef de la propagande du parti pour toute l'Allemagne, Goebbels manifesta des dons exceptionnels de propagandiste et d'orateur et devint, après l'arrivée de Hitler au pouvoir (1933), ministre de la Propagande et de l'information, poste qu'il conserva jusqu'à sa mort. Inconditionnel du Führer, il s'employa sans relâche à la nazification du pays, établissant la mainmise du parti sur tous les organes d'information - en particulier la radio et le cinéma - dont il sut habilement utiliser l'impact sur la population. Artistes et intellectuels furent aussi muselés au sein de la Chambre culturelle du Reich dirigée par Goebbels qui organisa des autodafés de livres contraires à la doctrine nazie. Il fut enfin l'instigateur, en 1938, de la Nuit de cristal (incendie des synagogues et pillage des maisons juives). Durant la Seconde Guerre mondiale, il s'attacha à galvaniser le moral de la population. En 1944, Hitler lui confia la direction de la guerre totale. Alors que l'Allemagne était frappée de tous côtés, Goebbels parvint néanmoins à donner aux Allemands l'énergie du désespoir, faisant état d'« armes secrètes et imparables ». Jusqu'à la fin fidèle à Hitler qui l'avait nommé chancelier dans son testament, Goebbels s'empoisonna avec sa femme et ses six enfants dans le bunker de la chancellerie après la mort du Führer. Voir Goering (Hermann).

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