GOBINEAU Joseph Arthur, comte de
GOBINEAU Joseph Arthur, comte de. Diplomate et écrivain français. Né à Ville-d'Âvray (Hauts-de-Seine), le 14 juillet 1816; mort à Turin le 13 octobre 1882. Fils d'un officier de la garde royale, il grandit, dès ses premières années, dans les héroïques souvenirs de ses ancêtres vikings et le mépris de la société démocratique moderne. Adolescent, il parle déjà parfaitement l'allemand, étudie les coutumes celtiques et, encouragé par son père, commence à étudier les langues et les cultures orientales. Arrivé à Paris à dix-neuf ans, en 1837, sans fortune, il doit accepter un emploi subalterne à la Compagnie du Gaz, puis aux Postes, publie des articles dans la Revue des Deux Mondes, La Quotidienne, etc. et essaie de vivre en écrivant des romans d'aventure : Le Prisonnier chanceux (1846), Ternove, Nicolas Belavoir, Mademoiselle Irnois (1847), L'Abbaye de Typhaines (1848). C'est la révolution de 1848 qui va ouvrir à ce légitimiste la carrière diplomatique : le 15 juin 1849, Gobineau devient chef de cabinet de Tocqueville, ministre des Affaires étrangères et, après la chute de son ami, il reste au service de l'Etat, envoyé successivement à Berne (1849), à Hanovre (1851), à Francfort (1854) où il rencontre Prokesch-Osten. En 1853 paraît la première partie du célèbre Essai sur l'inégalité des races humaines, presque aussitôt traduit en anglais et en allemand, la deuxième partie en 1855, année où Gobineau part pour Téhéran comme membre d'une mission extraordinaire auprès du shah de Perse v. Trois années en Asie de 1855 à 1858. Rentré en France en 1858, il dirige en 186l une mission chargée d'aller délimiter les pêcheries de Terre-Neuve et, aussitôt après ce voyage en Amérique, retourne, comme ministre plénipotentiaire cette fois, à Téhéran où il réside jusqu'à 1863. En 1864, paraît le Traité des écritures cunéiformes, dont Gobineau affirme qu'elles ne sont aucunement assimilables aux nôtres en raison de leur caractère talismanique, en 1865 Les Religions et les Philosophies de l'Asie centrale et en 1869 L'Histoire des Perses, application à l'Iran de la théorie de la race comme dynamisme de l'Histoire. Ministre à Athènes, puis à Rio-de-Janeiro, Gobineau rentre en France en mai 1870, passe la guerre dans sa propriété de l'Oise et reçoit en 1872 sa nomination d'ambassadeur à Stockholm où il achèvera sa carrière en 1877. Ses dernières années seront occupées par des voyages à travers l'Europe, principalement en Italie et en Allemagne, par son amitié spirituelle avec Richard Wagner rencontré à Rome en 1876, et par la publication de plusieurs ouvrages parmi lesquels Les Pléiades (1874), Nouvelles asiatiques (1876), le poème d'Ama-dis (1876) et La Renaissance (1877). C'est seulement depuis l'utilisation de ses doctrines par le national-socialisme que Gobineau a conquis une célébrité mondiale. De son temps il n'a guère été connu que de quelques intellectuels, Renan et Albert Sorel en France, Wagner en Allemagne. Presque aussitôt après la mort de Gobineau, ses idées ont connu une grande faveur dans les milieux intellectuels allemands (fondation de la Gobineau-Vereinigung en 1894 par le professeur Ludwig Schemann). Mais c'est un savant français, Vacher de Lapouge qui, en prônant les méthodes de sélection raciale, d'eugénisme, de castration, a poussé ces idées jusqu'à leurs conclusions extrêmes que le IIIe Reich devait mettre en pratique.
GOBINEAU, Joseph Arthur, comte de (Ville-d'Avray, 1816-Turin, 1882). Diplomate et écrivain français. Sa thèse exposée dans l'Essai sur l'inégalité des races humaines ( 1853-1855), où il prétendit fonder sur des bases scientifiques la supériorité de la race germanique, fut exploitée par les pangermanistes (Houston Stewart Chamberlain) et par le national-socialisme hitlérien. Voir Pangermanisme.