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Gneisenau, August Wilhelm Anton, comte Neithardt von (Schildau, Saxe, 1760-Poznan 1831) ; général prussien.

Gneisenau, August Wilhelm Anton, comte Neithardt von (Schildau, Saxe, 1760-Poznan 1831) ; général prussien. Issu de la vieille noblesse autrichienne et saxonne mais prussien par choix, G. connaît une enfance bohème, marquée parfois par une grande pauvreté et un passage (1782-1783) dans l'armée britannique du Canada. Il entre au service de la Prusse en 1786. Il devient célèbre en 1807 pour sa défense victorieuse de la forteresse de Kolberg contre Napoléon Ier. Ses connaissances en matière militaire et politique lui permettent de prendre une part décisive, dans les années qui suivent, à l'œuvre de réforme de Stein en tant que membre de la commission de réorganisation de l'armée et de la commission d'enquête sur le comportement de l'encadrement militaire lors du désastre de 1806-1807. Avec Scharnhorst, il suscite la création de l'Ecole militaire commune, qui devient plus tard l'École supérieure de guerre pour la formation d'officiers hautement qualifiés, créant ainsi la condition essentielle à la fondation de l'état-major moderne. L'abolition des châtiments corporels, l'instauration du service militaire, l'avancement au mérite découlent de sa conception du soldat-citoyen. Il complète ces réformes de l'armée prussienne par l'organisation d'une armée territoriale (Landwehr) et de sa réserve (Landsturm). Le renvoi de Stein à la fin de l'année 1808 provoque également le départ de G. alors colonel. Il prône en vain la guerre populaire contre Napoléon en 1811 et se voit confier entre 1811 et 1812 plusieurs missions diplo- matiques secrètes en Autriche, Russie, Grande-Bretagne et Suède. Ce n'est qu'en 1813 qu'il est rappelé par le roi au début de la guerre de libération. Il est d'abord second sous-chef d'état-major aux côtés de Scharnhorst et devient, après la mort de ce dernier, chef d'état-major de l'armée de Silésie, sous le haut commandement de Blücher. A la bataille des Nations de Leipzig, on le voit faire pièce pour la première fois au génie militaire de Napoléon. Mais il atteint le sommet de sa carrière, de nouveau comme chef d'état-major de Blücher, à la bataille de Waterloo (1815). Sa démarche stratégique sera plus tard érigée en théorie par son ami Clausewitz. À la suite d'intrigues de cour, G., trop libéral, se retire en 1816. Gouverneur de Berlin en 1818, il est fait maréchal en 1825. En 1831, il revient pourtant sur scène à la tête du corps d'armée prussien envoyé en Poznanie lors de l'insurrection polonaise. Il meurt victime du choléra à Poznan. Sa correspondance a été publiée entre 1900 et 1913. Bibliographie : P. Roques, Adversaires prussiens de Napoléon : Blücher, Scharnhorst, Gneisenau, 1928.

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