GENEVOIX Maurice. Ecrivain français
GENEVOIX Maurice. Ecrivain français. Né le 29 novembre 1890 à Decize (Nièvre). Après des études au lycée Pothier d'Orléans et au lycée Lakanal à Sceaux, il est reçu premier à l'Ecole Normale Supérieure en 1911. La guerre de 1914-1918 décidera peut-être de sa vocation d'écrivain, parce qu'il en connaîtra toutes les tragédies et toutes les souffrances, sera grièvement blessé à la Marne en 1915, et se retrouvera à Verdun en 1916. Maurice Genevoix rapportera de ces épreuves partagées avec ses compagnons en présence de la mort des souvenirs d'autant plus poignants qu'il n'y cherche pas les effets dramatiques, mais décrit la guerre avec une lucidité sensible d'un saisissant effet, et dénonce le monde funèbre des tranchées d'une manière impitoyable. Ces souvenirs comprennent cinq volumes sous le titre général Ceux de 14 : Sous Verdun (1916), Nuits de guerre (1917), Au seuil des Guitounes (1918), La Boue ( 1921), Les Eparges (1923). Sur la mort qu'il a approchée au cours de la guerre, qu'il a vue et qu'il a éprouvée dans sa chair et son intelligence, il écrira un essai d'un stoïcisme élevé : La Mort en face (1972). Mais Maurice Genevoix n'est pas resté obsédé seulement par la guerre et par la mort. Amoureux de la terre, des eaux, des arbres de sa Loire natale, humaniste agnostique, enchanté par la Nature, il a traduit dans nombre de ses romans et essais ses émerveillements, son sens du terroir et de ceux qui y vivent, à la fois modestes et sublimes. Dès Raboliot (1925), auquel est décerné le Prix Goncourt, il atteint à la consécration littéraire, La Dernière harde (1938), Eva Charlebois (1944), Laframboise et Bellehumeur (1942), L Aventure est en nous (1952), Fatou Cissé (1954), Agnès, la Loire et les garçons (1962), Derrière les collines (1964), La Forêt perdue (1967), Un jour (1976), Lorelei (1978), autant de titres, déjà évocateurs, qui jalonnent l'oeuvre d'un écrivain dont l'authenticité n'a jamais failli et qui gagne, de livre en livre, un épanouissement tout à fait exceptionnel. A ces souvenirs et à ces romans, il convient d'ajouter le goût de Maurice Genevoix pour l'animal qui anime la Nature, lui donne sa respiration et ses mouvements, goût qu'il a relaté dans des sortes d'hymnes à la joie de vivre et à l'acceptation de la mort : Tendre Bestiaire (1969), Bestiaire enchanté (1969), Bestiaire sans oubli (1971). Élu à L'Académie Française en 1946, Maurice Genevoix en a été le Secrétaire Perpétuel de 1958 à 1973.