GAZA (bande de)
GAZA (bande de)
Triste témoin des déchirements politiques, la bande de Gaza n’est qu’une entité artificielle de 45 kilomètres de long sur 5 à 12 kilomètres de large où s’entassent plus de un million de Palestiniens, réfugiés pour la plupart de la plaine côtière et du Néguev d’où ils furent chassés lors de la création d’Israël en 1948. Quelque 5 000 colons juifs s’y réservent le quart du territoire et ses principales terres arables. Comme la Cisjordanie, le Néguev et la Galilée, elle appartenait aux zones promises par les Nations unies en 1947 à constituer sur la terre de Palestine un État arabe à côté d’un État juif et d’une Jérusalem internationalisée. Au sortir des combats de la première guerre israélo-arabe de 1948-1949, elle n’est qu’un immense camp de réfugiés sous le contrôle de l’armée égyptienne. Contrairement à la Cisjordanie, objet de toutes les convoitises jordaniennes, elle échappe à l’annexion de son puissant voisin qui y établit un gouvernorat militaire en l’attente de la résolution définitive de la question de Palestine. À compter de 1967, elle concentre tous les maux nés de la répression et du « dé-développement » économique planifié par l’occupation militaire israélienne qui y rencontre ses ennemis les plus décidés. Minée par l’explosion démographique, l’absence de toute ressource propre et la pollution de ses nappes aquifères, elle fait l’objet, avec l’enclave de Jéricho, de la première expérience d’autonomie palestinienne à partir de 1994. Dans l’attente d’un règlement final, les principales institutions de l’Autorité palestinienne s’y sont installées.
Ville côtière située entre Israël et l'Égypte ; territoire de la Palestine (bande de Gaza, 45 km du nord au sud, 7 à 12 km de large). La bande de Gaza comptait 390 000 hab. en 1967, 570 000 en 1987, 900 000 en 1994, 1,3 million en 2002 (3 400 hab./km2). Ville ancienne, d'abord cananéenne puis devenue une des cinq grandes villes des Philistins (XIIe s. av. J.-C.), elle avait été le lieu des exploits de Samson devenu aveugle, qui y renversa le temple du dieu Dagan, qui s'écroula sur lui et sur ses ennemis. Prise par Alexandre après un siège de deux mois, Gaza fut détruite pendant les guerres civiles de la Judée et rebâtie par Gabinius. Les Arabes s'en emparèrent en 632. La ville eut une grande importance stratégique pendant les croisades (1239 et 1244) et dans les combats entre les mamelouks et les Turcs (1516). Elle fut prise par Bonaparte en 1799. Sous administration égyptienne à partir de 1948, Gaza accueillit des centaines de milliers de réfugiés palestiniens. Gaza fut occupée par les troupes israéliennes en nov. 1956. Israël dut l'évacuer en mars 1957, et des forces internationales de l'ONU s'installèrent sur la bande de Gaza. À la demande de Nasser, celles-ci se retirèrent en mai 1967. Leur départ contribua au déclenchement de la guerre israélo-arabe dite des Six-Jours, en juin 1967. La bande de Gaza passa alors sous le contrôle d'Israël, qui y fonda de nombreuses colonies. Peuplé pour plus des trois quarts de réfugiés palestiniens pauvres vivant dans des camps, ce territoire fut secoué à partir de déc. 1987 par l'Intifada (v.) et la dure répression qu'elle provoqua. Outre les Frères musulmans, d'autres organisations islamistes, comme le Hamas et le Jihad islamique se sont installés fortement dans la région, recourant à la violence dans le but de faire échouer le processus de paix israélo-palestinien entamé en sept. 1993. L'accord israélo-palestinien d'Oslo, en 1993, puis celui du Caire, en mai 1994, ont doté Gaza d'un statut d'autonomie qui ne concerne cependant que 60 % de la bande de Gaza, le reste étant occupé par 5 000 colons israéliens. Yasser Arafat (v.) y a établi son quartier général. Ces accords ont été complétés par la réouverture de l'aéroport et par l'instauration d'un passage vers la Cisjordanie, nécessaires à ce territoire enclavé. Les troubles de la fin de l'année 2000 ont abouti au blocus du territoire et au bombardement de Gaza, où étaient installés de nombreux services de l'Autorité palestinienne.
Ville côtière située entre Israël et l'Égypte ; territoire de la Palestine (bande de Gaza, 45 km du nord au sud, 7 à 12 km de large). La bande de Gaza comptait 390 000 hab. en 1967, 570 000 en 1987, 900 000 en 1994, 1,3 million en 2002 (3 400 hab./km2). Ville ancienne, d'abord cananéenne puis devenue une des cinq grandes villes des Philistins (XIIe s. av. J.-C.), elle avait été le lieu des exploits de Samson devenu aveugle, qui y renversa le temple du dieu Dagan, qui s'écroula sur lui et sur ses ennemis. Prise par Alexandre après un siège de deux mois, Gaza fut détruite pendant les guerres civiles de la Judée et rebâtie par Gabinius. Les Arabes s'en emparèrent en 632. La ville eut une grande importance stratégique pendant les croisades (1239 et 1244) et dans les combats entre les mamelouks et les Turcs (1516). Elle fut prise par Bonaparte en 1799. Sous administration égyptienne à partir de 1948, Gaza accueillit des centaines de milliers de réfugiés palestiniens. Gaza fut occupée par les troupes israéliennes en nov. 1956. Israël dut l'évacuer en mars 1957, et des forces internationales de l'ONU s'installèrent sur la bande de Gaza. À la demande de Nasser, celles-ci se retirèrent en mai 1967. Leur départ contribua au déclenchement de la guerre israélo-arabe dite des Six-Jours, en juin 1967. La bande de Gaza passa alors sous le contrôle d'Israël, qui y fonda de nombreuses colonies. Peuplé pour plus des trois quarts de réfugiés palestiniens pauvres vivant dans des camps, ce territoire fut secoué à partir de déc. 1987 par l'Intifada (v.) et la dure répression qu'elle provoqua. Outre les Frères musulmans, d'autres organisations islamistes, comme le Hamas et le Jihad islamique se sont installés fortement dans la région, recourant à la violence dans le but de faire échouer le processus de paix israélo-palestinien entamé en sept. 1993. L'accord israélo-palestinien d'Oslo, en 1993, puis celui du Caire, en mai 1994, ont doté Gaza d'un statut d'autonomie qui ne concerne cependant que 60 % de la bande de Gaza, le reste étant occupé par 5 000 colons israéliens. Yasser Arafat (v.) y a établi son quartier général. Ces accords ont été complétés par la réouverture de l'aéroport et par l'instauration d'un passage vers la Cisjordanie, nécessaires à ce territoire enclavé. Les troubles de la fin de l'année 2000 ont abouti au blocus du territoire et au bombardement de Gaza, où étaient installés de nombreux services de l'Autorité palestinienne.