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Gaule

Gaule (Gallia) 1. Gaule Cisalpine. Tel est le nom qu'avant 42 av. J.-C. les Romains donnèrent à la région du nord de l'Italie qui s'étend entre les Apennins et les Alpes, indiquant « Gaule de ce côté» (c.-à.-d. au sud) ou «Gaule au-delà» (c.-à.-d. au nord des Alpes). Les Romains donnèrent le nom de Gaulois aux envahisseurs celtiques (voir celtes) qui, peut-être originaires du Danube supérieur, se déplacèrent à travers l'Europe en direction de l'ouest, aux viiie et viie siècles av. J.-C. et passèrent dans l'Italie du Nord vers 400 av. J.-C. Bien que les Vénètes, qui vivaient dans le nord-est de l'Italie, leur eussent résisté victorieusement, leurs bandes de maraudeurs terrorisaient généralement le pays, et prirent même Rome en 390 av. J.-C. Ils constituaient une menace constante pour la sécurité de l'Italie, et au cours de la fin du IIIe siècle av. J.-C., après une incursion particulièrement dangereuse d'une coalition de quatre tribus gauloises, Rome décida de mettre un terme au danger en annexant la Gaule Cisalpine. Cela fut en grande partie réalisé par les campagnes de 224-222, mais, en raison de l'invasion d'Hanni-bal en 218, la région fut en grande partie reperdue. Elle fut reprise dans les années 190, et aux environs de 150 il restait peu de Gaulois en Gaule Cisalpine. Le nom de Gallia Togata fut souvent utilisé pour désigner cette région une fois que les Romains s'y furent installés, pour indiquer la supériorité numérique des togati (« ceux qui portaient la toge», c.-à.-d. les Romains) sur la population gauloise. Les habitants du nord du fleuve Padus (le Pô) furent quelquefois appelés Transpa-dani. Sylla fit de la Gaule Cisalpine une province romaine à l'occasion du peuplement auquel il se livra en 82 av. J.-C., avec le fleuve Rubicon comme frontière méridionale. En 42 av. J.-C., la province fut englobée dans l'Italie. Sous Auguste, les tribus des piémonts alpins furent réduites, et les Âlpes devinrent la frontière de l'Italie. 2. La Gaule Transalpine. C'est la région que l'on dénomme communément « Gaule » en un seul mot, c'est-à-dire la France moderne. Elle était occupée par une population à prédominance celtique qui avait effectué sa progression à partir du Danube supérieur (voir 1, supra), et s'était surimposée à une race d'habitants plus anciens connus généralement sous le nom de Ligures. C'est grâce à la fondation de la colonie grecque de Massi-lia (Marseille), aux environs de 600 av. J.-C., que la Gaule eut son premier contact avec la civilisation méditerranéenne. Cette cité devait devenir un vecteur d'expansion important de l'hellénisme dans l'intérieur des terres et le long de la côte. L'intérêt initial de Rome pour la Gaule Transalpine naquit du besoin d'assurer les communications avec son alliée commerciale Sagonte (Sagunto) en Espagne. Les communications se faisaient généralement en toute sécurité par Massilia, mais quand, au IIe siècle av. J.-C., la cité fut menacée par les envahisseurs ligures et ensuite par les tribus celtes des Allobroges et des Arvemes, les Romains eux-mêmes entrèrent dans la bataille, et finalement les battirent. Ces campagnes assurèrent à Rome la possession du territoire gaulois entre les Alpes et le Rhône jusqu'à Genève dans le nord; en 121, ce territoire fut transformé en province, qui fut d'abord appelée simplement Provincia (la Provence moderne). Par la suite, son territoire fut étendu vers l'ouest lors de l'établissement en 118 de la colonie romaine de Narbo (Narbonne) et la province fut ensuite appelée Gallia Narbonensis; ainsi, les Romains commandaient la route qui menait en Espagne en traversant les Pyrénées orientales. Narbonne devint une rivale commerciale de la Massilia grecque, qui demeura nominalement indépendante. La menace suivante provint d'incursions d'hommes du Nord, les Cimbres et les Teutons, qui, à la fin du IIe siècle av. J.-C., dévastèrent terriblement la Gaule. Ils furent finalement écrasés par Marius en 101, après quoi il n'y eut plus de grands déplacements de peuples jusqu'en 58. Cette année, Jules César, après l'expiration de son consulat en 59, obtint la Gaule Cisal-phine et la Narbonnaise comme province, à une époque où la Gaule Transalpine avait déjà souffert d'une invasion de peuples germaniques sous Arioviste, et où une invasion des Helvètes menaçait. Pour les événements des quelques années qui suivirent. En 51, César avait finalement soumis l'ensemble de la Gaule Transalpine, un pays deux fois grand comme l'Italie et lui avait donné le statut de province. Il divisa le pays en trois parties (en excluant la Gaule Narbonnaise, quatrième partie) à savoir l'Aquitaine, la Celtique et la Belge. Le règlement ultime concernant la Gaule fut l'œuvre d'Auguste : entre 27 et 13 av. J.-C., la Gaule Narbonnaise devint une province sénatoriale ; les trois autres parties, souvent dénommées collectivement Gallia Comata («aux cheveux longs»), devint une province impériale qui fut finalement à nouveau divisée en trois, les divisions tranchant délibérément les frontières ethniques. La Gaule celtique disparut, et la division connue sous le nom de Lugdunum vit le jour, du nom de la nouvelle colonie de Lugdunum (Lyon). Avant même que les Romains ne pénètrent dans leur territoire, les Gaulois avaient atteint un stade de civilisation assez développé. Une partie considérable des terres était déjà cultivée; on faisait pousser de la vigne, on élevait du bétail et des porcs, on élevait des chevaux dans des pâturages abondants afin d'alimenter la redoutable cavalerie gauloise. Le pays était très peuplé et il semble que les communications aient été faciles, incluant nombre de bonnes routes et de ponts solides. Le réseau des fleuves facilitait le commerce, notamment avec la Grande-Bretagne d'où on importait de l'étain. Les Gaulois étaient des métallurgistes confirmés et avaient leurs propres mines de fer. Ils possédaient une industrie de poterie florissante, et certaines tribus frappaient monnaie. Avant la conquête romaine, la Gaule était constituée de nombreux États indépendants, les plus puissants ne cessant de lutter pour la suprématie. Il n'y en avait pas moins une certaine tendance à l'unité nationale grâce à la prédominance de certaines tribus telles que celle des Arvernes, et grâce aux druides qui faisaient fonction d'arbitres. Le gouvernement était aristocratique, les chefs à la fois politiques et militaires, appartenant à la noblesse ; les druides formaient une corporation sacerdotale puissante qui possédait des droits juridiques étendus. Leur nationalisme fanatique amena leur suppression par l'empereur Claude. La romanisation fût très rapide ; de longs contacts avec les Grecs de Mas-silia peuvent y avoir contribué. On bâtit de nouvelles villes à la place des forts bâtis sur les collines, et on construisit des bâtiments publics et des routes ; les Gaulois ne mirent pas longtemps à se rendre compte de ces avantages. Les idées romaines et (plus tard) le culte impérial furent également introduits, et un gouvernement provincial fut installé à Narbonne. A partir du IIe siècle de notre ère, le christianisme commença à gagner du terrain et, au IVe siècle il était fortement implanté. La langue de l'Église étant le latin, le christianisme amena l'extinction de la langue gauloise. Vers la fin de l'Empire romain, la Gaule produisit plusieurs écrivains latins intéressants, parmi lesquels Ausone, Paulin et Nola, et Sidoine Apollinaire. L'Empire romain de Gaule arriva à son terme au Ve siècle lorsque ses garnisons se retirèrent et que se développèrent en royaumes séparés ces implantations effectuées par les envahisseurs barbares des ive et ve siècles.



GAULE. Nom donné par les Romains à deux régions occupées par les Celtes: la Gaule cisalpine (Italie du Nord) et la Gaule transalpine ou Gaule proprement dite qui comprenait non seulement la France actuelle mais aussi la Belgique, la Suisse et les régions de la rive gauche du Rhin. Dès le IIe millénaire av. J.-C., la Gaule fut envahie en plusieurs étapes par les Celtes qui imposèrent leur domination et leur civilisation aux peuples installés avant eux comme les Ibères en Aquitaine et les Ligures sur la côte méditerranéenne. L'état de la Gaule transalpine (ou Gaule chevelue) nous est connu par les Commentaires de Jules César. Occupée par une population de quelques millions d'habitants, elle était divisée en une centaine de peuples rivaux, souvent en guerre les uns contre les autres. Les plus importants étaient les Éduens et les Arvernes, regroupés en tribus. Après la disparition de la royauté, les cités (oppidum) furent dominées par une aristocratie de grands propriétaires terriens, chefs politiques et militaires. Chaque année, ces grands élisaient un chef (appelé parfois « vergobret ») qui partageait le pouvoir avec les prêtres ou druides. Bien que la Gaule fût recouverte aux trois quarts par des forêts et des marais, l'agriculture y semblait prospère (invention de la charrue à roue, d'une moissonneuse, du tonneau). Les Gaulois produisaient des céréales (l'orge servant à la fabrication d'une bière, la cervoise) et étaient réputés pour la qualité de leurs porcs et de leurs salaisons. Les artisans étaient connus pour le travail du métal mais aussi pour leurs draps et leurs poteries. Le commerce enfin était très actif grâce aux nombreuses voies d'eau mais aussi à un réseau routier bien tracé. Ce pays riche devait attirer la convoitise des Romains. Après avoir occupé le sud du pays au IIe siècle av. J.-C., la Gaule sera entièrement conquise par César (58-51 av. J.-C.). Voir Gaule en braies, Gaulois, Provence. GAULE CELTIQUE. Nom donné par les Romains jusqu'au règne d'Auguste aux régions de Gaule situées entre la Seine, la Garonne et le Rhin inférieur. Après la réorganisation provinciale de 27 av. J.-C., la Gaule celtique prit le nom de Gaule lyonnaise, avec pour capitale Lugdunum (Lyon) fondée en 43 av. J.-C. par les Ro mains. Voir Gaule chevelue, Gaule cisalpine, Gaule en braies, Gaule transalpine. GAULE CHEVELUE. Nom donné par les Romains à la Gaule transalpine (moins la Provence ou Narbonnaise dominée par Rome au IIe siècle av. J.-C.) avant la conquête de César (58-51 av. J.-C.). Les Romains divisaient la Gaule chevelue (à cause des longs cheveux des guerriers gaulois) ou Gaule libre en trois parties : la Gaule Belgique (au nord, entre le Rhin et la Seine), la Gaule celtique (au centre, entre la Seine, la Garonne et le Rhin inférieur) et l'Aquitaine (au sud-ouest). GAULE CISALPINE. Nom donné par les Romains à la région du nord de l'Italie comprise entre les Alpes, le Rubicon et l'Amo. Envahie vers 400 av. J.-C. par les Celtes, elle fut conquise par les Romains au IIIe siècle av. J.-C. Organisée en province, elle ne fut réunie à l'Italie qu'en 42 av. J.-C. GAULE EN BRAIES. Nom donné par les Romains du Ier siècle av. J.-C. à la « Pro-vincia » (plus tard Narbonnaise puis Provence) conquise par Rome au IIe siècle av. J.-C. Ce nom lui fut donné à cause des braies (sorte de pantalon ample) que portaient les habitants. GAULE ROMAINE. Nom donné à la Gaule dominée par les Romains entre le Ier av. J.-C. et le ive siècle ap. J.-C. Cette domination lui apporta une longue période de paix et de prospérité. Rome intervint pour la première fois en Gaule en 125 av. J.-C. à l'appel de Marseille (Massalia) menacée par les Ligures et les Gaulois. Elle conquit alors toute la région méditerranéenne, le couloir du Rhône et le Languedoc, créant la Provincia (la future Provence). Elle se posa ensuite en protectrice des Gaulois. Marius repoussa une invasion de Cimbres et de Teutons (Germains) qui avaient envahi la Provincia (109-101 av. J.-C.). Jules César, à l'appel des Gaulois menacés par les Helvètes, intervint à son tour. Mais, installant ses légions un peu partout en Gaule, il entreprit la guerre des Gaules qui aboutit, après le soulèvement de Vercingétorix, à la conquête définitive du pays. En 27 av. J.-C., l'empereur Auguste organisa la Gaule en quatre provinces : la Narbon-naise qui devint province sénatoriale dès 22 av. J.-C., l'Aquitaine, la Lyonnaise et la Belgique, provinces impériales qui furent gouvernées par des légats. Les Gaulois perdirent bientôt toute nostalgie de leur indépendance et profitèrent largement de la pax romana, la paix romaine. Les révoltes furent rares et les légions, cantonnées sur le limes rhénan. L'artisanat, l'agriculture et le commerce prospérèrent et enrichirent le pays. Des apports et des influences réciproques rapprochèrent Rome et la Gaule, donnant naissance à la civilisation gallo-romaine. De grandes villes furent créées comme Lyon, Autun, Clermont, Troyes et Trêves. Les Romains imposèrent leur langue (le latin), construisirent des routes pavées (voies romaines), des aqueducs (pont du Gard), des amphithéâtres ou arènes (Nîmes, Arles, Lutèce), des théâtres (Orange), des temples (Maison carrée de Nîmes) et des thermes (Lutèce). Les Gaulois les plus puissants entrèrent progressivement au Sénat de Rome après l'intervention de l'empereur Claude (discours de Lyon). Enfin, la Gaule, tout en conservant ses particularismes religieux, adopta les dieux romains puis se convertit au christianisme à partir du IIe siècle ap. J.-C. Au Ve siècle, des royaumes barbares se formèrent dans le pays après la chute de l'Empire romain d'Occident. Mais l'empreinte de Rome (ou romanisation) resta profonde, surtout dans le Sud. GAULE TRANSALPINE. Nom donné par les Romains à la Gaule située par rapport à eux au-delà des Alpes. Voir Gaule romaine. GAULES (Guerre des). Nom donné à la conquête de la Gaule par les Romains di rigés par Jules César de 58 à 51 av. J.-C. Nommé proconsul de la Gaule cisalpine (Italie du Nord) et de la « Provincia » (la Narbonnaise), César, voulant acquérir une gloire militaire supérieure à celle de son rival, Pompée, décida d'entreprendre la conquête de la Gaule. Appelé par les Eduens, alliés de Rome et menacés par les Helvètes, César intervint et obligea les Helvètes à regagner leur pays (58 av. J.-C.). Puis, établissant ses légions en Gaule, il conquit peu à peu le pays, soumettant les Belges, les Vénètes d'Armorique, l'Aquitaine, franchissant même le Rhin et la Manche. Attaqué par les Éburons, établis en Gaule Belgique, il invita tous les peuples de la Gaule et les Germains à mettre au pillage leur pays. Croyant s'être ainsi assuré la complicité des Gaulois et avoir pacifié le pays, César rentra en Italie ; mais pendant son absence, Vercingétorix organisa en 52 av. J.-C. un soulèvement général de la Gaule. D'abord vainqueur à Gergovie, il fut assiégé puis vaincu à Alésia. En 51 av. J.-C., la Gaule était définitivement soumise.

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