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Fujiwara-no-Kamatari (614-669); homme d'Etat japonais.

Fujiwara-no-Kamatari (614-669); homme d'Etat japonais. Nakatomi est le nom de famille de F., le fondateur de la célèbre lignée des Fujiwara, l'une des rares familles, outre la maison impériale, à oser prétendre être d'origine divine, et qui devait fournir en abondance au Japon hauts fonctionnaires, généraux, lettrés et impératrices. La divinité dont il s'agit est celle qui récite des chants sacrés devant la caverne de la déesse du Soleil, la mère fondatrice de la famille impériale. Le clan des Fujiwara s'oppose à l'introduction du bouddhisme, bien que celui-ci, de même que le confucianisme, en influençant le shintoïsme indigène, ait beaucoup contribué à l'évolution de ce dernier qui, de simple religion de la nature, se transforme en culte officiel. En 645, F. s'allie au prince Naka-no-oe-no-oji (626-671, empereur sous le nom de Tenchi à partir de 668), et provoque la chute du clan des Soga, partisan du bouddhisme. En récompense, F. accède à des charges honorifiques importantes et obtient le droit de porter son nouveau nom de famille, Fujiwara. À la même époque, en Chine, culmine la civilisation de la dynastie T'ang. F. est un grand admirateur de cette civilisation, qu'il cherche à implanter au Japon, ce qui ouvre le grand mouvement de réforme dit de l'ère Taika (645-649). On importe de Chine les pratiques administratives et juridiques, mais de manière extrêmement superficielle, sans tenir compte des besoins du Japon. Par voie de conséquence, des révisions sont bientôt nécessaires, qui entraînent finalement l'effondrement de tout le nouveau système. Alors que F. détient le pouvoir, et bien que sa famille ait toujours été hostile au bouddhisme, cette religion étrangère devient une composante solide de la vie nationale, surtout depuis que le prince Shôtoku Taishi est associé au pouvoir impérial. La sculpture et l'architecture, qui puisent leur inspiration dans le bouddhisme, produisent alors des œuvres de la maturité, qui prennent rang parmi ce que le Japon a jamais créé de plus beau. En réaction contre l'influence extraordinairement forte du bouddhisme, les classes dominantes, à partir du VIIe siècle, tendent de plus en plus à revenir à la religion indigène, le shintoïsme. Mais les temples bouddhistes eux-mêmes profitent du nouveau système de classes fondé par Shôtoku. La cour confie de hautes charges et de grands domaines exempts d'impôts aux princes chefs de clans, pour les récompenser de leur fidélité et des services rendus ; c'est ce qui explique que l'influence des seigneurs locaux ne fait que croître. Ce système féodal atteint son point extrême à la période suivante, celle du shogounat de Kamakura, fondé par Mina-moto-no-Yoritomo.

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