FUGGER
Famille de banquiers allemands, issue du tisserand Hans Fugger, de Graben, près d'Augsbourg. Son fils, nommé également Hans Fugger ( 1409), obtint en 1370 le titre de citoyen d'Augsbourg ; il se consacra au commerce de la toile et fut à l'origine de la richesse de la famille. À la fin du XVe s., les Fugger rendirent des services tels aux souverains de la maison de Habsbourg, en particulier à Maximilien et à Charles Quint qu'ils obtinrent de ces souverains des titres de noblesse et s'allièrent aux meilleures maisons d'Allemagne. On distingue deux branches de cette famille : a) les Fugger du Daim. Cette branche fut fondée par le fils aîné de Hans Fugger, Andreas Fugger (* 1388, 1457), qui obtint en 1452 de Frédéric III le droit de prendre des armoiries (avec un daim d'or sur un champ d'azur) ; cette branche s'éteignit en 1583, après avoir fondé des établissements prospères à Anvers et à Venise ; b) les Fugger du Lis eurent pour fondateur le second fils de Hans, Jakob Ier Fugger (* 1469) dont les trois fils, Ulrich (* 1441, 1510), Georg (* 1453, 1506) et surtout Jakob II le Riche (* 1459, 1525), établirent leur fortune en faisant du commerce avec le Levant et en créant des entreprises minières dans le Tyrol et en Carinthie. En 1473, ils obtinrent à leur tour le droit de prendre des armoiries (deux lis dans un blason). Jakob II fut le financier des empereurs Maximilien et Charles Quint. En 1507, il prêta à Maximilien une somme de 70 000 florins et l'empereur lui remit en gage le comté de Kirchberg ainsi que les seigneuries de Weissenhorn et de Marstetten. En 1519, Fugger assura l'élection impériale de Charles Quint en prêtant à ce dernier 544 000 florins. À la mort de Jakob II, les entreprises des Fugger s'étendaient sur toute l'Europe centrale et occidentale, de la Méditerranée à la Baltique, de Cracovie à Anvers et à Lisbonne. Jakob II se consacrait aussi à des oeuvres philanthropiques : il fit construire à Augsbourg une cinquantaine de maisons pour des artisans pauvres. Après Jakob II, ce fut son neveu, Anton Fugger (* 1493, 1560), qui prit la direction des affaires familiales. Il facilita financièrement l'élection de Ferdinand Ier comme roi des Romains (1531), reçut le droit de battre monnaie (1534) et alimenta avec sa fortune la lutte contre les protestants. Mais ce soutien apporté aux Habsbourg causa la ruine des Fugger et après la mort d'Anton, la famille ne fit que décliner.
Fugger, Jacob II, dit « le Riche » (Augsbourg 1459 -id. 1525); un des premiers représentants du capitalisme allemand.
F. « le Riche » appartient à cette famille de négociants d’Augsbourg, à l’origine de simples paysans et tisserands, qui devient le plus important consortium de banques et d’entreprises du capitalisme à ses débuts. Lui-même ainsi que son neveu Anton (1493-1560) portent à un très haut niveau la richesse et le statut de cette famille bourgeoise (1470 : attribution d’armoiries, 1504 : anoblissement de Jacob II), et lui permettent d’exercer une influence politique et économique qui surpasse celle des Médicis. C’est à partir des profits du commerce de la laine, de la soie, de la futaine et des épices que les Fugger amassent leur fortune. Leur position dominante dans le commerce des métaux leur assure définitivement la première place sur le marché européen : pendant un certain temps, la presque totalité des mines de cuivre en Europe est aux mains des Fugger ; la production du plomb, de l’argent et du mercure provient de mines d’Allemagne, d’Autriche, de Carinthie, du Tyrol, de Slovaquie et d’Espagne qui appartiennent aux Fugger ou sont gérées par eux. Leurs concessions commerciales s’étendront plus tard jusque dans le Nouveau Monde nouvellement découvert, au Chili et au Pérou. En installant des succursales et des factoreries à Dantzig, Novgorod, Malmö, Anvers, Londres, Madrid, Lisbonne, Rome, etc., les Fugger ont créé dans toute l’Europe un réseau dense d’établissements commerciaux qui entretiennent des liens étroits avec la maison mère d’Augsbourg. Grâce à leur richesse, les Fugger deviennent les banquiers des Habsbourg et des papes. Ils financent des guerres contre l’Italie, la France et les Turcs, et prêtent des sommes importantes à divers souverains. Des élections impériales et royales sont financées par l’argent des Fugger - l’élection impériale de Charles Quint en 1519 en est l’exemple le plus célèbre. L’entreprise familiale des Fugger connaît l’apogée de sa prospérité au cours des quinze années qui s’étendent de 1510 à 1525, sous Jacob « le Riche ». D’abord clerc, celui-ci termine son apprentissage du commerce à Venise, et devient à partir de 1511 le seul chef de la firme. Les Fugger se sont signalés également dans le domaine culturel par leurs bibliothèques, par les splendides bâtiments qu’ils ont édifiés à Augsbourg et dans les environs, et par le soutien qu’ils ont apporté aux sciences. La Fuggerei d’Augsbourg est une institution sociale fondée par les Fugger, destinée à recevoir des indigents.
La puissance des Fugger décline vers la fin du XVIe siècle lorsque les faillites répétées de leurs débiteurs, notamment des Habsbourg d’Espagne, jointes à des rivalités familiales, un gaspillage débridé et le manque d’intérêt des responsables amènent à plusieurs reprises l’entreprise au bord de la ruine. Bibliographie : R. Ehrenberg, Le Siècle des Fugger, tr. all., 1955 ; P. Jeannin, Les Marchands au XVIe siècle, 1967.
FUGGER. Célèbre famille de riches marchands et de banquiers d'Augsbourg, en Allemagne. Elle établit solidement sa fortune à la fin du XVe siècle par le commerce des épices, des soies et des draps mais aussi en exploitant les mines de cuivre et d'argent d'Allemagne du Sud et de Hongrie. Les Fugger prêtèrent des sommes considérables aux Habsbourg et notamment à Charles Quint et Philippe II. Leur fortune déclina à partir de la seconde moitié du XVIe siècle.