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FRONDE

Nom donné aux troubles civils qui eurent lieu en France de 1648 à 1653. La noblesse et le parlement, mécontents du renforcement du pouvoir royal obtenu par la politique centralisatrice de Richelieu, crurent pouvoir profiter de la minorité de Louis XIV (né en 1638) pour reconquérir leurs anciennes prérogatives. Ils exploitèrent l'impopularité de Mazarin et l'irritation suscitée dans le peuple par la crise des subsistances et par diverses mesures financières (réduction des rentes, augmentation de l'octroi...). Les parlementaires, menacés dans leurs intérêts par l'édit d'avr. 1648 qui suspendait pour quatre ans le traitement des membres des cours souveraines, refusèrent d'enregistrer cet édit et, sous l'inspiration du conseiller Broussel et de Paul de Gondi, futur cardinal de Retz et coadjuteur de l'archevêque de Paris, rendirent l'arrêt d'Union (13 mai 1648) ; par cet arrêt, le parlement s'engageait à se réunir au Grand Conseil, à la Cour des comptes et à la Cour des aides pour délibérer sur les affaires de l'État. Le parlement s'érigeait ainsi en corps politique. Après avoir temporisé, Mazarin fit déclarer cet arrêt attentatoire aux droits du roi et, devant la résistance des parlementaires, ordonna l'arrestation du président de Blancménil et du conseiller Broussel. Mais les Parisiens se soulevèrent (journée des Barricades, 26 août 1648) et forcèrent la régente Anne d'Autriche à relâcher les prisonniers. La Fronde parlementaire commençait. La cour se retira à Saint-Germain-en-Laye (5 janv. 1649) et fit assiéger Paris par l'armée de Condé. Les parlementaires frondeurs, inquiets eux-mêmes de l'agitation populaire, s'empressèrent d'accepter la paix de Rueil (1er avr. 1649) qui leur accordait l'amnistie et assurait le cardinalat à Gondi. À la Fronde parlementaire succéda bientôt la Fronde des princes, beaucoup plus grave. Mécontent du maintien au pouvoir de Mazarin, Condé abandonna la cour et noua des intrigues avec son frère, le prince de Conti, avec le cardinal de Retz, Turenne, les ducs de Beaufort, de La Rochefoucauld et le duc et la duchesse de Longueville. Arrêté avec Conti et Longueville (18 janv. 1650), Condé fut enfermé au château de Vincennes. Gaston d'Orléans, oncle de Louis XIV, éternel conspirateur, se mit alors à la tête des agitateurs. L'anarchie gagna les provinces. Anne d'Autriche dut rendre la liberté aux princes et fit semblant de sacrifier Mazarin qui se retira momentanément en Rhénanie (févr. 1651). Mais un désaccord étant survenu entre les deux chefs de la révolte, Condé et Gondi, la reine en profita pour commencer à rétablir son autorité et rappela Mazarin. Condé s'allia alors secrètement avec les Espagnols et souleva la Guyenne et le Poitou, tandis que Turenne, rentrant dans le rang d'où il était sorti par passion pour Mme de Longueville, se ralliait à la royauté. Condé marcha sur Paris mais dut livrer aux troupes de la cour, commandées par Turenne, un violent combat qui resta indécis, au faubourg Saint-Antoine (2 juill. 1652). Grâce à l'intervention de la Grande Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans qui fit tirer le canon de la Bastille sur les troupes royales, Condé put entrer dans Paris ; mais sa tyrannie lassa rapidement les bourgeois, qui le chassèrent. Condé se réfugia alors dans les Pays-Bas espagnols et une nouvelle retraite de Mazarin, à Liège, permit à la reine de se rapprocher plus aisément du cardinal de Retz. Dès le 21 oct. 1652, Anne d'Autriche put entrer à Paris avec le jeune Louis XIV. À peine au pouvoir, elle fit arrêter le coadjuteur et rappela Mazarin qui revint en févr. 1653. 00020000014100000DFD 13B,Ce retour marquait la fin de la Fronde, confirmée par l'entrée des troupes royales à Bordeaux (août 1653). Mazarin fit condamner à mort par le parlement le prince de Condé (qui ne rentra en grâce qu'en 1659) et Gaston d'Orléans fut exilé à Blois. De cette grave crise, l'autorité royale sortit finalement renforcée.

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