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FREUD (Sigmund)

FREUD (Sigmund). Médecin psychiatre autrichien (1856-1939), il s’installa à Vienne en 1886. Ses premiers travaux, menés avec Breuer, portaient sur l’hystérie : il utilisait alors l’hypnose ; sous une forme masquée, ce type de rapport malade-médecin ne disparaîtra jamais chez lui, malgré un abandon apparent. Grâce aux associations « librement » exprimées par le malade, il analyse les productions de l’inconscient (rêves, actes manqués, névroses, etc.). Son premier grand ouvrage, la Traumdeutung (Interprétation des rêves), paru en 1900, est une auto-analy

se, et un exposé de sa théorie. Parmi ses publications, les plus importantes pour le philosophe sont Trois essais sur la théorie de la sexualité (1905), Totem et tabou (1913), Malaise dans la civilisation (1930), Moïse et le monothéisme (1939). Il donna son autobiographie sous le titre Ma vie et la psychanalyse (1925). Le système de Freud est à la frontière de la psychologie (interprétative) et de la philosophie (subjectiviste). Ce système connut d’ailleurs des formes successives ; après sa mort, les psychanalystes, qui continuent rituellement à se réclamer de lui, se sont éparpillés dans une grande quantité d’écoles thérapeutiques rivales, auxquelles correspondent des idéologies peu compatibles entre elles.

Freud

(Sigmund, 1856-1939.) Fondateur de la psychanalyse. Après des études secondaires orientées vers la philosophie, les lettres et les arts, il mène des études de médecine et se spécialise en neurologie. En 1883, il entre dans le service du psychiatre Meynert et y poursuit des recherches sur la cocaïne, dont il pressent les effets anesthésiants. En 1885, il effectue un stage à Paris, à l'hôpital de la Salpêtrière, où il assiste au traitement des hystériques par l'hypnose (sommeil provoqué au cours duquel le sujet montre une suggestibilité très prononcée) tel que le pratique Charcot. Par sa façon d'influencer les couches non conscientes du psychisme de ses malades, le neurologue français mit Freud sur la voie de la découverte de l’inconscient. Freud ouvre l'année suivante un cabinet à Vienne et y applique à son tour l'hypnose, qu’il remplace rapidement par d'autres méthodes (questions, puis libres associations) aidant à la découverte des traumatismes anciens qui déterminent les névroses. C'est ainsi, en s'inspirant de ce que lui révèle sa pratique psychothérapeutique - mais aussi avec l'aide de la correspondance qu'il entretient de 1887 à 1904 avec Wilhelm Fliess et qui lui tient lieu d'auto-analyse -, qu'il élabore progressivement sa théorie de l'inconscient* et les principales notions (censure, refoulement, libido, travail du rêve, etc.) qui vont constituer la psychanalyse.

♦ Les fondements de la nouvelle discipline sont assurés dès La Science des rêves (1899), où Freud affirme notamment la réalité du complexe d'Œdipe et la tripartition du psychisme. Malgré les scandales qu'il provoque (particulièrement par la révélation de la sexualité infantile) et l'incompréhension à laquelle il lui arrive de se heurter (c'est le cas en France, où les premiers vulgarisateurs de son œuvre lui reprochent sa « lourdeur toute germanique »), il poursuit obstinément ses recherches, qu'il considère comme constituant, après celles de Galilée et de Darwin, la troisième révolution majeure dans l'idée que l'homme se fait de lui-même et de sa situation dans le monde. Assez vite, Freud trouve malgré tout ses premiers disciples (Abraham, Jung, Ferenczi...) et il fonde en 1910 la Société Internationale de Psychanalyse. En 1923, on diagnostique qu'il souffre d'un cancer à la mâchoire. En 1938, fuyant l'Autriche après l'Anschluss (il est d'origine juive), il s'exile à Londres où il meurt l'année suivante.

♦ Les textes qu'il a publiés à partir des Études sur l'hystérie (1895, corédigées avec Breuer qui, un peu effrayé par la teneur de la théorie analytique, l’abandonnera assez vite) sont inlassablement enrichis par le contact permanent avec ses patients (1904 : Psychopathologie de la vie quotidienne ; 1905, Trois essais sur la théorie de la sexualité). Le Mot d’esprit dans ses rapports avec l’inconscient (1905) marque une étape importante dans le développement de la psychanalyse, inaugurant les travaux qui vont en élargir l’application à la littérature et à l’art (1907 : Délire et rêves dans la Gradiva de Jensen ; 1910 : Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci), puis à la culture dans son ensemble (1913 : Totem et tabou, où Freud énonce l'hypothèse d'un « meurtre primitif » comme fondateur de toute civilisation).

♦ Freud n’hésite pas, au cours de toute sa carrière à réarticuler ses théories, élaborant ainsi deux topiques successives (la première établit les fonctions respectives des systèmes inconscient, préconscient, conscient ; la seconde expose à partir de 1920 les principes du ça, du moi et du sur-moi), distinguant principe de plaisir et principe de réalité, et éprouvant finalement la psychanalyse et sa validité à la question de la religion (1927 : L'Avenir d'une illusion), de l’avenir de la culture (1930 : Malaise dans la civilisation), ou la confrontant à la Bible elle-même (1934 : Moïse et le monothéisme). ♦ Indépendamment de la question de la scientificité de la psychanalyse, et bien que l’horizon biologique et déterministe dans lequel il inscrit sa description du psychisme puisse sembler « daté » (ce qui justifie la transposition qu’en tente par exemple Lacan dans un autre vocabulaire), Freud a apporté à la pensée moderne des suggestions aux répercussions considérables : à partir de ce qu'il affirme, c’est toute la conception de l’être humain comme sujet autonome et centre d'autocontrôle qui s'écroule. Mais il montre aussi que la frontière entre normal et pathologique n'a rien de très sûr, ou que les acquis culturels de l'humanité pourraient bien n'être rien de plus qu'un gigantesque trompe-l'œil destiné à masquer une fondamentale méconnaissance de l'inconscient lui-même. Questions qui, par-delà les milieux strictement psychanalytiques, concernent la philosophie elle-même.

♦ Psychopathologie de la vie quotidienne (1904). Le sous-titre précise qu'il s'agit dans cet ouvrage de l'application de la psychanalyse à l'interprétation des actes de la vie courante - ce qui, au-delà des analyses et preuves qu'y déploie Freud, confirme la validité de ses théories lorsqu'il s'agit de rendre compte de la vie psychique la plus banale, et non uniquement de celle des « malades ». Délaissant aussi bien l'étude des névroses que l’activité onirique, Freud entreprend le recensement des phénomènes très ordinaires qui ne sont que de minimes incidents - si peu importants qu'ils paraissent en général ne présenter ni signification ni intérêt : petits oublis, erreurs dérisoires, lapsus, actes manqués, etc. Il démontre qu'en fait, à travers ces miniévénements de l'existence de quiconque, c'est bien l’inconscient qui, profitant de la moindre occasion qui s'offre à lui, est à l'œuvre et s'exprime. Ainsi lapsus et oublis ne dépendent ni du hasard ni d’une simple « fatigue » ou « inattention » passagère ; au-delà de leur peu d'importance apparente, leur signification est profonde puisque s'y révèlent, exactement comme dans le rêve, des désirs, des obsessions, des fantasmes peu avouables par les voies de la conscience maîtrisée. Ainsi l'oubli - par exemple d'un nom propre - n’est jamais innocent : il traduit des sentiments refoulés ou ambivalents à l'égard de la personne. De même, l'objet « égaré » n'est pas neutre : il est au contraire accompagné de significations que nous ne tenons pas à raviver. La Psychopathologie de la vie quotidienne effectue ainsi un travail du même ordre que celui déjà accompli par Freud sur le rêve : ce dernier, comme le lapsus ou l'acte manqué, passait avant les mises au point de la psychanalyse, pour un phénomène insignifiant. L'herméneutique freudienne agrandit ainsi son domaine aux existences normales : façon de montrer qu'elle concerne bien tout le monde (et Freud recourt à des exemples souvent empruntés à sa propre biographie), manière de redire qu'entre le normal et le pathologique la frontière est décidément fragile - mais aussi que, dans l'existence humaine, tout fait sens à qui se donne les moyens d'une interprétation approfondie.

 

FREUD (Sigmund), neurologue et psychiatre autrichien, fondateur de la psychanalyse (Freiberg [auj. Pribor], Moravie, 1856 - Londres 1939). II subit en France (1885) l'influence de Charcot, dont l'idée fondamentale était que les névroses, en particulier l'hystérie, sont des affections psychiques sans lésion organique. Travaillant à Vienne avec Breuer, de 1895 à 1897, il put constater la guérison d'une hystérique par l'explora tion de son passé mental au moyen du sommeil hypnotique, et par la reprise de conscience de ce qui avait causé, originellement, le choc émotionnel ; ce choc était un événement de sa vie sexuelle. Dès lors, il tenait la base de sa doctrine, lé « freudisme », qui explique presque tous les troubles psychiques à partir de la libido (ou « tendance sexuelle ») primitive, et les principes de sa méthode, la « psychanalyse », qui pense supprimer tous les troubles par la simple analyse de l'inconscient : la prise de conscience apparaît comme une délivrance et une restauration de l'état normal. Selon Freud, la personnalité d'un individu est déterminée par les relations de l'enfant à la mère de sa naissance à trois ans. Mais les troubles que la psychanalyse peut guérir sont, en général, liés à la sexualité de l'adolescence. Les ouvrages de Freud sont toujours très concrets et accessibles à tous. On commencera par l'introduction à la psychanalyse (1916), puis on lira l'ouvrage publié en français sous le titre de Cinq Psychanalyses. Notons, en outre, la Science des rêves (1900), Totem et tabou (1913).




Neurologue et psychiatre autrichien, fondateur de la psychanalyse (1856-1939). • Plus médecin que philosophe, Sigmund Freud a néanmoins mis fin à l’illusion cartésienne d’une conscience transparente à elle-même, en montrant au moi « qu’il n’est seulement pas maître dans sa propre maison ». • Convaincu que la vie psychique est régie, comme la nature, par un strict déterminisme, Freud postule que les maladies mentales n’apparaissent pas sans cause, et que les symptômes dont s’accompagnent ces maladies ont un sens qui échappe aux patients eux-mêmes. • Aussi met-il au point une « psychologie des profondeurs », qui distingue trois instances au sein de l’appareil psychique : le ça (pôle pulsionnel), le surmoi (organe de censure intériorisé) et le moi (médiateur entre le psychisme du sujet et son environnement). Dès lors qu’une pulsion (comme le désir de s’unir au parent du sexe opposé, dans le « complexe d’Œdipe ») entre gravement en conflit avec les exigences du sur-moi, elle est « refoulée » hors de la conscience et ne réapparaît plus que sous la forme de symptômes. • Si certains de ces symptômes, comme la phobie ou l’obsession, sont clairement de nature pathologique, d’autres, en revanche, s’observent chez l’homme dit « normal ». Tel est le cas de l’acte manqué (le lapsus, par exemple) ou du rêve, dont l’interprétation est « la voie royale qui mène à la connaissance de l’inconscient ». • Freud a étendu ses analyses aux domaines culturel et religieux, montrant notamment que l’illusion religieuse s’enracine dans la nostalgie de la figure protectrice et consolatrice du père tout-puissant. Principales œuvres : L’Interprétation des rêves (1900), Psychopathologie de la vie quotidienne (1901), Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), Cinq psychanalyses (1905-1918), Totem et tabou (1913), Introduction à la psychanalyse (1917), L'Avenir d’une illusion (1927), Malaise dans la civilisation (1929), Moïse et le monothéisme (1939).

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