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Frédéric III le Sage (Torgau 1463-château de Lochau, Annaburg, 1525) ; électeur de Saxe [1486-1525].

Frédéric III le Sage (Torgau 1463-château de Lochau, Annaburg, 1525) ; électeur de Saxe [1486-1525]. C'est à sa culture éminente et à sa profonde piété que F. doit son surnom de « Sage ». Il fonde l'université de Wittenberg où Martin Luther obtient une chaire d'Ecriture sainte. Au début, F. ne protège Luther que parce que le réformateur est un de ses sujets, mais il est toutefois lui aussi gagné plus tard aux idées de la Réforme, essentiellement à travers les œuvres de ce dernier. C'est lui qui fournit à Luther le sauf-conduit pour se rendre librement à la diète de Worms, et qui ensuite le met en lieu sûr à la Wartburg pour lui éviter les conséquences de sa mise au ban de l'Empire. Sur son lit de mort, il se fait apporter la communion sous les deux espèces. Sur le plan politique, F. œuvre pour une réforme de l'Empire. En 1519, il refuse la couronne impériale et appuie l'élection de Charles Quint. Frédéric V (Amberg 1596-Mayence 1632) ; prince-électeur du Palatinat [1610-1623] et roi de Bohême [1619-1620], connu sous le nom de « Roi d'un hiver ». Lors de l'avènement de F. (1610) à la tête du Palatinat, les tensions religieuses montent dans l'Empire de manière de plus en plus menaçante. Pour empêcher l'accession au trône impérial de l'ancien élève des jésuites Ferdinand de Styrie (le futur empereur Ferdinand II), F., d'obédience calviniste, tente en vain de susciter en 1618 la candidature de son parent, le très catholique Maximilien de Bavière. En août 1619, les Etats de Bohême, en révolte contre l'empereur Mathias puis contre son successeur Ferdinand de Styrie, choisissent pour roi F. Entre autres raisons de ce choix figurent les alliances de l'Elec-teur et de sa lignée avec les plus grandes dynasties protestantes d'Europe, comme les Nassau et les Stuarts ; F. est lui-même l'époux d'Elisabeth, fille du roi d'Angleterre Jacques Ier. Ébloui par l'éclat de cette couronne royale qui s'offre à lui, l'Électeur, inexpérimenté et moyennement doué en matière politique, se laisse convaincre d'accepter ce choix qui s'avérera fatal. L'appui des princes protestants les plus puissants lui ayant fait défaut, les moyens militaires dont dispose le « Roi d'un hiver » sont en effet trop faibles pour qu'il puisse résister victorieusement à la puissante Ligue catholique. Le 8 novembre 1620, ses troupes sont décimées par l'armée de Tilly et de Maximilien de Bavière à la Montagne Blanche, près de Prague. En janvier 1621, l'Électeur qui s'est réfugié en Hollande est mis au ban de l'Empire, tandis que la Ligue catholique et les armées espagnoles procèdent à la conquête de ses États héréditaires. En 1623, sa dignité électorale est donnée au duc de Bavière. Ce n'est que grâce à l'intervention de Gustave-Adolphe dans la guerre de Trente Ans que le Palatinat est libéré en 1631. Peu de temps avant sa mort, F. fait aux côtés du roi de Suède son entrée à Munich, la capitale de son grand ennemi et rival, le duc de Bavière. Son fils et successeur devait, à l'issue de la guerre de Trente Ans, conserver le Palatinat rhénan et retrouver sa dignité électorale. Sa fille Sophie est la mère de George Ier d'Angleterre, fondateur de la dynastie hanovrienne en Angleterre. Bibliographie : G. Parker, La Guerre de Trente Ans, trad. angl. A. Charpentier, 1987, p. 110-132.

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