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Frédéric Ier le Victorieux (1425-1476) ; comte palatin du Rhin [depuis 1451], prince-électeur du Palatinat.

Frédéric Ier le Victorieux (1425-1476) ; comte palatin du Rhin [depuis 1451], prince-électeur du Palatinat. En 1449, F., qui est tuteur du jeune prince électeur Philippe, prend en charge la régence du Palatinat, après la mort de son frère Louis IV (1436-1449). Il réussit bientôt à s'assurer le pouvoir à vie, en adoptant son neveu et en renonçant lui-même à se marier (la procédure est appelée « arrogation », terme tiré du droit romain antique). C'est pour cette raison que l'empereur Frédéric III lui refuse la confirmation de ses pouvoirs, car, ce faisant, F. n'a pas respecté les dispositions de la Bulle d'or qui avait fixé les droits et devoirs des princes-électeurs (1356). Tout cela entraîne une série de complications lourdes de conséquences dans l'Empire. F. commence à agrandir ses territoires et à les consolider par des traités ; il s'allie en particulier au duc de Bavière-Landshut, Louis IX le Riche [1450-1479] et au duc de Bavière-Munich, Albert IV le Sage (1465-1508). Au cours des conflits qui déchirent l'Allemagne du Sud (guerre des Princes, 1460-1461), sa politique d'unification lui est profitable. Il conclut la « guerre de Mayence » par une belle victoire à Sec-kenheim (1462), où il écrase les forces de l'évêque de Metz, du marquis Charles de Bade et du comte Ulrich V de Wurtemberg, et qui lui assure une position prédominante sur le Rhin supérieur. Il renforce encore cette position lorsque son frère Ruprecht est élu archevêque de Cologne en 1463. Grâce à des réformes généreuses, il favorise le développement de ses territoires. En 1465, il conclut une alliance avec le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, pour se protéger contre les attaques de l'Empereur et du prince-électeur de Brandebourg, Albert-Achille [1470-1486]. Sans cesse, l'Empe-reur tente de se débarrasser de son adversaire. En 1470, le duc Louis de Veldenz, qui a le titre de capitaine de l'Empire, échoue contre lui lors de la « guerre de Weissen-burg » (1469-1471) ; l'alliance que F. a conclue avec la Bourgogne, et que l'Empe-reur et Albert-Achille veulent faire éclater, lui permet de protéger ses arrières. En 1474, F. est condamné pour lèse-majesté, sans effet. Ce n'est qu'après les revers de Charles le Téméraire au cours des années 1475-1476 que l'entente entre les Habsbourg et la Bourgogne se resserre. Comme le comte palatin ne réussit pas, malgré les intercessions répétées de Louis IX de Bavière-Landshut, à se réconcilier avec l'Empereur, qui le met au ban de l'Empire en 1474, il se met en retrait et conserve une attitude de neutralité. F., très aimé dans ses Etats, s'occupe désormais de poésie, de mathématiques, d'astronomie et de musique. Il réforme l'université de Heidelberg, fondation palatine, en 1452 et y favorise la diffusion de l'humanisme.

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