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Frédéric Ier (1371-1440) ; prince-électeur et marquis de Brandebourg [1415-1440], burgrave de Nuremberg sous le nom de Frédéric VI [depuis 1398].

F., qui descend de la branche franconienne des Hohenzollem, parvient au pouvoir en 1397 avec son frère Jean III. Les deux frères, qui ont participé en 1396 à la campagne contre les Turcs de Sigismond de Hongrie, le futur empereur, partagent leurs possessions en 1398. Ils administrent en commun le bur-graviat de Nuremberg et les fiefs qui en dépendent. Pour améliorer sa situation économique, F., qui est aussi seigneur d'Ans-bach et Baireuth, se met au service de l'Empire (il est par exemple en 1397 capitaine de la fédération de la paix territoriale sous le roi Venceslas). Il se met ensuite au service du roi Sigismond, auprès duquel il trouve en 1409 un nouveau champ d'activité et dont il prépare l'accession au trône. En récompense, le 8 juillet 1411, il reçoit la régence de la marche de Brandebourg et les droits d'un marquis, mais sans toutefois la qualité de prince-électeur. Ces droits, comme il était prévisible, sont bientôt transformés en droits de pleine souveraineté ; mais F. ne pourra les exercer pleinement qu'après de violents combats contre la noblesse locale. Il manifeste encore sa fidélité à l'Empereur pendant le concile de Constance et en luttant contre Frédéric de Habsbourg, comte de Tyrol ; en retour, le 30 avril 1415, il reçoit le droit d'exercer les prérogatives d'un prince-électeur ; l'investiture lui en est donnée le 18 avril 1417 à Constance. Dans le Brandebourg, il est en conflit perpétuel avec ses voisins, la Pologne avant tout. En outre, il subit de graves revers (à nouveau en 1427) dans sa lutte contre les Hussites. Autant de raisons qui expliquent qu'il ne reçoive pas le titre, qu'il espérait, de prince-électeur de Saxe-Wittenberg. La rupture avec l'Empereur éclate quand Sigismond attribue la marche d'Ucker à la Poméranie (1424), que F. refuse de se retirer de la convention de Bingen, où les princes-électeurs ont cherché à affirmer leurs propres droits à gouverner l'Empire, et qu'il se refuse également à rompre ses relations avec la Pologne. Au printemps 1425, ses adversaires, la Poméranie, le Mecklem-bourg, l'ordre Teutonique et la Pologne reprennent la guerre, dont l'issue est défavorable à F. En 1426, il transmet le gouvernement du Brandebourg à son fils aîné Jean, dont le seul surnom (« l'Alchimiste ») montre le peu d'appétence pour le pouvoir. En 1437, F. réorganise sa succession et confie à son fils cadet, Frédéric (II), le margraviat électoral, ne laissant à Jean que la moitié de Baireuth, l'autre moitié et Ansbach revenant au cadet Albert-Achille, qui recouvrera ensuite le margraviat de Brandebourg [1470-1486].

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