FRÉCHETTE Louis Honoré. Poète canadien-français
FRÉCHETTE Louis Honoré. Poète canadien-français. Né à Lévis, près de Québec, le 16 novembre 1839, d'une famille originaire de l'Aunis, mort à Montréal (province de Québec) le 31 mai 1908. Après avoir étudié chez les Frères des Écoles Chrétiennes, il s'inscrivit au barreau, siégea, de 1874 à 1878, au Parlement d'Ottawa dans l'opposition libérale, et fit du journalisme, mais ses préférences allaient à la littérature, et surtout à la poésie. Très attaché à la langue de ses ancêtres, Fréchette veilla toujours à sa conservation « avec un soin jaloux »... « Mais, ajoutait-il dans son introduction au Glossaire franco-canadien, d'Oscar Dunn, conservons-la intacte, et pour cela, il faut l'étudier. » Il lutta pour le « bien-parler » et « contre les barbarismes populaires qui s'introduisent dans la conversation, et devraient être sévèrement proscrits au même titre que les anglicismes ». Lauréat de l'Académie française, il vouait à la France (où il séjourna en 1880, puis en 1895, et fut l'hôte de Xavier Marmier) le culte fidèle des « fils éloignés ». On lui doit de nombreux recueils de poésies, principalement La Légende d'un peuple , vaste épopée nationale parue en 1887 avec une préface de Jules Claretie, où sont lyriquement évoqués les pionniers et les héros des conquêtes françaises et anglaises, ainsi que 1 avènement des temps modernes. Ce recueil contient un envoi « A la France » dans lequel le poète déplore d'une façon touchante de n'être pas de ceux qui furent « bercés sur ses genoux ». Ses autres recueils de vers les plus connus sont Mes Loisirs (1863), La Voix d'un exilé (1867), Pêle-Mêle (1881), Fleurs boréales (1880), et un poème lyrique sur Jean-Baptiste de la Salle, fondateur de l'institut des Frères des Ecoles Chrétiennes (1889). Prosateur très réputé au Canada pour son humour, Fréchette a rassemblé sous le titre Originaux et détraqués (1892) douze types de Québecquois hauts en couleur. Fréchette est aussi l'auteur de deux drames lyriques : Popineau (1880) et Félix Pontié (1880). Cent morceaux choisis de ses poèmes ont été réunis par sa fille en 1924. ? « Il y avait en Fréchette un excellent poète familier... Mais une mélancolie trop cultivée, un goût naturel pour l'éloquence, la pratique du journalisme et l'influence de ses modèles romantiques firent de Fréchette un poète pessimiste, politique, satirique et oratoire... Néanmoins Fréchette a mérité sa renommée pour avoir introduit dans la poésie canadienne la richesse plastique et la variété rythmique du romantisme. » Rene Gautheron.