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FRANCO-ALLEMANDE (guerre, 1870/71)

Ce conflit eut pour origine lointaine le profond sentiment d'hostilité laissé en Allemagne, et surtout en Prusse, par l'occupation française au temps des guerres de Napoléon Ier. Bismarck souhaitait une grande guerre nationale contre la France, afin de sceller l'unité des Allemands sur les champs de bataille. Cependant, la guerre n'aurait sans doute pas éclaté sans l'aveuglement et l'outrecuidance des dirigeants du second Empire (v. EMS, dépêche d'). Napoléon III, pressé par un entourage belliqueux, par l'impératrice, en particulier, se vit appuyé par une opinion française enflammée. Malgré l'opposition de Thiers, de J. Ferry et de la plupart des républicains, la guerre fut acceptée d'un « cœur léger », selon l'expression d'Émile Ollivier, par le Corps législatif (15/16 juill.) et fut déclarée par la France le 19 juill. 1870. L'optimisme du ministre de la Guerre, le général Lebœuf, qui avait déclaré : « L'armée prussienne n'existe pas », reçut aussitôt un terrible démenti. Trois armées allemandes commandées par le Kronprinz de Prusse (futur empereur Frédéric III), par le prince Frédéric-Charles de Prusse et par Steinmetz, pénétrèrent en Alsace et en Lorraine par le Palatinat. Le 12 août, la bataille des frontières était perdue à la suite des défaites de Forbach (6 août) et de Froeschwiller (charge des cuirassiers de Reichshoffen, 6 août). Strasbourg, investie le 9 août, capitula le 28 sept. Nancy fut occupée le 14 août. Pendant que l'armée de Mac-Mahon se repliait sur le camp de Châlons, Bazaine livra aux Allemands les batailles de Borny (14 août), Rezonville (16 août), Gravelotte et Saint-Privat (18 août) et fut contraint de s'enfermer dans Metz avec 177 000 hommes. Au camp de Châlons, Mac-Mahon et Napoléon III reconstituèrent une armée de 130 000 hommes ; elle tenta de débloquer Metz, mais fut rejetée sur Sedan, où Napoléon III capitula, le 2 sept. Le 27 oct., Bazaine capitulait à son tour dans Metz assiégée. Le nouveau gouvernement républicain (institué à Paris le 4 sept.) tenta désespérément de poursuivre la résistance avec des éléments improvisés. Assiégé depuis le 19 sept. 1870, Paris tint jusqu'au 28 janv. 1871. Pour dégager la capitale, Gambetta mit sur pied de nouvelles armées dans le sud et dans le nord. L'armée de la Loire, sous le commandement d'Aurelle de Paladines, remporta la victoire de Coulmiers (9 nov.), mais fut battue par le prince Frédéric-Charles à Beaune-la-Rolande (28 nov.) et à Orléans (3/4 déc. 1870). La perte d'Orléans fit abandonner l'espoir de sauver Paris. Dans le nord, Faidherbe, après avoir tenu tête pendant deux mois à Manteuffel et à Goeben, fut finalement vaincu à Saint-Quentin (19 janv. 1871). La IIe armée de la Loire (Chanzy) subit la défaite du Mans (11/12 janv.). L'armée de l'Est, commandée par Bourbaki, réussit à reprendre Dijon et marcha sur Belfort que défendait héroïquement Denfert-Rochereau ; mais elle fut à son tour vaincue par Werder sur la Lisaine (17 janv.) et dut se réfugier en Suisse (1er févr.). Le gouvernement de la Défense nationale signa l'armistice le 28 janv. 1871 ; les préliminaires de Versailles (26 févr.) furent confirmés par le traité de Francfort (19 mai 1871). La France perdait l'Alsace (moins Belfort), une partie de la Lorraine (avec Metz), se voyait imposer une indemnité de guerre s'élevant à 5 milliards de francs et l'occupation d'une partie du territoire national jusqu'au paiement de cette indemnité. La guerre franco-allemande de 1870/71 eut pour répercussion immédiate une guerre civile, la Commune.



FRANCO-ALLEMANDE (Guerre, 1870-1871). Guerre qui opposa la totalité des États allemands, conduits par la Prusse, à la France. Voulue par Bismarck afin de réaliser la dernière étape de l'unité allemande, la guerre fut, malgré l'ardeur et même l'héroïsme de son armée, un échec pour la France qui perdit l'Alsace et une partie de la Lorraine, tandis que le traité de Francfort consacrait la victoire de l'Empire allemand proclamé à Versailles en janvier 1871. Depuis la guerre des Duchés (1864) et la victoire prussienne de Sadowa contre l'Autriche (1866), les relations franco-prussiennes s'étaient progressivement détériorées, Bismarck refusant à Napoléon III les compensations territoriales promises en échange de la neutralité française. Le point critique fut atteint lorsque le roi de Prusse, Guillaume Ier, proposa au début de 1870 la candidature d'un prince allemand, Charles-Antoine de Hohenzollern, au trône d'Espagne. La publication de la dépêche d'Ems, dans des termes injurieux pour la France, conduisit Napoléon III - malgré les conseils de modération de son entourage et l'opposition de la gauche républicaine du Corps législatif - à déclarer la guerre à la Prusse (19 juillet 1870) aussitôt soutenue par les princes allemands. Isolée diplomatiquement, disposant d'une armée mal organisée et inférieure en nombre, la France, face à l'armée prussienne bien équipée et réorganisée par Moltke et Roon, accumula les défaites. Les Allemands occupèrent Strasbourg puis Nancy, contraignant l'armée de Bazaine à se replier sur Metz qui tomba en octobre 1870. Le 2 septembre, les troupes françaises capitulaient à Sedan, tandis qu'à Paris, la révolution du 4 septembre renversait le Second Empire. Le gouvernement de la Défense nationale, malgré ses efforts, ne put empêcher la capitulation de Paris (28 janvier 1871) et signa l'armistice. Le traité de Francfort (10 mai 1871) consacra l'unité politique de l'Allemagne avec Guillaume Ier de Prusse comme empereur. La perte de l'Alsace et d'une grande partie de la Lorraine devait provoquer en France un vif sentiment national aiguisé par l'esprit de revanche. Voir Benedetti (Vincent), Commune de Paris, Ems (Dépêche d'), Francfort (Traité de), Froeschwiller (Bataille de), Mac-Mahon (Edme Patrice).

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