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Foscari, Francesco (v. 1372-1457) ; doge de Venise [1423-1457].

Foscari, Francesco (v. 1372-1457) ; doge de Venise [1423-1457]. Après avoir occupé de hautes fonctions administratives, F. est élu doge de Venise le 15 avril 1423, malgré les mises en garde de son prédécesseur Tomaso Mocenigo [1414-1423]. F. est le grand promoteur de l'extension de la « Terre ferme » (Terra ferma), hinterland depuis longtemps objet de l'attention de la République et des investissements fonciers de ses élites, mais qui se structure maintenant en un véritable État, rivalisant avec les autres principautés d'Italie septentrionale. Le mouvement est vraiment lancé en 1400, F. le poursuit avec ténacité, affrontant sans répit le seul véritable adversaire qui demeure face à Venise, le plus dangereux aussi, le duc de Milan, Filippo Maria Visconti [1412-1447], puis son successeur Francesco Sforza [1450-1466]. En s'alliant à Florence et à d'autres villes, au duc de Savoie et au pape, F. étend jusqu'à l'Adda les possessions de la République. Il y faut trente ans et quatre guerres, au déroulement complexe, de 1425 à 1454 (paix de Lodi). Les conflits avec les Ottomans ont une issue moins heureuse. Jusqu'à la chute de Constantinople (1453), la République a su éviter les hostilités ouvertes, louvoyant et prolongeant sans cesse les traités de paix. Mais, peu à peu, après 1453, la Sérénissime perd les territoires qu'elle occupe en Méditerranée orientale, car elle est pratiquement incapable de résister aux armées du sultan. La dispendieuse conquête de la « Terre ferme » a été vite accusée d'avoir précipité la perte des comptoirs de l'Orient, mais le jugement doit être nuancé, car ce sont précisément les villes et communautés de Terre ferme, soumises à Venise et lourdement imposées, qui ont contribué pour une part importante à l'entretien de la flotte, à la conduite de la guerre maritime, à l'aménagement et au développement des places fortes dans les possessions lointaines. Le 21 octobre 1457, le Conseil des Dix destitue F., en prétendant qu'il est atteint de sénilité. Le doge, qui a offert déjà trois fois sa démission, accepte la décision, après avoir résisté un moment. Mal compris de ses contemporains, mais difficile à remplacer, il meurt dès le 1er novembre.



DOGE. Nom donné autrefois au premier magistrat de plusieurs Républiques italiennes, particulièrement de Venise et de Gênes. À Venise, le pouvoir presque absolu des doges fut limité aux XIe XIIe siècles par la création de conseils dominés par l'aristocratie marchande (Grand Conseil, Conseil des Dix). À Gênes, les doges, d'abord élus à vie, le furent ensuite pour deux ans. Venise et Gênes cessèrent d'avoir des doges en 1797. Voir Doges (Palais des).


DOGES (Palais des). Célèbre édifice de Venise, résidence des doges et siège du gouvernement de la République. L'édifice actuel fut construit aux XIVe et XVe siècles. Sa partie la plus remarquable est la salle du Grand Conseil (55 m sur 25 m) décorée par le Paradis du Tintoret et par l'Apothéose de Venise, oeuvre de Véronèse.

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