Databac

FORT Paul. Poète français

FORT Paul. Poète français. Né à Reims le 1er février 1872, mort à Monthléry le 21 avril 1960. Fils d'un minotier champenois,il fait ses études au lycée Louis-le-Grand et se destine à Saint-Cyr lorsqu'il rencontre Pierre Louÿs, qui le présente à André Gide et éveille en lui le goût de la poésie. Au café Voltaire, qu'il commence à fréquenter, il retrouve Barrès et les animateurs du symbolisme, Verlaine, Mallarmé, Moréas. Sur le conseil de Valette, directeur du Mercure de France , alors que le naturalisme régnait encore sur la scène, il lance à dix-sept ans un manifeste en faveur d'un théâtre symboliste, qui prépare la création, en 1890, du Théâtre de l'Art, devenu ensuite le Théâtre de l'oeuvre, et où furent interprétés les Cenci de Shelley, La Tragique Histoire du docteur Faust de Marlowe, des oeuvres de Verlaine, Maeterlinck, Rachilde, et même une adaptation du premier chant de l'Illiade . Cette tentative dramatique fait grand bruit, mais prend fin en 1893 et Paul Fort commence à publier dans le Mercure et dans l'Ermitage des poèmes qui, réunis, deviendront en 1896 les premières Ballades françaises . Fondateur du Livre d'art en 1896, il lance en 1905 l'importante revue Vers et Prose, qu'il dirigera plus tard avec Paul Valéry et où se retrouveront les meilleurs poètes issus du symbolisme. Tout en continuant à publier ses Ballades françaises, Paul Fort reviendra plusieurs fois et brillamment au théâtre avec des légendes dramatiques, les Chroniques de France , un Louis XI, curieux homme en 1922, une Ysabeau en 1924 à l'Odéon, Les Compères du roi Louis en 1927, à la Comédie-Française. Bien qu'il ait été triomphalement élu en 1912 «prince des poètes», on peut se demander si l'on a donné à Paul Fort toute la place à laquelle il a droit. Il a d'abord cette originalité d'avoir cultivé, et avec quelle abondance, un genre unique, ces Ballades françaises, sans tomber jamais dans la monotonie. Symboliste par sa jeunesse, ses origines et ses amitiés littéraires, proche surtout de Francis Jammes, il a comme ce dernier un sentiment toujours jeune de la nature, il réussit à mêler aux suggestions symbolistes de rêve et de mélancolie le réalisme des images, la simplicité des thèmes familiers. Dans l' intellectualisme de la poésie contemporaine, il a, sans aucun souci de la nouveauté, chanté des thèmes simples, ressassés, épuisés, semble-t-il, qui se voient soudain, chez Paul Fort, emportés dans une infatigable ronde, grâce à un don d'inépuisable créateur d'images, à une langue toute de fraîcheur et d'aisance. ? « Un poète intégral... » Maeterlinck. ? « Je sais qu'il est prolixe et sentimental, que sa facilité n'évite ni la négligence ni le relâchement, et que l'apparence prosaïque de ses vers agace et lasse. Mais il désarme par sa gentillesse, sa fantaisie et son enthousiasme. » Marcel Arland. ? « Paul Fort est la poésie même... » André Fontainas.