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Formose ; pape [891-896].

Formose ; pape [891-896]. Clerc sans doute romain, évêque de Porto (864), F. déploie une intense activité de missionnaire et de légat pontifical, où se lisent déjà les interventions énergiques de son court pontificat, dans la ligne de l'exaltation du pouvoir apostolique prônée par Nicolas Ier. Mais il est aussi le représentant d'une faction qui lutte à Rome pour le pouvoir, alors que les souverains carolingiens ne tiennent plus la péninsule. C'est dans ce contexte, obscur dans les détails, que Ton trouve F. parmi les comploteurs que le pape Jean VIII excommunie et dépose en 876. Il revient pourtant en grâce, jusqu'à être élu pape (consacré le 6 oct. 891). Si l'élan missionnaire au nord de l'Europe se poursuit, le pape est surtout impliqué dans la rivalité pour la domination de l'Italie. Contre les rois « italiens » (qui n'ont rien de national), Bérenger de Frioul, vite hors course, le marquis de Spolète Guy et son fils Lambert, F. choisit de faire intervenir le roi de Germanie Arnulf, qu'il couronne empereur à Rome le 22 février 896, peu de temps avant de mourir (4 avr.). Les plans de F. tournent court. Ses adversaires romains et Lambert s'acharnent contre la mémoire de F. : son deuxième successeur, Étienne VI fait en janvier 897 déterrer et passer en jugement son cadavre, ensuite condamné et jeté au Tibre. La réhabilitation de F. devient, sous les pontificats de ses successeurs, un enjeu capital de la lutte entre les clans formosiens et anti-for-mosiens. Ceux-ci s'affrontent jusqu'à ce que les seconds l'emportent et, derrière eux, la famille noble des Théophylacte, qui de 904 à 954 deviennent les vrais princes de Rome.

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