Formalisme
Formalisme
1. Attitude consistant à s’attacher davantage aux formes extérieures qu’à la réalité. On parlera de « formalisme » ou d’une politesse « formelle » à propos d’une politesse qui respecte les conventions, mais n’est pas animée par un réel souci d’autrui. L’expression « formalisme juridique » fait allusion à une attitude s’attachant plus à un respect strict des règles qu’à un examen attentif du fond de la question.
2. Mouvement particulièrement développé en Russie (Propp, Bakhtine) au début du XXe siècle, qui se caractérisa par la volonté de concentrer l’attention sur les aspects proprement littéraires de l’œuvre. Les formalistes réagirent donc contre l’excès d’importance accordé aux éléments para-littéraires (biographie, contexte historique, contexte intellectuel). En particulier, leur travail sur les structures narratives influencera durablement la critique.
FORMALISME nom masc. - Ecole littéraire qui s’est développée en Russie au début du siècle et qui a donné naissance à quelques idées maîtresses de la linguistique et de la littérature contemporaines. On peut dater la naissance de ce mouvement de la brochure de Viktor Chklovski, La Résurrection du mot (1904), et sa mort de l’autocritique du même Chklovski, lequel, en 1930, abjure ses convictions formalistes. Le maître d’œuvre de la méthode formelle a donc été Chklovski, linguiste de formation, à qui l’on doit la formule principale du « formalisme russe » : l’« art comme procédé ». Chklovski est également l’inventeur de l’« ostraniénié» (l’étran-géisation), concept d’où procédera la distanciation brechtienne. Selon ce concept, l’art et la littérature ont pour fonction de rafraîchir constamment nos sensations. Ils doivent nous montrer les choses sous un angle insolite, encore jamais vu. Combattre l’usure, la routine, telle est la vocation des artistes. Le principe essentiel du formalisme est l’autonomie de l’art, par rapport à la réalité et par rapport aux autres séries de la connaissance. L’art se suffit à lui-même. Il se définit par un ensemble de procédés d’expression qui sont appelés à se renouveler pour éviter la sclérose et l’académisme. Ainsi, le formalisme, d’une part, reprenait et systématisait une idée qui avait été la dominante de la période symboliste, d’autre part, il apportait à l’avant-garde futuriste la caution scientifique de l’érudition universitaire. Le principe du renouvellement des procédés d’expression est la source de l’expérimentation formelle pratiquée par les poètes, aussi bien que par les peintres russes qui refusent d’être des épigones, des suiveurs se contentant d’imiter le passé. La valeur artistique est désormais synonyme de nouveauté, d’innovation, d’invention plastique ou verbale. Outre Viktor Chklovski (1893-1984), les principaux théoriciens formalistes ont été louri Tynianov (1894-1943), Boris Eikhenbaum (1886-1959) et surtout Roman Jakobson (1896-1982). Ce dernier émigrera en 1920 en Tchécoslovaquie où il contribuera à fonder le Cercle de Prague. Puis, pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’installera aux Etats-Unis où sa rencontre avec Lévi-Strauss sera déterminante dans la naissance et l’expansion du mouvement structuraliste. On oublie souvent cette filiation et le fait que les principales idées du structuralisme ont d’abord été exprimées par les formalistes russes.
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- Commentez cette page d'Albert Camus : « L'art formel et l'art réaliste sont des notions absurdes. Aucun art ne peut refuser absolument le réel. La Gorgone est sans doute une créature purement imaginaire; son mufle et les serpents qui la couronnent sont dans la nature. Le formalisme peut parvenir à se vider de plus en plus de contenu réel, mais une limite l'attend toujours. Même la géométrie pure où aboutit parfois la peinture abstraite demande encore au monde extérieur sa couleur et se
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