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Forclusion

Forclusion Notion introduite par Lacan pour caractériser le mécanisme en jeu dans la psychose. Il s’agit du rejet primordial d’un signifiant fondamental, celui du Nom-du-Père. La fonction de ce signifiant est de «capitonner» signifiant et signifié lors de l’effectuation de la métaphore paternelle. Cette absence, lors de certains événements particuliers de sa vie où le sujet aura à prendre appui sur cette fonction du Nom-du-Père (rencontre avec l’autre sexe, devenir père, etc.), produira à cette place un trou. Ainsi, s’amorcera une cascade de remaniements signifiants qui constitue l’entrée dans la psychose. Puisque la castration n’a pu être rencontrée au niveau symbolique, elle surgit sur le plan réel. Le langage se met à parler tout seul, se manifestant de façon automatique ou hallucinatoire. Cet échec de la symbolisation fait que ce qui est rejeté du Symbolique reparaît dans le Réel. Le délire sera une tentative de reconstruction d’un monde sensé où le sujet puisse habiter Dans cette perspective, la forclusion du Nom-du-Père peut être comprise comme un échec du refoulement originaire.

FORCLUSION

Notion spécifique de la pensée de Lacan (ce terme est le pro­duit de sa lecture du terme allemand de Verwerfung, «rejet» dans l'œuvre de Freud), la forclusion désigne chez lui un mécanisme psychique caractéristique de la psychose. Elle désigne le rejet, par le sujet, d'un signifiant hors de ce que Lacan appelle le symbolique. Selon l'expression du psychanalyste Daniel Lagache, la forclusion opère un« trou dans le langage ».

La forclusion appelle une comparaison avec le mécanisme du refoulement'. Tandis que le refoulement empêche ce qui est refoulé dans l'inconscient' de faire retour dans le champ de la conscience en tant que tel, la forclusion consiste, plus radicale­ment, à ne pas intégrer symboliquement ce qui aurait dû l'être: un signifiant forclos est un signifiant qui ne s'est pas inscrit dans la psyché du sujet, même de façon inconsciente. Voici ce qu'en dit Lacan :

« A propos de la Verwerfung [c'est le terme allemand de Ver­werfung, que Lacan traduit par celui de forclusion], Freud, dit que le sujet ne voulait rien savoir de la castration, même au sens du refoulement. En effet, au sens du refoulement, on sait encore quelque chose de ce dont même on ne veut, d'une certaine façon, rien savoir, et c'est toute l'analyse de nous avoir montré qu'on le sait fort bien. S'il y a des choses dont le patient ne veut rien savoir, même au sens du refoulement, cela suppose un autre mécanisme. [...] De quoi s'agit-il quand je parle de Verwerfung ? Il s'agit du rejet d'un signifiant primordial dans des ténèbres extérieures, signifiant qui manquera dès lors à ce niveau. Voilà le mécanisme fondamental que je suppose à la base de la para­noïa. » (Le Séminaire III, « Les psychoses ».)

forclusion, terme proposé par J. Lacan pour désigner un mécanisme de défense spécifique de la psychose, consistant en un rejet hors de l’univers symbolique du sujet d’une représentation insupportable et de l'affect qui lui est attaché. Le moi se conduit comme si la représentation n'avait jamais existé. Cependant, bien que rejetée et abolie à l’intérieur, celle-ci tend à revenir du dehors, en particulier sous forme d’hallucination. La forclusion s'apparente au déni de la réalité et au refoulement névrotique, mais elle est plus radicale puisque les « signifiants » forclos (non symbolisés) ne seraient pas intégrés à l’inconscient du sujet. Ce terme fait partie du vocabulaire lacanien. Dans la traduction française des Œuvres complètes de Freud (1988), on lui a préféré celui de rejet.

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