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FLN (Algérie)

Le FLN (Front de libération nationale) n’est pas, contrairement à ce que son nom pourrait faire croire, une union volontaire entre des partis organisationnellement autonomes. Ce n’est pas non plus un parti unique au service d’une classe ou d’une idéologie comme le sont les partis communistes, même quand il impose son monopole politique. C’est une formule autoritaire de regroupement de forces politiques et sociales dans un contexte où la structure sociale est impuissante à produire une communauté politique de type contractuel. De son géniteur le PPA-MTLD (Parti du peuple algérien - Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques), ce surgeon, produit d’une scission (1954), a hérité du concept d’une nation algérienne de langue arabe et de religion musulmane et d’un projet politique rejetant le conflit et les antagonismes de classe. Du 1er novembre 1954 (début de la guerre d’indépendance) à février 1989, le FLN a traversé plusieurs périodes bien tranchées. De novembre 1954 à août 1956, les fondateurs, devenus des chefs militaires, incarnent à eux seuls la cause nationale. Du congrès de la Soummam (août 1956) à la réunion du Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA) au Caire (août 1957), le FLN est marqué par une tentative d’institutionnalisation, le ralliement des anciens partis, à l’exception du Mouvement national algérien (MNA) de Messali Hadj, et la création de courroies de transmission (Union générale des travailleurs algériens - UGTA, Union générale des commerçants, Union générale des étudiants). La période 1957-1962 est celle de la suprématie des militaires (Krim Belkacem [1922-1970], Lakhdar Bentobbal [1923-], Abdelhafid Boussouf [1926-1982]). Tout au long de la guerre d’indépendance, le FLN a été secoué par des luttes factionnelles ou régionales qui n’ont fait qu’exacerber la tendance à l’autoritarisme. En 1962, à l’indépendance, le FLN éclate non sur le programme adopté à Tripoli (juin 1962), mais sur le choix de la direction à mettre en place. Une faction, appuyée sur l’armée et ayant pour leader Ahmed Ben Bella, quitte le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et crée un « Bureau politique ». Inexistant indépendament des wilayas (régions politico-militaires) qui, entre 1957 et 1962, avaient absorbé les organisations dites de masse (syndicats, etc.), le FLN se reconstitue par le haut en drainant en son sein des éléments peu qualifiés pour accéder à la gestion de l’État. Entre 1962 et 1965, son hégémonie sur la société après l’interdiction du PRS (Parti de la révolution socialiste fondé par Mohamed Boudiaf), du FFS (Front des forces socialistes fondé par Hocine Aït Ahmed [1926-]), des Ulama (Bachir El Brahimi) et du PPA (Messali Hadj) se combine avec le pouvoir de l’armée. A. Ben Bella ne parvient pas à subordonner cette institution au Parti. Et c’est le chef de cette armée, le colonel Houari Boumediène, qui, en prenant le pouvoir (coup d’État du 19 juin 1965), met un terme au sempiternel débat sur la nécessité de la suprématie du Parti sur l’État. Désormais, et jusqu’en février 1989 - date de la fin de son monopole -, le même homme est à la fois chef de l’État et chef du Parti. Le discours sur l’option socialiste a empêché de voir que, dans ce mouvement, la réflexion sur les problèmes de l’islam, de l’histoire et de la culture « sont les lieux où se forge la légitimité du pouvoir politique sur le long terme » (Abelkader Djeghloul).

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