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FILIOQUE, latin, et du Fils

Formule exprimant la double procession du Saint-Esprit, du Père et aussi du Fils, ajoutée par l'Église catholique romaine au « symbole » (formule abrégée de la foi) de Nicée (325) et de Constantinople (381). La doctrine exprimée par le filioque apparaît chez des Pères grecs et latins des IVe/Ve s., tout comme des formules de compromis (procession du Père par le Fils), mais ce fut seulement en 589 que le IIIe concile de Tolède proposa l'addition du filioque au symbole de la foi. Charlemagne se fit le champion du filioque. Non sans arrièrepensées politiques, il força la main du pape Léon III en faisant reconnaître officiellement l'usage liturgique du filioque par le concile d'Aix-la-Chapelle (809). Léon III répondit en approuvant la doctrine mais en repoussant la formule et, comme Charlemagne passait outre, le pape protesta en faisant suspendre à Saint-Pierre deux écus d'argent qui portaient, l'un en grec et l'autre en latin, le texte du symbole de Nicée, sans le filioque. En dépit de l'attitude réservée du pape, le patriarche de Constantinople, Photius, se déchaîna contre le filioque à partir de 867. Ce n'est qu'en 1012, alors que la rupture avec l'Orient apparaissait désormais inévitable, que le pape Benoît VIII, donna sa sanction à l'introduction du filioque dans le Credo romain. Dans plusieurs documents récents (1995 ; 1997), l'Église catholique cherche à relativiser et à aplanir un différend plus politique que dogmatique.

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