fêtes
fêtes (lat. festum). Il semble que les fêtes aient toujours existé en tous temps et en tous pays pour rassembler les populations, donner une unité aux habitants d’une cité ou d’un village et rompre la monotonie des travaux et des jours. Elles forment un ensemble de manifestations et de réjouissances destinées à commémorer un événement — celui-ci peut être d’origine historique ou mystique — et à rejoindre la divinité. La plupart des fêtes semblent avoir une origine religieuse, bien qu’elles soient parfois devenues purement profanes (comme les fêtes villageoises). Toutes impliquent une rupture avec le quotidien et même un renversement des règles habituelles, ce qui conduit souvent à des excès et même à des orgies. Tous les peuples connaissent les boissons fermentées et l’ivresse contribue à ce «dépassement de soi» recherché dans certaines fêtes. Les bons repas, les échanges de cadeaux, les dons, les cortèges, la musique, les danses, les masques font partie de ces fêtes tribales qui durent plusieurs jours et donnent une cohésion aux groupes sociaux qui intègrent les ancêtres aux réjouissances des vivants. Ce substrat est au fond de toutes les fêtes. Dans tous les pays et dans toutes les religions, les fêtes sacralisent le temps et jalonnent le calendrier. Dans les vieux cultes agraires du Proche-Orient et des pays méditerranéens, elles exprimaient le rythme des saisons par la mort et la résurrection du dieu. Le christianisme lui-même a placé le culte des morts dans les jours tristes de l’automne et la fête de la joie de la Résurrection au moment de l’éveil de la nature au printemps. Le carnaval lui-même, devenu le type même de la fête profane, a cependant une origine religieuse (carne vale, «adieu à la viande»), exutoire indispensable, jadis, avant les longues pénitences du carême; on l’appelait aussi «carême prenant» ou «carême entrant» (caramentrant). En France, toute l’année était jalonnée de fêtes placées sous la protection de la Vierge ou des saints, rythmant les travaux des champs (les vieux dictons sur le temps dans ses rapports avec le calendrier en font foi). Les fêtes chrétiennes sont destinées à honorer le Seigneur (le dimanche, jour qui lui est consacré, est une sorte de fête hebdomadaire par le repos de principe qu’il exige). Les différents mystères et événements de la vie du Christ sont commémorés ainsi que ceux de la Vierge et des saints. Certaines fêtes ont lieu à jour fixe (Toussaint), d’autres sont dites «mobiles» et sont établies par le comput qui fixe la fête de Pâques. Chaque jour célèbre un saint selon le propre établi dans chaque diocèse par l'Église catholique, mais les fêtes de précepte, ou fêtes d’obligation, pour lesquelles l’assistance à la messe est obligatoire, varient suivant les pays. En France, le concordat en a réduit le nombre à quatre : Noël, l’Ascension, l’Assomption et la Toussaint. L’Eglise orthodoxe suit à peu près le même ordre, mais avec un léger décalage du fait du calendrier julien encore en usage; il y a aussi des saints nationaux qui sont ignorés de l’Église latine. En Égypte, les fêtes jouaient un très grand rôle dans la vie populaire. La plus importante était celle de la procession de la barque solaire, accompagnée d’un imposant collège de prêtres. En Grèce, les fêtes, nombreuses, étaient dédiées aux dieux protecteurs de la cité, aux divinités agraires, etc. A Rome, les fêtes privées, en l’honneur des dieux du Foyer, ou publiques, pour les dieux et les empereurs divinisés, dégénéraient souvent en orgies, comme le firent plus tard certaines fêtes médiévales. Chez les Celtes, celles de Samain et de Beltane ouvraient les cycles saisonniers. Le judaïsme a gardé les trois grandes fêtes hébraïques, ainsi que le sabbat, fête hebdomadaire. La principale est la pâque (Pesach), qui dure huit jours et rappelle la sortie d’Égypte des israélites; elle est introduite par le service familial, le Seder. La fête des semaines (sept semaines plus tard) est à la fois celle des moissons et celle des révélations du Sinaï (Shabuoth). La fête des Tabernacles, ou des Vendanges (Sukkoth), se termine par la procession des «rouleaux de la Loi». Le Rosh hashanah et le jour de l'Expiration (Yom Kippour) marquent le commencement de l’année religieuse lunaire. D’autres fêtes rappellent des événements d’histoire religieuse comme celle d'Esther (Purim), la plus joyeuse, rappelant le carnaval, et la fête de hannukah, ou fête des lumières, célébrant la dédicace de la restauration du temple de Jérusalem, après la victoire de Judas Maccabée sur les Syriens. Dans l’islam, la plus grande fête est l’aïd el-Kebir, qui commémore le sacrifice d’Abraham; elle comporte des prières et des réjouissances. L'aïd el-Seghir clôture le ramadan (baïram). Le Mouloud rappelle la nativité de Mahomet. Certains événements de la vie du prophète sont aussi commémorés et, chez les chiites, on célèbre par des jeux dramatiques l’anniversaire de la mort d’Husayn. Le bouddhisme hinayana célèbre assez peu de fêtes; cependant, le Vesak est celle de la naissance du Bouddha et, suivant les lieux de pèlerinage, on vénère parfois solennellement des reliques. Le mahayana comporte de nombreuses fêtes suivant les pays où il s’est développé. Elles sont généralement placées pendant les jours de pleine lune. Dans l’hindouisme, les fêtes sont particulièrement nombreuses, variées et bruyantes. Chaque dieu a les siennes. Celle de diwali qui a lieu à la nouvelle lune (oct-nov.), en l’honneur de Lakshmi, déesse du Bonheur et de la Prospérité, est la fête des lumières. On voit partout des lampes sur les temples, les maisons, les chemins, les rivières, la mer, etc. Le holi, avec ses danses et ses processions, fête le printemps, la joie, la fécondation et donne lieu parfois à des orgies; le dassara est la grande fête de Durga. En Océanie, on pouvait encore, au début du XIXe s„ voir ces grandes fêtes tribales accompagnées de banquets, de danses, qu’étaient le pilou-pilou des Canaques et le corroboré des Australiens. Dans tout le continent eurasiatique, la fin de l’hiver et les promesses de germination étaient solennellement célébrées. En Chine et en Asie du Sud-Est, le jour de l’an et la fête du Tet sont encore un déploiement de joie marquant le caractère extraordinaire du début de l’année nouvelle. Partout et toujours, les fêtes familiales ont un caractère plus ou moins religieux : ainsi la naissance d’un enfant avec la cérémonie qui l’intègre à la société en lui donnant un nom (qui doit être bénéfique) et les rites de passage (circoncision, baptême, initiation, première communion, bar mistva, mariage, cérémonie funéraire). Les fêtes tribales resserrent les liens du clan; les fêtes nationales visent à sacraliser la patrie, spécialement depuis la Révolution française; les fêtes de caractère social (travail, promotions, décorations), ont aussi quelque chose de sacré.
FETES CHRÉTIENNES. Les fêtes principales, dites d'obligation, célébrées par les chrétiens sont : Noël (25 décembre), les Rameaux (huit jours avant Pâques), Pâques, l'Ascension, la Pentecôte, l'Assomption de la Vierge et la Toussaint.
FÊTES JUIVES. Les plus grandes fêtes rappellent les interventions de Dieu dans l'histoire du peuple hébreu. Rosh Hashana est le jour de l'an (en septembre) qui célèbre la création du monde ; il est suivi de 10 jours de pénitence. Yom Kippour (10 jours après) est le jour du Grand Pardon (pour les fautes commises) : on jeûne et on prie. La fête des Tabernacles ou des Tentes (au début de l'automne) rappelle l'errance des Hébreux dans le désert. La Pâque (le 14e jour du printemps) célèbre la sortie d'Egypte. Sept semaines après, la Pentecôte rappelle le don de la loi à Moïse. Voir Exode, Fêtes chrétiennes, Judaïsme.
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