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FERAOUN Mouloud

FERAOUN Mouloud

1913-1962

Romancier, né à Tizi-Hibel, en haute Kabylie. Instituteur au village natal, il raconte une enfance et une adolescence (dans une famille kabyle bien semblable à la sienne) : Le Fils du pauvre, publié à compte d’auteur (1950). Suivront deux autres romans, La Terre et le sang (1953) et Les Chemins qui montent, qui l’un et l’autre nous font assister à l’incompréhension sourde ou ouverte entre l’esprit de l’Occident chrétien et l’Islam (en particulier dans le cas d’un amour, d’un éventuel mariage). Dès 1951, Mouloud Feraoun entre en relation par lettres avec Albert Camus. Il n’est pas opposé à l’idée d’une réconciliation. Modéré en politique, il est mesuré (et le restera toujours) dans ses témoignages ; même pendant la guerre d’Algérie, qui constitue la part la plus riche - la plus douloureuse aussi—de son Journal 1955-1962, édité peu après son assassinat, le 15 mars, par un commando de l’OAS. Emmanuel Roblès rapproche l’art de Mouloud Feraoun de celui de Giono et de Lorca, en ceci, dit-il, que « Feraoun a pris appui sur son petit peuple de Kabylie, mais pour atteindre l’universel ».