FÉNÉON Félix. Critique français
FÉNÉON Félix. Critique français. Né à Turin le 29 juin 1861, de père français et de mère suisse; mort à Châtenay-Malabry (Seine), le 29 février 1944. De tous les écrivains que la France compte depuis un siècle, Fénéon est, sans aucun doute, le plus mystérieux. De sa jeunesse, on ignore tout sinon qu'il grandit à Paris. En 1881, il passe le concours d'entrée au ministère de la Guerre. II y travaillera longtemps puisqu'il est commis principal en 1893. Il semble bien qu'il ait pris part à quelque complot anarchiste puisque, arrêté le 26 avril 1894, il est impliqué dans le procès des Trente où il échappe de justesse aux travaux forcés. On ne sut jamais le rôle qu'il avait joué dans l'affaire. Faisant partie depuis longtemps (1884) du groupe symboliste, ayant fondé en 1884 un périodique d'avant-garde La Revue Indépendante et collaborant à diverses autres revues, il devint en 1895 directeur de La Revue Blanche où il restera jusqu'en 1903. Entré au journal Le Matin, il s'amuse à y rédiger des nouvelles en trois lignes. Devenu par la suite vendeur de tableaux et même directeur d'éditions, il s'abstiendra toute sa vie de publier le moindre livre. Fort heureusement, ses textes ont été réunis par Jean Paulhan sous le titre oeuvres en 1948. Fénéon s'y révèle un critique de génie, se trouvant être le premier à défendre Verlaine, Jarry et Mallarmé, Gide, Péguy, Proust et Claudel sans oublier James Joyce, Synge et quelques autres. En même temps, il découvrait les impressionnistes : Seurat, Cézanne, Gauguin, Van Gogh. ? « Nous n 'avons peut-être eu en cent ans qu'un critique, et c'est Félix Fénéon. » J. Paulhan.