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FAREL Guillaume. Réformateur français

FAREL Guillaume. Réformateur français. Né aux Farels, près de Gap (Hautes-Alpes), en 1489, mort à Neuchâtel (Suisse) le 13 septembre 1565. C'est beaucoup plus parce qu'il fut le chef des Réformés à Neuchâtel et à Genève avant Calvin que par son oeuvre écrite de polémiste religieux que le nom de Guillaume Farel est connu. Issu d'une famille très catholique, médiocre élève et disciple de Lefèvre d'Etaples auprès de qui il avait assisté à la curieuse tentative de réforme tentée par Guillaume Briçonnet, évêque de Meaux, dans son diocèse, Farel ne disposait pas de la culture nécessaire pour créer une nouvelle doctrine. C'était cependant un propagandiste ardent et zélé, un organisateur entreprenant. Il comprit très vite qu'une des conditions premières de la victoire de la Réforme était la constitution d'Eglises solidement établies groupées autour de pasteurs capables d'imposer l'unité doctrinale et d'exercer leur influence sur les pouvoirs publics. Dès 1525, Farel prêchait une réforme radicale. L'agitation qu'entraînait sa prédication le fit chasser successivement de Bâle, de Montbéliard, de Metz. C'est alors qu'il vint en Suisse romande. La situation y était favorable aux Réformés, la politique de Berne les appuyait. En 1530, Farel faisait triompher la Réforme à Neuchâtel qui devint à partir de cette date un centre de réfugiés français. C'est là que fut publiée, à l'instigation de Farel, une nouvelle version de la traduction du Nouveau Testament de Lefèvre d'Étaples que Robert Olivier avait soigneusement élagué de tout ce qui pouvait rappeler les cérémonies de l'Église romaine et qui devint la première Bible reconnue des protestants français. Un autre ouvrage, cette fois de Farel, connut un grand succès parmi les huguenots, la Sommaire et briefve déclaration d'aucuns lieux fort nécessaires à un chrétien (1530), première somme théologique écrite en français. Mais Farel est avant tout un homme d'action, ce qu'il vise c'est d'acquérir Genève à la Réforme. En 1530, le parti libéral soutenu par Berne se débarrassait de la tutelle savoyarde; en 1533 l'évêque dut quitter la ville. Depuis 1532, Guillaume Farel était sur place. Il fait interdire en 1535 la célébration de la messe à l'intérieur des murs. Enfin, le 21 mai 1536, le Grand Conseil accepte définitivement la Réforme, et Farel commence à travailler à la constitution de l'Eglise réformée. Mais la tâche est au-dessus de ses forces. Il fallait un grand théoricien pour venir à bout des différentes opinions qui régnaient à Genève et les divisaient. Calvin qui voyageait alors vint à passer par Genève. Farel, de vingt ans son aîné, l'y retint et s'effaça devant lui. Dans les mains de Calvin, l'oeuvre ébauchée marcha à pas de géant. En novembre 1536, la Confession de foi, oeuvre de Calvin, contresignée par Farel, était présentée au Grand Conseil. Toutefois la réaction de la bourgeoisie à tant d'intransigeance ne tarda pas à se manifester et les deux chefs religieux furent expulsés (1538). Farel retourna à Neuchâtel où il devait demeurer jusqu'à sa mort. C'est lui, cependant, qui réussit à persuader Calvin de rentrer à Genève quand il fut rappelé en 1541. Outre la Déclaration, Farel a publié quelques traités et opuscules de controverse religieuse : en 1533, la Manière et fasson qu'on tient en baillant le saint baptême, La Confession de la foy, laquelle tous bourgeois et habitants de Genève et subjets du pays doibvent jurer de garder et tenir (1537), puis La Sainte Cène du Seigneur, où apparaît son désaccord avec Calvin sur ce point de doctrine; en 1550, Le Glaive de la parole et en 1552, Du vray usage de la croix .

Farel, Guillaume (Gap 1489-Neuchâtel 1567) ; réformateur français.
F. est le premier réformateur de la Suisse francophone. Issu d’une famille noble du Dauphiné, il poursuit des études à Paris (1509-1517) où Lefèvre d’Étaples, adepte d’un catholicisme réformé, l’initie à l’étude de la Bible. Il suit en 1521 son maître dans le diocèse de Meaux, où l’évêque Guillaume Briçonnet a fait venir Lefèvre après avoir entrepris dès 1518 d’améliorer lui-même l’état de son diocèse. Mais alors que l’évêque veut remédier aux carences de l’Église sans toutefois porter atteinte à ses dogmes, F. lui, favorable au luthéranisme, est pour une rupture avec la papauté. Réfugié à Bâle auprès d’Œcolampade en 1523, il rédige en 1524 à Montbéliard le premier traité de liturgie et de dogmatique évangélique en langue française, intitulé la Sommaire et Brève Déclaration, où il prend pour la première fois la parole en tant que réformateur indépendant. La mission à laquelle il va consacrer sa vie consistera à réformer l’ensemble de la Suisse occidentale. Après avoir évangélisé le pays de Vaud, il abolit le catholicisme à Neuchâtel (1530), et subit de plus en plus l’influence de Zwingli. Il saisit ensuite l’opportunité du conflit politique opposant la Savoie à Genève, soutenue par Berne et par Fribourg, pour introduire la Réforme à Genève (1535). Mais la naissance d’une vive opposition politique et religieuse fait d’abord échouer cette tentative. En effet F. et Calvin, qu’il a persuadé de rester à Genève (1536), ne parviennent pas à imposer la rigoureuse discipline religieuse et le mode de vie austère qu’ils préconisent, se heurtant à la résistance d’une grande partie des Genevois, en sorte que tous deux sont obligés de quitter Genève en 1538. Alors que Calvin revient en septembre 1541 à Genève après avoir séjourné à Strasbourg de 1538 à 1541, F. reste de 1538 jusqu’à sa mort à Neuchâtel, où il poursuit avec courage et persévérance, mettant dans la balance son talent de prédicateur ardent et convaincu, la mission qu’il s’est assignée, à savoir achever l’introduction de la Réforme dans la Suisse occidentale francophone.

Bibliographie : É.G. Léonard, Histoire générale du protestantisme, I : La Réformation, 1961, p. 278-283.