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Farce

Farce Pièce d’un comique très appuyé. Exemple : Le médecin volant de Molière où l’on voit, par exemple, un faux médecin boire l’urine qu’il est censé analyser. Le « comique de farce » peut être mêlé à un comique plus raffiné ou même au tragique et leur servir de contrepoint. C’est ce qui se produit, en particulier, dans Dom Juan avec les interventions de Sganarelle.

farce
Petite pièce de théâtre comique et populaire aux nombreux jeux de scène.
Commentaire
La farce française est l'héritière de l'atellane latine. Dans la Rome antique, sur des tréteaux de bois édifiés à la hâte, on avait coutume de représenter de petites pièces, improvisées à partir d'un canevas, où les lazzi fusaient. Le peuple s'amusait à voir moquer les travers de son temps. Cette forme dramatique réapparut en France au Moyen Age, époque où l'on représentait les grands mystères sacrés sur le parvis des églises. L'atellane devint farce et permit de distraire le public entre deux grandes scènes de l'histoire chrétienne. La farce, d'abord improvisée, fut peu à peu écrite. De ce fait, des chefs-d'œuvre nous sont restés, comme la Farce de Maistre Pierre Pathelin, la Farce du cuvier (Moyen Âge), les Fourberies de Scapin de Molière (xviie s.), les œuvres du « théâtre de foire » de Lesage et Fuselier par exemple (XVIIIe s.). On assiste depuis un siècle à un renouveau de la farce avec Alfred Jarry (Ubu roi) et les œuvres d'Arrabal.
Citation
C’est [Ubu roi] une farce extraordinaire, de verbe excessif, de grossièreté énorme, de la truculente fantaisie recouvrant la verve mordante et agressive, débordant de l’altier mépris des hommes et des choses ; c’est un pamphlet philosophico-politique à gueule effrontée, qui crache au visage des chimères de la tradition et des maîtres inventés selon le respect des peuples ; c’est une contribution aux faits et gestes de Gargantua et de son fils Pantagruel. C’est enfin ce qui s’entend de plus rare, un cri original et discord dans le concert des accoutumances. (Henry Bauer, l'Écho de Paris, 23 novembre 1896.)

FARCE nom fém. — Genre théâtral populaire hérité du Moyen Age et visant à un comique très simple, très direct et très efficace. ETYM. : le mot farce, dérivé du latin populaire, a d’abord eu comme ce mot le sens qu’il a toujours dans le domaine de la cuisine. Il s’agit des aliments que l’on met à l’intérieur d’une volaille ou d’un autre contenant (dinde farcie, tomates farcies). Le sens littéraire semble se rattacher à ce sens culinaire. La farce était une petite pièce propre à détendre l’atmosphère qui était introduite à l’intérieur d’un mystère (voir ce mot). Vers la fin du Moyen Age, les farces se développèrent en un genre autonome. Leur objectif resta cependant identique : faire rire et cela en ayant recours aux procédés les plus gros, mais aussi les plus efficaces : comique gestuel, comique de répétition, coups de bâton, gros calembours, histoires de maris trompés ou d’imbéciles bernés. La plus aboutie de ces farces médiévales est La Farce de Maître Pathelin (XVe siècle) qui raconte une burlesque histoire de procès et d’escroquerie en cascade.
La comédie du XVIIe siècle hérite dans une certaine mesure de la farce. Cela est particulièrement sensible chez Molière qui fut l’auteur de farces comme Le Médecin volant et qui n’hésite pas à introduire des éléments de farce dans ses grandes pièces, par exemple dans Les Fourberies de Scapin ou dans Dom Juan. Le genre a, par la suite, pratiquement disparu en tant que tel, mais, dans une certaine mesure, il persiste aujourd’hui dans le café-théâtre ou le théâtre de boulevard. On peut aussi considérer que Ionesco, qui définit l’une de ses œuvres comme une « farce tragique », a, d’une certaine façon, renouvelé le genre.
—► Comédie